20 avr. 2014

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18 avr. 2014

Art brut Montauban

brutpetite

Regards Éblouis

À propos de l'exposition d'Art brut de Montauban

Il est le premier.

Il a remarqué que le bout de bois brulé, le tison refroidit laisse du noir sur ses mains et une trace sur les parois de la grotte.

Au début, il n'en fait rien, il expérimente : il fait des traits, des longs, des courts, un trait vertical, debout, un trait horizontal, couché, mort.

S'il heurte le mur de la pointe du pieu, cela fait des points. Le mouvement du bras partant de l'épaule, celui de la main autour du poignet laissent de cercles.

Un peu plus tard, il remarque, le premier, ou alors un voisin passant par là, que deux points dans un cercle font un regard, une tête comme la sienne !

Dés lors il n'aura de cesse d'utiliser cette magie !

Il apprend tout seul. Avant lui, il n'y a rien, il doit tout inventer, il n'y a pas de modèles, il n'y a personne à copier.

Il n'a pas de projets, la magie ne lui confère aucun pouvoir, il fait ça, laisser du noir sur les murs ou des sillons sur le sable mouillé que la mer effacera, parce que c'est fascinant, comme contempler le feu, le fleuve qui passe, le soleil qui se couche derrière le paysage, l'orage, les animaux, la nudité…

Ça ne sert à rien mais il le fait. Les autres regardent. Il s'invente des histoires et il met des couleurs dessus. C'est plus fort que lui, ça fait le monde plus beau et moins peur, pour lui et pour tous les autres qui regardent.

Il est le premier, il est vierge de toutes influences, d'ailleurs il n'est pas influençable, il est nu, brut. Il appartient à l'enfance de l'humanité mais il n'est pas un enfant. Il n'est pas naïf, il sait sur les choses autant que vous et moi.

 

Il dessine, il peint toujours, comme ça pour rien, ou quand le monde est trop grand et trop peur.

 

Ils sont nombreux maintenant. Du groupe des regardeurs quelques uns ont essayé à leur tour. Et malgré les milliers d'années écoulées, ils sont toujours nus, vierges, premiers, bruts. Rien ni personne ne les influence, ne les détourne de leurs histoires avec des couleurs dessus.

Ils sont de plus en plus connus aujourd'hui, re-connus. On les expose, on écrit sur leurs tableaux, leurs tableaux se vendent ! Et même ils influencent alors on les imite !

On les traite de tous les noms* : bruts, singuliers, outsiders, en marge, hors les normes, crus !

Les plus purs s'en moquent comme de leurs premiers tisons !

*Alain Pauzié les nomme “artbrutistes”

“Regards Éblouis” Rencontres d'Art 2014 au Musée Ingres-Bourdelle à Montauban

du 17 avril au 16 juin 2014

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10 avr. 2014

Atout Crin+le balcon de Marguerite

Atout Crin

Exposition art textile à Trouville

Aux brodeuses, aux tisseuses et autres plasticiennes (23) et plasticiens (3) Entre-les-fils, association de 4 vikings très actifs installés à Caen, a proposé de faire (broder, tisser, plasticer, etc.) avec du cheveu de cheval ! Cheveux blancs, cheveux noirs, chevaux zains, bais, alezans, isabelles, crins de crinière, rassemblés en queues de cheval, en bottes, en faisceaux ou solitaires, boucles introuvables, inouables, cassantes, vivantes, indomptables, hippomobiles !

Beaucoup d'entre elles/eux ont raconté lors du vernissage les larmes versées sur les encolures et le crin à retordre ! Pascale Drivière publie même, à la manière d'un cahier de couture, un journal de ses échecs autant qu'un recueil de ses victoires sur le poil rebelle !

L'expo à Trouville, (parce qu'à Trouville il y a des chevaux, des rendez-vous mondiaux de galops, des Jeux de trots, des courses et de complets concours)  dans la Villa Montebello, juste au dessus des Roches Noires, témoigne pour chacun/chacune  d'une cohabitation de plus de deux ans avec le crin d'un lourd percheron ou celui d'un arabe pur-sang, de leurs amours, de leurs passions, de leurs craintes, de leurs étonnements ou de leurs rejets.

Pour certains ce crin est un fil, pour d'autres c'est un poil, ou bien un trait de pointe sèche, de l'encre sur le papier ou des graminées sur le ciel.

Certains l'ont attelé à un autre matériau pour mieux le soumettre (lin, coton, soie, laine, fils hydrosolubles, etc.) d'autres ont choisi de l'utiliser seul, nu, à cru.

Certains ont ouvert une parenthèse dans leur travail du moment pour s'enfermer seuls avec l'animal sauvage, d'autres l'ont intégré dans leurs recherche habituelles.

C'est un galop d'essai pour Entre-les-fils et le résultat est une sincère installation, les œuvres ressemblent aux cavaliers et aux amazones. Les textiles-artistes se connaissent souvent de nom et prenaient samedi plaisir à se rencontrer, à créer des liens et à prendre du poil de la bête.

Parmi celles et ceux qui ont réussi à faire oublier la technique au profit du sens et de la beauté, j'ai particulièrement aimé le rêve gravé/brodé de Muriel Baumgartner, les archives calligraphiées de Catherine Bernard, les “paysages” de Anaïs Duplan, les hautes herbes de Martine Fontaine, la tresse enfantine de Françoise Micoud, les suaires de Gabriel Reis-Mendonça et le cahier de Pascale Drivière !

Toute l'expo et son histoire est visible sur le blog de Entre-les-fils

On peut surement obtenir le catalogue à cette adresse.

des fleurs pour MargueriteTrouville, les Roches Noires, le balcon de Marguerite.

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02 avr. 2014

Pierre Michon

splendeur et misère

Photo dite

C'est une photo noire et blanche. Un tirage argentique. Avec du “grain”, un tirage de labo personnel. Moirée dans le noir, en bas. Un tirage pour voir, mal séché, racornie.

C'est une photo de spectacle. Frontale. Prise depuis la salle. On est au théâtre. Les cinq comédiens sont alignés : les hommes sont vêtus comme des gangsters ou des flics de films américains, chapeaux, imperméables, lunettes noires. À gauche, un homme armé s'entretient avec un autre, installé sur un curieux piédestal à roulettes, à droite deux autres maintiennent solidement une femme.

Le moustachu à la mitraillette c'est (Philippe ?)  Kersaki, l'homme perché en chapeau blanc, Jo le Maquereau (!) c'est Pierre Michon, pas encore écrivain. Puis il y a Jean-Claude Fal, aujourd'hui brocanteur. La jeune femme en mauvaise posture, je ne sais pas, peut être Christiane Cohendy, une grande dame du théâtre. Le cinquième larron, je l'ai oublié.

On est en 1969 ou 70… C'est une représentation ou une répétition de “splendeur et misère de Minette, la bonne lorraine” un texte engagé de Jacques Kraemer,  l'histoire de la sidérurgie et du minerai de fer, la minette, incarnée dans une jeune fille aux mœurs légères, traitée dans une parabole burlesque dans la tradition de l'Opéra de Quat' Sous. Il est là monté par les frères Kersaki, (Philippe et Alexandre, je crois) du Théâtre d'essai Kersaki, à Clermont Ferrand.

C'est Jean-Claude Chabanne (sans s) qui a pris la photo. Lui et moi on travaille alors sur le décor de la prochaine création des Kersaki, Süd Afrika Amen de Anne Barbey, un spectacle sur l'apartheid en Afrique du Sud. On projette de construire un vaste cirque de tubes pour échafaudage dans lequel les comédiens se mêleront au public.

Mais le Théâtre d'essai Kersaki vit ses dernières semaines, Süd Afrika Amen ne verra jamais le jour.

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27 mars 2014

La petite Galerie d'Art piéton

La petite Galerie d'Art piéton

était un cadre vitrine de  largeur 48cm x hauteur 56cm x profondeur 4,5cm.

“C’est pas grand, non, mais y’a d’la place” Jacques Brel (le Gaz)

accroché (vous accroche) au mur, dehors.

Membre du Comité de Défense des Sentiers Battus, se refusant toutefois à poursuivre les idées courantes, la petite GALERIE d'Art piéton était un vrai lieu d’exposition : des installations s'y succédaient avec une évidente irrégularité : au jour le jour, à la petite semaine, quinzaine du bleu, etc. On pouvait donc la voir en passant, elle méritait le détour, qu'on s'y arrête.  (Il y avait aussi une boîte aux lettres pour les messages, les remarques, les questions.)

Pour exposer dans la petite GALERIE d'Art piéton : c'était gratuit mais il n'y avait pas d'assurance ! On pouvait poser, accrocher, coller, punaiser, changer la couleur du fond, travailler sur la vitre, etc. Des dessins, des peintures, des objets, des textes, des poèmes, etc.

La petite GALERIE d'Art piéton a été installée pour la première fois en 1998 au mur du 21 rue de la Croix Blanche à ALBI et inaugurée le 19 septembre.

Entre cette date et juin 2000 elle a accueilli 36 installations.

Citons pour mémoire :

Allez à pied, le beau temps menace, Éloge de la boîte aux lettres, Inventaire du Musée des Oxydes, La boîte aux moi(s) de  Gérard Sabatier, 1999 quoi de neuf ? Saint Valentin le jour m'aime, César compression, Les mouches de Guy Roques et celles de Thérèse Brandeau, Jean Pierre Touillez, Tagore, Coline Trouvé, Marc Pessin, Mariette, André Beaudou, Jean Baptiste Gaudin, etc.

On a célébré en 1999 comme il se doit le premier anniversaire avec une expo de tous les messages recueillis dans la boîte aux lettres. Une exposition rétrospective était visible dans le hall du théâtre voisin de la Croix Blanche.

Le 21 septembre Emmanuel Wat et une équipe de FR3 sont venus filmer la petite GALERIE d'Art piéton pour "Vent Sud" et "Un jour en France"

La petite GALERIE d'Art piéton a été décrochée pour cause de déménagement pendant l'été 2000.

 

petite galerie

 

La petite GALERIE d'Art piéton est réapparue en octobre 2011 sur le mur du FRIGO, 9 rue BonneCambe à Albi jusqu'en juillet 2013. On a pu y admirer pendant cette période les installations de Jean Estaque, Pascale Drivière, Florence Richard, Marc Pessin, Marie Morel, Sophie Vigneau.

Puis de septembre 2013 à mars 2014 on a pu voir la petite GALERIE d'Art piéton au n°0 de la rue Sans Nom à Cordes-sur-Ciel.

Le lundi  24 mars, vers 10h, la petite galerie s'est auto-dissoute dans le brouillard d'un lendemain d'élections.

Le blog  galerieartpieton.canalblog.com qui témoignait de ses dernières installations disparaitra lui aussi prochainement.

 

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23 mars 2014

Louis Doucet la critique d'art

À lire !

Un texte de Louis Doucet concernant la critique d'art 

dont voici l'intro, suite et fin sur le site Cynorrhodon.org 

Pour une critique d’art subjective :

Louis Doucet, octobre 2013

Il y a-t-il une place pour la critique d’art, dans notre monde contemporain ou faut-il se ranger à l’opinion de Georges Braque lorsqu’il déclarait : « Il faut se contenter de découvrir, mais se garder d’expliquer.» ? Faut-il y chercher, comme le faisait Marcel Duchamp, un encouragement à continuer à produire a contrario de la mode et des opinions proférées par les professionnels de la critique : « Plus la critique est hostile, plus l’artiste devrait être encouragé » ? Faut-il s’apitoyer, comme le fait Michael Werner, sur le caractère trop consensuel des opinions artistiques : « Autrefois, le monde de l’art était divisé autour d’un artiste : il y avait les ennemis, et les enthousiastes. Aujourd’hui, vous n’avez plus que des enthousiastes... Ce n’est pas supportable. On a besoin d’antagonismes, sinon, on commence à roupiller. Et de l’art ne sort plus rien. Or, l’art a une fonction dans le système social : il a le devoir d’être différent, différent du reste du monde. Mais cela devient aujourd’hui la même chose. » ?

    Conformisme de la pensée unique, peur de prendre des risques, hantise du jugement de ses pairs ou de la postérité ? La question reste ouverte mais n’affecte en rien le constat consternant qui nous est offert : des textes toujours laudateurs et consensuels sur un très petit nombre d’artistes déjà reconnus. Il me semble important de redonner à la critique son véritable rôle, rôle parfaitement défini par Walter Benjamin : « L’art du critique in nuce : forger des formules sans trahir les idées. Les formules d’une critique insuffisante bradent la pensée au profit de la mode. »

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Touches de couleurs

touches de couleurTouches de couleurs

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21 mars 2014

Patrick Laroche répond

Patrick Laroche répond  à mon message :

(Voir Patrick Laroche, message du 10 mars 2014)

" Jacques, tu me demandes de dessiner un mouton avec la main gauche...

Mais pourquoi ?

Les dessinateurs qui ne maîtrisent qu'assez mal le dessin sont légion... C'est devenu le nouvel académisme : il faut montrer une certaine maladresse pour être hissé à un niveau respectable et prétendre à une authenticité… Alors le secret de l’art est-il finalement d’être gauche pour être sincère ?

Je suis conscient que mon travail va à contre-courant de ce que cherchent beaucoup d'artistes actuels… Je ne suis pas “tendance”.

J’ai fait le choix de faire du dessin d'observation et souvent à partir d’un modèle vivant parce que très simplement, je ne m’en lasse pas… Je pense que les possibilités de création restent multiples, voire infinies, même en se servant du dessin traditionnel comme base.

Concernant les apports colorés, ils sont là pour dynamiser l’image. Et puis, c'est devenu un jeu de construction tout autant que ma propre signature. Mais au final ai-je besoin de justifier mon propre vocabulaire graphique ?...

Dans cette critique “amicale” j’aime la formule “dessin de boxeur” parce que je vis le dessin comme un exercice où il faut y mettre toute sa propre énergie ou encore de “danseur” parce qu’il faut se mouvoir avec le tempo du moment, capter une petite musique entre ce que l’on voit et ce que l’on veut exprimer. Je ne cherche pas à faire du “joli” mais des dessins forts et justes.

Comme je l’ai déjà dit : je ne suis pas tendance… mais j’en suis très heureux ! "

Patrick Laroche

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18 mars 2014

l'appareil sur la plage

Pour commencer la catégorie "photos, images" :

IMG_4082 copie

À tout prendre, choisir le large ! ...

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16 mars 2014

Pascale Drivière

Pascale Drivière

À propos de dessin.

 

 On peut dessiner avec n'importe quoi : avec un coquillage sur le sable mouillé, un fusain tiède sur les parois de la grotte, un crayon sur du papier, des aiguilles stériles sur sa peau, une souris sur un écran et même avec une machine à coudre sur un drap comme Pascale Drivière.

 La technique se nomme piqué libre :

Si l'on déplace son tissu sous l'aiguille de la machine, en ayant eu soin de l'affranchir auparavant de l'entrainement rectiligne des griffes, de le rendre libre, le point forme une ligne, la ligne un dessin.

(On peut de la même façon écrire et écrire c'est aussi dessiner, faire de la dentelle.)

 Les outils nécessaires  sont : une machine à coudre, avec son aiguille, un fil, un tissu : des “trucs de femmes”… Il y a d'ailleurs depuis  quelques années, une catégorie. Il y avait la peinture, la sculpture, la gravure, etc. Il y a maintenant l'art textile. Les filles y sont nombreuses. Bien sûr les femmes sont quelque peu “entrées” dans les Arts depuis la seconde moitié du vingtième siècle mais ce tiroir art textile n'est-il pas pour elles un nouveau ghetto ?

 Le dessein* de Pascale Drivière c'est bien de parler des femmes, femmes d'avant, femmes couseuses, couturières, brodeuses, femmes inlassables ravaudeuses, rapièceuses, raccommodeuses de chemises et par là de tous les accrocs de la vie ordinaire, en dessinant leurs visages, leurs yeux, leurs mélancolies, en recopiant avec application leurs lettres d'amour pour un guerrier absent, une amie fidèle ou une famille silencieuse.

 * Le mot s'écrivait jusqu'au dix-septième siècle indifféremment dessin ou dessein, indiquant alors l'idée de projet, précédant la peinture. Il a acquis depuis une vie propre, autonome.

 Mais c'est avant tout du dessin.

 Dessiner, dans les définitions admises, c'est d'abord faire courir un trait, délié ou laborieux, discret comme un cheveu ou appuyé, un trait qui dénonce immédiatement la main qui le trace.

La main de Pascale Drivière ne tient pas le crayon mais promène un tissu sous l'aiguille/crayon, c'est pareil : le trait ainsi tracé est constant dans son épaisseur et fluide, épuré comme celui de certains croquis de Matisse.

 Piqué libre = dessin libre ! Pascale accepte sans état d'âmes ce qui se passe alors, découvre pendant le  travail le visage qui se crée, le reconnaît, l'aime et lui parle. Nul besoin de corrections, de repentirs, pas de censure, (la machine ne l'autorise pas, ou alors en découdre !) Cela donne un dessin léger, sérieux à la fois et détaché. Libre !

 Pour moi, c'est du dessin, du beau dessin. On peut bien oublier la machine à coudre.

 

 

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