06 avr. 2019

Michel Cure

Michel Cure, Elles

Michel Cure dessine et peint d'après modèles, d'après Elles. Jeunes femmes, jolies dames, Michel les aime, c'est une évidence quand on visite son expo, tendrement, respectueusement. Et elles se sentent bien devant le pinceau de l'artiste, elles posent, confiantes, se savent aimées, acceptent de montrer leurs visages, leurs corps. Michel travaille au plus près, il cadre leurs visages au plus serré souvent et toujours se rapproche, tout contre, les embrasse. Leurs regards sont quelques fois perdus dans de silencieuses rêveries, souvent elles regardent le peintre les regarder, les peindre.

Et maintenant elles nous regardent dans la montée de l'Imagerie (qui est un ancien garage, les grands formats de Michel Cure sont accrochés dans la rampe qui conduisait les voitures à l'étage) On attaque l'ascension en regardant vers la gauche, les belles nymphes de Michel nous suivent et nous sourient discrètement. Leurs yeux sont clairs et bienveillants, démaquillés.

pour blog

Il y a de beaux dessins, de beaux desseins, sous la peinture, les visages sont agrandis, sacralisés. Michel peint en jus, ̎ maigre ̎ comme on dit dans le jargon, essuie les glacis, avec un mauvais chiffon, il me semble, ( efface ? ) il pose ses couleurs en valeurs assez proches, oppose aux chairs, aux orangés subtils, aux ocres et gris chauds de somptueux fonds bleus. Un rayon de soleil s'est introduit dans l'atelier et réchauffe la nudité du modèle. Certains portraits sont ̎ poussés ̎ travaillés plus longuement, aboutis ? D'autres inachevés pourrait-on dire, d'autres ̎ résumés ̎, couleurs bien isolées, aucun passage de l'une à l'autre, Michel Cure sait rester en chemin, ce n'est pas si facile, lui y parvient.

Et les noirs de Michel Cure ! Une nuit en fond, une robe qui dévoile une épaule, un bandeau dans les cheveux, les noirs de Michel cure sont d'un velours et d'une profondeur qui me rend fou de jalousie ! Ma main s'en rapproche, mais je n'ose caresser la peau de la peinture de peur de gâcher sa matité. Les noirs nous attendent dans les grands formats abstraits qui, en bas, débutent l'expo. Dans lesquels Michel Cure prépare les atours destinés à magnifier ses belles amies.

Au terme de la montée, nous attend une dernière, diaphane, plus mystérieuse, à peine indiquée, ses yeux, sa bouche, esquissés, un reflet rapide posé au bout de son nez. Peut être la plus aimée.

P1020872

Michel Cure, la géométrie amoureuse, à L'Imagerie, 33 bis rue Arago à Toulouse, jusqu'au 9 mai.

Posté par artpieton à 12:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,