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" les voilà ! "

Quand j'étais gamin, dans les années 50 et 60, en juillet on ne manquait pas d'aller voir le Tour de France quand il passait à proximité ! Et dans mon coin d'Auvergne le rendez-vous avec les Géants était sur les redoutables pentes à quelquefois 12 %, voire 14 % (!) du célèbre Puy de Dôme. Je souviens particulièrement de la montée contre la montre du Tour de 1959 : chaque coureur est suivi de sa voiture pleins phares, sur le pare-choc de laquelle son nom est inscrit en grosses lettres rouges ! J'ai 11 ans, je suis bien installé dans un virage des derniers kilomètres. J'ai sur la tête un chapeau en papier Chocolat Menier ou l'équivalent en coiffe d'indien Chicorée Leroux ou une visière en carton Orangina tenue par un élastique ! Mon oncle Joseph, qui m'a conduit jusque là, dort dans fourré, il a travaillé de nuit, il rate le passage de Henri Anglade, Roger Rivière, Jacques Anquetil, Raphaël Géminiani, André Darrigade, Charly Gaul, Jean Robic, Louison Bobet, Fédérico Bahamontés et tant d'autres ! Plus tard dans l'après-midi, empoignades terminées, ( Bahamontès a pris le maillot, il va gagner ce Tour ) ils regagnent le pied du volcan, seuls ou par petits groupes. Charly Gaul, un pied sur le cadre de sa bécane, descend tranquillement tout en pissant au regard de tous !

Ce soir je noterai le nom du vainqueur de cette étape sur la carte du Tour offerte par le journal La Montagne, celui du maillot jaune et celui du vert !

J'ai vu Raymond Poulidor et Jacques Anquetil en 1964 aux coudes à coudes dans les derniers tournants et le limousin s'envoler, mais trop tard ! J'y étais !

D'autres fois on partait dans la Juva IV du Dédé Béal avec Gilles, le soir, il fallait être rentrés à vingt heures précise pour voir en noir et blanc le résumé de l'étape à la télé, précédé de la pendule en spirale et de la musique de l'Eurovision !

C'était le Tour ! Il y avait du Pschitt Citron ou orange dans les bidons des champions, enfin c'est ce que l'on croyait . Et puis il y a eu en direct la mort de Simpson sur la route du Ventoux en 1967 …

Aujourd'hui rien n'a changé, la caravane est peut être un peu plus longue, un peu plus bruyante et klaxonnante, les chapeaux en papier ont disparu, on élargit les petites routes de nos campagnes pour que de plus en plus d'aficionados puissent garer leurs innombrables camping-cars et participer à l'attrapage en vol des cadeaux publicitaires ! On coupe des arbres si nécessaire, on piétine quelques zones humides. Il y a toujours du Pschitt citron ou orange dans les bidons des coureurs, sans doute beaucoup plus vitaminés, il y a une escadrille d'hélicoptères au dessus du peloton et la grande fête populaire est toujours aussi populaire.

Samedi la caravane et le Tour passent par mon village, traverse le jardin, la maison, le passage entre la cuisine et le salon est bloqué de 12 heures à 17 heures, un agent passionné de vélo interdit la traversée ! Cette fois je n'y vais pas, je ne vais pas voir le Tour, lendemain du 14 juillet, je reste dans mon atelier douillet ...

 

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