18 mai 2014

DesCollages

DesCollages

Exposition au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Cordes

Du 17 mai au 25 juin 2014

C'est, au départ, une bonne idée de Françoise Berthelot : réunir autour du mot “collage” (et d'une table !) moins d'une dizaine de ses amis peintres. Certains se connaissent, d'autres pas.

Enfermer des artistes dans une cage, aussi dorée soit-elle, comporte des risques ! Vont-ils adhérer ? Des questions se posent rapidement : collage ? Coller ? Qu'est-ce que ça veut dire ? De la colle et du papier ? À plat ? Peut-on sortir du plan ? Envisager, au-delà du collage, des assemblages ? D'autres manières de lier ?

Pas question de contraindre les huit par une règle du jeu trop serrée ! La liberté étant octroyée chacun dans son coin fait chauffer sa glu et expérimente de secrètes recettes ! C'est facile pour quelques uns pour qui la technique du collage est habituelle, moins pour d'autres. Mais pour tous les plasticiens coller est une attitude connue, leur démarche se réfère la plupart du temps à cette pensée.

Le résultat est, hormis une belle expo en septembre 2013 dans l'atelier galerie de Françoise Berthelot à Cahuzac sur Vère, la naissance d'un possible collectif. Des rapports, des amitiés naissent. On s'invite, on se visite et quand les solitaires que sont les plasticiens se regroupent de beaux projets s'avancent ! À suivre !

Françoise Berthelot

Françoise Berthelot colle !

Elle regroupe, confronte les papiers, les bois, les os, le noir, le blanc et les couleurs. Et, c'est sa nature profonde, elle rassemble, elle assemble à l'aide d'une colle dont nous ignorons la formule aussi bien les matériaux que ses amis !

Elle montre ici des collages de papiers déchirés, des transparences de soie sur des bases noires que la presse à gravure transforme en cuirs patinés. J'ai remarqué aussi deux triptyques très “peints” !

Les compositions de Françoise Herman sont faites de divers matériaux, riches en matières. Elles appellent au toucher et semblent avoir subi les oxydations, en précieuses couleurs rouille et vert-de-gris, de lointains naufrages.

Élisabeth Poiret installe sur des formats carrés immaculés de noires empreintes, comme traces de dérapage dans la neige, estampes compliquées de collages de papiers translucides. Elle intervient aussi sur de vieux zincs, restes de gouttières oxydées qui racontent l'histoire de la pluie.

Annie Baratz avait donné chez Françoise Berthelot des compositions de papiers déchirés. Ici ses grands formats se confrontent à ceux d'Alain Ballereau. Leurs techniques, simples en apparence, sont assez proches et consistent à installer des bandes de kraft peintes ou vierges pour créer le paysage.

Annie, encadre, “finit” alors que Alain Ballereau laisse la liberté au papier. Il montre deux grands formats qui me touchent beaucoup ! (voir article du 10 mars 2014 /Alain Ballereau et lien vers son site)

Franck Poulain installera ses peintures récentes chez nous à Villeneuve du 6 au 22 juin. Ce sera pour moi l'occasion de dire tout le bien que je pense de son travail. Ici il propose une série ou l'adjonction de tissus collés me semble pure honneteté à accepter la règle du jeu proposée. Sa peinture n'est cependant pas desservie mais elle n'en a pas besoin.

Pour ma part, j'ai joint à mes photos de Brassaï montrant Matisse et son modèle, déchirées en miettes et recollées avec un évident manque d'application, deux simples dessins sur carton copiés sur le même modèle.

J'ai gardé pour le dessert les papiers de Florence Prêleur et  les textiles de Pascale Drivière installées ensemble dans l'intimité de la petite salle du Musée. Ces deux là ont en commun, à mes yeux, d'avoir installé aux murs divers éléments sauvés, petites choses privées mises de côté en attendant, retirées d'un projet, mises en quarantaine, sans pour autant être exclues et conduites à la poubelle et qui donc s'avèrent très “chargées”.

Un faon cherche désespérément son chemin parmi les dessins d'enfants et les papiers peints fleuris des collages de Florence Prêleur. Pascale Drivière, toujours dans une poésie intérieure, installe des objets de mémoire sur fonds délavés de chiffons de peintre. Son livre textile, recueil de broderies qui n'avaient pas trouvé leur place, ne fait aucun bruit quand on le feuillette.

Posté par artpieton à 21:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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