Je musse ...

blanches

 

Ces derniers temps je repense à l'expo d'Aline Zanini, ses collages trottent dans ma tête, sa démarche me séduit finalement et j'en accepte l'influence : je découpe une de mes peintures sur carton en plusieurs rectangles que je recouvre partiellement d'une ou plusieurs couches plus ou moins opaques d'un beau blanc mat !

Comme elle, je couvre, je recouvre, je musse ! ( j'aime bien ce mot que je viens de découvrir ) Je cache, donc ...

Je me dis que je planque, que j'occulte, je dissimule, je masque, je voile, je tais, je perds, je supprime, je fais disparaître, j’enfouis, j’ensevelis, j’engloutis et par là j'abandonne, je délaisse, je désavoue !

Bon, quelque fois je ne fais qu'atténuer, dissiper, ennuager, embuer, brumer, embrumer, estomper, atténuer, brouillarder, enfumer, adoucir, satiner …

Tout de même, je badigeonne, je blanchis, je maquille, je farde, je blanchois, je décolore, je chaule, je blêmis, je pâlis, je délave !

Mais n'est-ce pas aussi vêtir, revêtir, habiller, nipper, envelopper, abriter, protéger et en même temps endimancher, parer ! ... Mes couches, mes strates sont si légères, aériennes, éthérées, arachnéennes, minces, menues, subtiles, fines, presque invisibles !

À travers elles, on devine, on perçoit, on aperçoit, on voit, on discerne, on distingue, on découvre !

Et donc, au bout du compte, je rapproche, je joins, je réunis, je concilie, je réconcilie, j'accorde, je marie !

Mais bon, je cache quelque chose, c'est sûr ...