30 mai 2015

signes diacritiques

carte CSAA

De la disparition des signes diacritiques

Combien d'entres nous pensent aujourd'hui, en toute bonne foi, qu'il n'est pas nécessaire d'accentuer les Majuscules dans l'écriture d'un texte en bon français ? 

Combien d'entres nous vont même jusqu'à penser qu'il ne faut pas accentuer les Majuscules dans l'écriture d'un texte en bon français ? Les accents aigus,* les accents graves,* les circonflexes,* le tréma et la cédille sont chaque jour exclus de l'écrit de notre belle langue quand ils sont associés aux Majuscules ! Pour d'obscures raisons de gain de place, d'alignement et de fragilité ! (des notions datant de l'âge du plomb !) Les couronnes royales que sont, pour nos Capitales, les accents et les trémas et les médailles que sont les Cédilles disparaissent dans les caniveaux de la négligence !

Les signes diacritiques* de notre langue, qu'ils soient suscrits ou souscrits, disparaissent, quand ils doivent modifier les Majuscules !

(entre parenthèses, personnellement je mets toujours une Majuscule au mot Majuscule)

*Un (signe) diacritique (du grec diacritikós, « qui distingue ») est un signe accompagnant une lettre. Le diacritique est facile : il peut être placé au-dessus de la lettre (diacritique suscrit), au-dessous (diacritique souscrit), dans ou à travers (diacritique inscrit), après (diacritique adscrit), devant (diacritique prescrit) ou tout autour (diacritique circonscrit).

Pourtant, dès les débuts de l'imprimerie, les imprimeurs s'efforcent de graver et de reproduire les signes diacritiques tels qu'ils apparaissent dans les manuscrits. La bible de Gutenberg les reproduit. La pratique tendant à ne pas indiquer les accents sur les majuscules et les capitales trouve sa source dans l'utilisation de caractères de plomb à taille fixe en imprimerie. La hauteur d'une capitale accentuée étant supérieure, la solution était alors, soit de graver des caractères spéciaux pour les capitales accentuées en diminuant la hauteur de la lettre, soit de mettre l'accent après la lettre (diacritique adscrit), soit simplement de ne pas mettre l'accent.

Sur les 26 lettres que comporte notre alphabet pas moins de 6 sont concernées par ces ablations regrettables !  Soit plus de 23% ! C'est énorme ! Mais on connaît le sort réservé aux minorités : les autres lettres s'en fouttent et ridiculisent à l'occasion de soirées déguisées les A, E, I, O, U, le C et le J en se coiffant d'accents de pacotille ou en s'affublant de pâles imitations de cédilles !

 Je suis personnellement bien place pour deplorer la disparition dramatique  de l’accent aigu sur les capitales d’imprimerie !  Á l'appel de mon nom sous la prononciation "Trouve Jacques" je me suis toujours efforce de garder le silence tout en effectuant de la tete un travelling circulaire à la recherche de l'individu au patronyme si proche du mien ampute de son accent terminal !

Le problème est grave ! Tout ceci fait mauvaise impression !

L’utilité des accents, qu’ils soient aigus, plus graves ou complètement circonflexes, est incontestable ! Leur absence modifie le sens, perturbe la lecture, installe la fadeur et le ridicule : exemple :

Sous les hues des manifestants indignes,

Alain Juppe et Jose Bove inaugurent le Palais des Congres

 

Essayez de prononcer ceci sans les accents : 

« les théiers ont été étêtés cet été, évitez-les »

« les theiers ont ete etetes cet ete, evitez-les »

 

Sans les accents, pourrait-on :

Démêler les blés versés

Etêter les détestées tsé-tsé

Déserter les délégués entêtés

Repêcher les défénestrés désespérés

Dépêcher les thés éthérés réservés

Zébrer d’une épée excédée les névés écrémés

Préserver les récrés déjetées

Vénérer les fées zélées et fêlées

Fêter les pépés ébréchés

Créer des bébés hébétés et redressés

Décréter des étés effrénés ?

 

Voici la position de l'Académie Française concernant  l'accentuation des Majuscules :

Il convient d’observer qu’en français, l’accent a pleine valeur orthographique. Son absence ralentit la lecture, fait hésiter sur la prononciation, et peut même induire en erreur. Il en va de même pour le tréma et la cédille.

On veillera donc, en bonne typographie, mais aussi dans nos textes manuscrits ou dactylographiés, à utiliser systématiquement les capitales accentuées, y compris la préposition À, comme le font bien sûr tous les dictionnaires, à commencer par le Dictionnaire de l’Académie française, ou les grammaires, comme Le Bon Usage de Grevisse, mais aussi l’Imprimerie nationale, la Bibliothèque de la Pléiade, etc, dans un souci de clarté et de correction."

Et puisqu’il faut mettre les points sur les i, nous devons ajouter le tréma à la liste déjà trop longue des espèces en voie de disparition :

Anais et Maité, naives saigas du Zaire, restent héroiques et coites sous la coitte, pendant le coit

C’est incompréhensible ! On dirait un Haïku inouï dit par un samouraï haïtien !

 

Et la Cédille !

Lors de leurs fiankailles à Montlukon, Frankois, makon remplakant les fakades

à Macon, et Frankoise, sa fiancée nikoise, sont soupkonnés d'avoir conku un garkon !

Pub !

Pour tous vos traités vos récits, vos romans, vos correspondances

Pour tous vos écrits Utilisez des cédilles de qualité !

Adoptez la cédille "la Française" ! Exigez la marque " la Française" !

Depuis Alençon jusqu'à Besançon

Une cédille à l'hameçon

Adoucit les discours

De Montluçon à Rocamadour !

 

(Les cédilles "la Française" sont d'excellentes cédilles, très douces, mais sans trop. Pas trop mouillées, pas du tout glissantes ! En même temps, la cédille "la Française" n'est pas une cédille qui accroche, qui raye ! C'est une cédille qui produit un son sss parfait, bien français,  pas un vilain son zzz !)

 

Il faut bien mettre l’accent sur le fait que ces espèces sont réellement menacées d’extinction. Le nombre d’individus actuellement recensés est trop faible pour espérer un repeuplement et un plan de réintroduction constitue l'ultime solution ! Nous devons demander avec force au Président de la République d'en inscrire très prochainement  le projet sur son agenda ! Le choix devra se porter sur des spécimens sauvages. Pas question d’introduire dans notre belle langue des accents d’élevage pâles et maladifs ou des accents étrangers. Il faut dès maintenant rassurer les populations d’usagers qui s’inquiètent : contrairement aux idées reçues l’accent aigu n’est pas méchant ! S’il pique, c’est uniquement pour se défendre !

L’accent grave est grave, c’est indéniable, (amèrement, procès, excès, abcès, lèpre, décès) mais je voudrais vous y voir, il peut aussi être gai et broute-en-train comme dans “chèvre”  par exemple.

Quant à l'accent circonflexe, (pas d'accent grave sur circonflexe !) il est, sans contexte, un toit, une protection précieuse, comme dans château, par exemple, ou encore dans   : gîte, voûte, geôle, tôle, théâtre …et  hôpital !

Bien que, selon les rectifications de l'orthographe de 1990, on puisse quelquefois supprimer l'accent circonflexe sur le i et le u !  sauf dans jeûne, , mûr et sûr, dans certaines formes du verbe croître ainsi que dans les terminaisons verbales du passé simple et du subjonctif.

Effectivement, depuis 90, la théorie selon laquelle l'accent circonflexe du mot  cime serait tombé dans l'abîme, n'a plus cours ! Une  nouvelle enquête est ouverte : Où est passé l'accent que la cime n'a jamais eut ? Il est là, sur le e de enquête !

On met un couvercle sur la boîte, un toit sur le château, sur l'hôtel, sur l'hôpital, mais celui du chalet a été emporté par une avalanche !

Et même s'il est absent du mot chapeau, quand il pleut dans un texte, le lecteur désemparé est bien heureux de pouvoir se mettre au sec et au chaud sous l’abri salutaire que constitue l’accent circonflexe qu'il y a sur le mot  tête !

(Il y a longtemps, Robinson Crusoé  put s’abriter du soleil et de la pluie sous celui de son île.)

 

Mes chers compatriotes francophones et francophiles

Nous ne sommes plus seuls !

Il y quelques semaine a été créé le CSA A

le Comité de Sauvegarde de l’Accent Aigu de l’Accent Grave, de l’Accent Circonflexe, du Tréma et de la Cédille

Je serai heureux de remettre une carte de membre concerné gratuite aux personnes qui me présenteront une pièce d'identité justificative !

 

À la question : quelles actions pouvons-nous mener ? le CSAA  répond :

1 Dans un premier temps  signer notre pétition !

Laquelle sera prochainement adressée à diverses personnalités directement concernées : Messieurs Jose Bove et Alain Juppe, déjà cités,

Messieurs Jean-Jacques Sempe, Christophe Mahe, Denis Podalydes, Julien Dore, Gilbert Montagne,  Stephane Mallarme, Jean Jaures, Gaston Coute, Louis de Funes, Leo Ferre, Jean Luc Melanchon, etc.

Mesdames Clementine Celarie, Aurelie Coute, Tatiana Trouve et Rika Zarai

 

Par contre les ayant-droit de Mr Georges Clemenceau regrettent de ne pouvoir s'associer directement à notre combat, (ils nous signalent  que leur nom ne prend pas d'accent  aigu) et nous assurent toutefois de leur soutien !

Clemenceau s'écrit bien sans accent aigu sur le premier « e », même si la prononciation [klemãso:] est habituelle et non [klɘmãso:].

Á cette occasion quelques mots qui ne prennent pas d'accent mais dont on prononce le e en é ou è !

celer , credo , diesel , edelweiss, gangrener, papeterie , penalty , pedigree , peseta , placebo , repartie, repartir (distribuer) , revolver , trompeter , vilenie

2 Que vous soyez concernés ou simplement sympathisants vous pouvez dès maintenant agir pour participer au sauvetage des signes diacritiques associés aux capitales en utilisant et en faisant connaître les principaux raccourcis des claviers AZERTY

Á

Alt 181

È

Alt 212

Â

Alt 182

Alt 0200

À

Alt 183

É

Alt 144

Ç

Alt 128

Alt 0201

Alt 0199

Ë

Alt 0203

Alt 0128

Ê

Alt 0202

3 Vous pouvez faire un don de signe diacritique ! Vous acceptez que vos signes diacritiques soient prélevés pour être greffés à d'autres noms après votre décès ? Il vous est demandé d’informer vos proches de cette décision. C’est la démarche recommandée. La carte de donneur constitue ensuite une trace de votre accord. Elle peut aussi vous aider à consolider votre engagement ou à en discuter. Mais soyez en sûrs, la carte de donneur ne peut donc en aucun cas remplacer une conversation avec vos proches.

4 Vous pouvez aussi adopter un accent ! Ou un tréma ! Ou une cédille ! L’adoption, c’est la rencontre de deux histoires. C’est aussi une histoire à écrire avant l’accueil du signe diacritique choisi et ensuite au quotidien, avec lui. Une histoire d’amour et de patience. Les démarches entreprises chaque année par de très nombreuses personnes peuvent parfois être complexes à réaliser et à vivre. Pour que votre volonté de vous composer un nouveau nom parfaitement accentué se concrétise dans les meilleures conditions possibles, il est impératif d’être bien informé et préparé aux réalités de l’adoption. Et à partir de là une nouvelle existence s'offrira à vous ! Comme Monsieur COÇU, chef de gare à Alençon dont la vie a été bienheureusement bouleversée par l'adoption d'une cédille !

 

Posté par artpieton à 13:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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