18 mars 2018

Joliane Siegel explications de texte

Joliane Siegel, même pas peur !

avec explication de texte nécessaire car je découvre avec stupeur que mon modeste propos peut être ressenti de plusieurs façons

 D'aucuns prétendent ( Paul Vilain le dernier en date, vendredi soir au vernissage de l'expo Transmigrations au MAMC de Cordes ) que Joliane Siegel serait une sorte de peintre/lanceur d'alertes qui tenterait plus ou moins vainement de nous sensibiliser aux malheurs variés de la planète, de nous prévenir avant qu'advienne l'apocalypse, de nous mobiliser pour enfin agir, devenirs bons et installer pour vendredi prochain un age d'or et de fraternité, vaincre la guerre, l'exploitation de l'homme par l'homme, la misère qui poussent sur la belle Méditerranée des embarcations précaires chargées de migrants blacks ceinturés de leurs gilets oranges pour faire complémentaire avec leur peur bleue.

Je trouvais le propos de Paul Vilain un peu réducteur de vouloir faire de Joliane Siegel une simple militante et bien qu'il eut utilisé le terme actuel de lanceur d'alerte il me semblait qu'il faisait d'elle une ringarde artiste engagée façon mai 68 ( Paul Quilès par sa question : vous reconnaissez vous dans ce vient de dire Paul Vilain ? semblait attendre comme moi qu'elle précise un peu ses intentions, mais sans doute ais-je interprété ) J'ai adopté pour cette introduction un ton ironique pour me moquer de mon propre romantisme nostalgique de cette époque

Ce n'est pas ce que j'ai vu : j'ai vu notre réalisme quotidien, nos maux de ventre habituels, nos blagues de récréations, nos peurs ordinaires si petites, j'ai vu l'humour trivial des farces de Molière, des masques, un carnaval de Jérôme Bosch, du burlesque ! Bon d'accord, aussi nos questions sans réponses, vieillir, survivre, en rire, mourir ?

Je voulais dire là que pour moi son propos était plus personnel et plus mystérieux, qu'il pouvait me toucher de façon physique (maux de ventre) et me ramener aux peurs de l'enfance (aux si petites peurs dans nos campagnes et dans nos villes occidentales toujours en paix et en relatives prospérités) aux jeux cruels de la cour de récréation, au carnaval hérité du moyen age, ma référence à Bosch était un sacré compliment, comme celle au burlesque des films américains ( j'aurai pu aussi évoquer ceux de Cocteau )

J'ai vu une grande fête, désespérée sans doute, mais une fête, le Minotaure avait une bonne tête de vache paisible, micro en main dans sa caisse déclouée, harcelé par un insecte inoffensif, une truie rose dans sa robe rouge, raté le strip-tease, les anneaux qui l'entravent sont des anneaux libres, une souris verte prise, attrapée, Joliane la montre à ces messieurs, le vautour trinque avec son chat blanc, l'abat-jour et son ampoule de nos dessins d'enfant se balancent, le plancher des vaches sacrées se dérobe sous nos genoux déjà couronnés, impossible de se maintenir, les fauteuils ont des roulettes, inévitables seront les chutes, d'autres seront sauvés par l'envol !

J'ai trouvé que contrairement à ce qui se disait dans le Musée vendredi sa peinture n'était ni triste ni angoissante et que donc elle ne me faisait pas peur, je trouvais ses séries drôles et festives, sans doutes cruelles mais comme pouvait être la mythologie grecque ou les dieux se trucidaient à qui mieux mieux dans une sans doute nécessaire paillardise ! Je cite la aussi les références aux comptines enfantines et autres symboles ( la présence de l'abat-jour et de son ampoule me touche particulièrement, tous les enfants du monde ont installé cet éclairage dans leurs dessins depuis l'invention de l'électricité et l'on en retrouve encore beaucoup aujourd’hui malgré la modernité des leds et autres spots ! ) mes comparaisons appuyées avec un univers enfantin est aussi pour moi un hommage et un compliment

C'est vrai, la série Good Luck déménage un peu plus, l'humain passe un sale quart d'heure, mais le cerbère rouge qui l’entraîne en enfer ressemble aux crocodiles que dessine mes petits enfants ! L'humain donc, elle ose un humain, fraîchement descendu du singe, le Minotaure a jeté le masque, il n'y a plus le filtre anthropomorphique, damned ! nous sommes découverts ! c'est toi, c'est moi, c'est nous !

Même idée : la comparaison avec les dessins de mes petits enfants est un compliment, je dis là que son Cerbère est finalement peu féroce, en tous cas il n'est qu'une représentation, nous n'avons rien à craindre de ses crocs

J'ai aussi vu la peinture, on en parle jamais, on dit ce que raconte le tableau ou ce que l’on croit qu'il raconte, mais on ne voit que rarement la peinture, on parle peu des moyens inventés pour raconter, du dessin, des couleurs, des coups de pinceaux, des glacis, des accords ou des dissonances, du support, du format choisi, du grand, du petit tableau, du quasi carré, de la longue marine, des séries où le peintre recommence et dont les pièces se demandent si elles pourront vivre séparées, j'ai vu la peinture en particulier dans les vagues de Good Luck et dans les deux petits formats posés sur le bord du mur, nature morte à la tête du Minotaure, carafe renversée, table rouge et sa voisine où l'homme singe renverse la carafe .

Et puis quand même je termine sur la Peinture ! j'aurais du mettre une majuscule ! Je dis que je vois une peintre, que je vois sa passion pour cette drôle d'activité que la majorité de nos semblables considèrent comme accessoire voire inutile, j'aligne nos mots du métier, notre vocabulaire, notre orthographe, nos préoccupations plastiques, nos admirations réciproques et ridicules pour un petit pan de mur jaune que personne n'aura vu !

j'ai vu ça, mais comme on dit, chacun y voit … là c'est pour dire que mon petit avis ne vaut pas plus qu'un autre, mais que nous avons encore de la chance de pouvoir le donner et le publier

"Je mets en scène des histoires, la peinture les fait ensuite voyager, elle les dépose sur d’autres rétines que la mienne, réveille d’autres mémoires, d’autres morts, d’autres questions ̎  confie Gérard Garouste dans L’Intranquille en 2009

j'aimais bien cette idée de Garouste qui semble vouloir dire que dès que notre toile est installée, proposée aux regard, elle ne nous appartient plus

Joliane Siegel / Transmigrations / Musée d'Art Moderne et Contemporain de Cordes sur Ciel

( elle titre ses séries en anglais, elle ne signe pas, il me semble )

Posté par artpieton à 09:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

17 mars 2018

Joliane Siegel, même pas peur !

 

P1040011

 

 

Joliane Siegel, même pas peur !

D'aucuns prétendent ( Paul Vilain le dernier en date, vendredi soir au vernissage de l'expo Transmigrations au MAMC de Cordes ) que Joliane Siegel serait une sorte de peintre/lanceur d'alertes qui tenterait plus ou moins vainement de nous sensibiliser aux malheurs variés de la planète, de nous prévenir avant qu'advienne l'apocalypse, de nous mobiliser pour enfin agir, devenirs bons et installer pour vendredi prochain un age d'or et de fraternité, vaincre la guerre, l'exploitation de l'homme par l'homme, la misère qui poussent sur la belle Méditerranée des embarcations précaires chargées de migrants blacks ceinturés de leurs gilets oranges pour faire complémentaire avec leur peur bleue.

 Ce n'est pas ce que j'ai vu : j'ai vu notre réalisme quotidien, nos maux de ventre habituels, nos blagues de récréations, nos peurs ordinaires si petites, j'ai vu l'humour trivial des farces de Molière, des masques, un carnaval de Jérôme Bosch, du burlesque ! Bon d'accord, aussi nos questions sans réponses, vieillir, survivre, en rire, mourir ?

 J'ai vu une grande fête, désespérée sans doute, mais une fête, le Minotaure avait une bonne tête de vache paisible, micro en main dans sa caisse déclouée, harcelé par un insecte inoffensif, une truie rose dans sa robe rouge, raté le strip-tease, les anneaux qui l'entravent sont des anneaux libres, une souris verte prise, attrapée, Joliane la montre à ces messieurs, le vautour trinque avec son chat blanc, l'abat-jour et son ampoule de nos dessins d'enfant se balancent, le plancher des vaches sacrées se dérobe sous nos genoux déjà couronnés, impossible de se maintenir, les fauteuils ont des roulettes, inévitables seront les chutes, d'autres seront sauvés par l'envol !

 C'est vrai, la série Good Luck déménage un peu plus, l'humain passe un sale quart d'heure, mais le cerbère rouge qui l’entraîne en enfer ressemble aux crocodiles que dessine mes petits enfants ! L'humain donc, elle ose un humain, fraîchement descendu du singe, le Minotaure a jeté le masque, il n'y a plus le filtre anthropomorphique, damned ! nous sommes découverts ! c'est toi, c'est moi, c'est nous !

 J'ai aussi vu la peinture, on en parle jamais, on dit ce que raconte le tableau ou ce que l’on croit qu'il raconte, mais on ne voit que rarement la peinture, on parle peu des moyens inventés pour raconter, du dessin, des couleurs, des coups de pinceaux, des glacis, des accords ou des dissonances, du support, du format choisi, du grand, du petit tableau, du quasi carré, de la longue marine, des séries où le peintre recommence et dont les pièces se demandent si elles pourront vivre séparées, j'ai vu la peinture en particulier dans les vagues de Good Luck et dans les deux petits formats posés sur le bord du mur, nature morte à la tête du Minotaure, carafe renversée, table rouge et sa voisine où l'homme singe renverse la carafe .

 j'ai vu ça, mais comme on dit, chacun y voit …

"Je mets en scène des histoires, la peinture les fait ensuite voyager, elle les dépose sur d’autres rétines que la mienne, réveille d’autres mémoires, d’autres morts, d’autres questions" confie Gérard Garouste dans L’Intranquille en 2009

 Joliane Siegel / Transmigrations / Musée d'Art Moderne et Contemporain de Cordes sur Ciel

( elle titre ses séries en anglais, elle ne signe pas, il me semble )

Posté par artpieton à 18:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 janv. 2018

voeux 2018

voeux2018 copie

Je vous souhaite aussi les réalisations de toutes vos utopies !

Posté par artpieton à 21:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
23 juil. 2017

tour de France

 

IMG_4499

" les voilà ! "

Quand j'étais gamin, dans les années 50 et 60, en juillet on ne manquait pas d'aller voir le Tour de France quand il passait à proximité ! Et dans mon coin d'Auvergne le rendez-vous avec les Géants était sur les redoutables pentes à quelquefois 12 %, voire 14 % (!) du célèbre Puy de Dôme. Je souviens particulièrement de la montée contre la montre du Tour de 1959 : chaque coureur est suivi de sa voiture pleins phares, sur le pare-choc de laquelle son nom est inscrit en grosses lettres rouges ! J'ai 11 ans, je suis bien installé dans un virage des derniers kilomètres. J'ai sur la tête un chapeau en papier Chocolat Menier ou l'équivalent en coiffe d'indien Chicorée Leroux ou une visière en carton Orangina tenue par un élastique ! Mon oncle Joseph, qui m'a conduit jusque là, dort dans fourré, il a travaillé de nuit, il rate le passage de Henri Anglade, Roger Rivière, Jacques Anquetil, Raphaël Géminiani, André Darrigade, Charly Gaul, Jean Robic, Louison Bobet, Fédérico Bahamontés et tant d'autres ! Plus tard dans l'après-midi, empoignades terminées, ( Bahamontès a pris le maillot, il va gagner ce Tour ) ils regagnent le pied du volcan, seuls ou par petits groupes. Charly Gaul, un pied sur le cadre de sa bécane, descend tranquillement tout en pissant au regard de tous !

Ce soir je noterai le nom du vainqueur de cette étape sur la carte du Tour offerte par le journal La Montagne, celui du maillot jaune et celui du vert !

J'ai vu Raymond Poulidor et Jacques Anquetil en 1964 aux coudes à coudes dans les derniers tournants et le limousin s'envoler, mais trop tard ! J'y étais !

D'autres fois on partait dans la Juva IV du Dédé Béal avec Gilles, le soir, il fallait être rentrés à vingt heures précise pour voir en noir et blanc le résumé de l'étape à la télé, précédé de la pendule en spirale et de la musique de l'Eurovision !

C'était le Tour ! Il y avait du Pschitt Citron ou orange dans les bidons des champions, enfin c'est ce que l'on croyait . Et puis il y a eu en direct la mort de Simpson sur la route du Ventoux en 1967 …

Aujourd'hui rien n'a changé, la caravane est peut être un peu plus longue, un peu plus bruyante et klaxonnante, les chapeaux en papier ont disparu, on élargit les petites routes de nos campagnes pour que de plus en plus d'aficionados puissent garer leurs innombrables camping-cars et participer à l'attrapage en vol des cadeaux publicitaires ! On coupe des arbres si nécessaire, on piétine quelques zones humides. Il y a toujours du Pschitt citron ou orange dans les bidons des coureurs, sans doute beaucoup plus vitaminés, il y a une escadrille d'hélicoptères au dessus du peloton et la grande fête populaire est toujours aussi populaire.

Samedi la caravane et le Tour passent par mon village, traverse le jardin, la maison, le passage entre la cuisine et le salon est bloqué de 12 heures à 17 heures, un agent passionné de vélo interdit la traversée ! Cette fois je n'y vais pas, je ne vais pas voir le Tour, lendemain du 14 juillet, je reste dans mon atelier douillet ...

 

Enregistrer

Enregistrer

Posté par artpieton à 22:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 juil. 2017

Valérie de Sarrieu

P1020851

Valérie de Sarrieu, petits paysages monumentaux

 Aujourd'hui les moyens techniques d'expression plastique sont légions : les artistes utilisent la photo, la vidéo, ils installent, jouent avec les éclairages et le son, font intervenir des comédiens, etc, autant de propositions légitimes quand il s'agit de témoigner de son époque. Les gestes premiers, préhistoriques, ne sont toutefois pas oubliés et la peinture, le dessin, dont on a plusieurs fois publié les avis de décès, restent les piliers du métier. Et entre maintenant et hier, il y a l'Histoire de l'Art que nul n'est censé ignorer.

 Valérie de Sarrieu fait de la peinture, d'une manière traditionnelle que l'on pourrait qualifier de démodée, de dépassée voire de ringarde : elle utilise des pinceaux et des tubes de peintures, de la peinture à l'huile ! ( les modernes gouaches acryliques n'ont pas leurs places dans sa mallette de peintre) Elle place son support sur un chevalet de campagne léger et pliant et s'installe en plein air, elle peint ̎ sur le motif ̎ selon l'expression, elle contemple le paysage et le restitue sur son carton avec une certaine fidélité et une belle affection ! C'est une attitude insolite, aujourd'hui, réservée semble t'il aux peintres amateurs dits du dimanche, que de travailler comme Monet et ses comparses impressionnistes, comme Cézanne dans sa montagne Sainte-Victoire ou comme Matisse et Derain sur le port de Collioure, à l'encontre des codes contemporains.

 Sa façon n'est pas réaliste , il n'y a pas de désir de rivaliser avec la photographie, elle montre le paysage bien sûr, ne nous apprend rien de nouveau sur la beauté de la planète mais beaucoup sur la Peinture (j'ai mis une majuscule) Le sujet véritable de ses tableaux est bien la peinture, pas de lissage, le poil du pinceau se montre, il y a sa trace qui dénonce les gestes du peintre, elle connaît bien la technique de la peinture à l'huile, (elle a pratiqué la restauration d’œuvres) qu'elle utilise de manière simple, sans effets, sans frime ! Je me dis aussi que c'est une peinture savante, cultivée, qui n'ignore rien de l'histoire du paysage. Ses petits formats sont monumentaux. Valérie de Sarrieu s'y occupe de la couleur, les harmonies sont précieuses mais c'est le modèle qui les a inventées bien avant nous et qui les impose, elle s'occupe surtout de la lumière, trouve les réglages les plus fins pour distinguer les différents plans, pose un retour de lumière bleue dans un lointain, installe ici un puissant contraste, plus loin un ensemble de valeurs égales. Le ciel n'est pas derrière les arbres dans les paysages de Valérie De Sarrieu, mais entre les branches, les reflets ne sont pas au fond de l'étang mais miroitent en surface. C'est beau, juste (comme on dit d'un acteur qu'il est juste, ce qui ne veut pas dire qu'il soit vrai ) c'est ouvert, simple et libre quand elle frôle l'abstraction.

 ( Les trois grandes toiles présentées ont peut être moins de magie, moins de spontanéité. Un ami, qui connaît bien la peinture pour la pratiquer lui même de belle façon, me suggère qu'elles ont pu être réalisées en atelier et donc avoir été plus réfléchies, plus pensées. Nous convenons que c'est là leur moindre défaut ! )

 A voir, cette expression subversive à force de tradition, ces petits formats hors du temps et donc délicatement contemporains au Château de Saurs ( chemin Toulze à l'Isle sur Tarn ) associés aux sculptures-céramiques de Claude Devillard du 1er juillet au 23 septembre. De 10h à 12h30 et de 15h à 18h. Fermé le dimanche.

 

 

 

 

 

Enregistrer

Posté par artpieton à 22:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

19 juin 2017

Rolino Gaspari

Rolino Gaspari

Rolino Gaspari, artiste contemporain ?

Rolino Gaspari recouvre les chaussures et autres objets de pâte à modeler aux couleurs primaires ( on ne le devine pas mais je le sais parce qu'une fois, chez Jean Vidal, j'ai touché ! Et laissé dans la pâte rouge vif l'empreinte de mon index )

Il leur colle des pattes pour en faire des insectes obstinés qui s'appuient de l'une contre le mur impeccable du Frigo à Albi, ils ont quelque fois un œil unique de poupée qui nous fixe, étonné, nous contemple, insistant et bienveillant. Au fond de la salle deux Mickey approximatifs nous saluent de leur grande main à cinq doigts. Des dessins noirauds sont installés dans leurs cadres infiniment primitifs et bricolés.

Bon, moi je vois des trucs d'enfant, non ? Des jouets ? Des pieds de nez et des tendresses aux couleurs vives, des sourires !

J'ai croisé le bonhomme deux ou trois fois ces derniers temps, il fait des objets qui lui ressemble, même œil malicieux, même regard ouvert, tendance à s'excuser d'avoir posé là ses dernier dessins. On a le même age, on est plus des gamins non plus, il a l'apparence d'un adulte accompli et ne présente aucun signe d'un quelconque retard . À l'instar ( j'aime bien ce mot qui contient une étoile ! ) d'Albert, il est tireur de langue ! Comme lui, il a gardé dans ses poches une belle part de la cour de récréation, il joue aux billes dans sa tête et les copains qui sont là à regarder ses facéties ont les yeux qui pétillent et affichent rapidement une belle humeur ! 

Mais attention ! le Frigo est devenu un lieu d'art d'aujourd'hui, des artistes réputés contemporains s'y succèdent ces derniers temps et le style résolument actuel du texte de présentation le confirme :

Artiste inclassable qui développe avec vitalité une œuvre protéiforme primitive, malicieuse en jouant avec l’espace de la peinture et de la sculpture, et peut être même avec notre  propre espace tout court…Voici sans doute une exposition dont les œuvres contrairement à notre habitude nous regardent, nous les spectateurs…)

Les gens que je croise, verre à la main, également. Ce sont les garants de la bonne santé de cette chapelle et de la solidité de ses cimaises et de ses portiques.

Alors Rolino Gaspari, artiste contemporain ?

Le titre qu'il donne à son expo : "Tut-tut" Poussez-vous un peu s’il vous plaîtpour moi, raconte bien autre chose. Rolino Gaspari klaxonnerait pour se frayer un passage au milieu de cette assemblée et y garer ses chaussures à pattes ? Je me dis que non, que le Vénitien n'a que faire de cette étiquette et qu'il a bien repéré que le sol de Frigo a été ragréé et recouvert d'un beau lino bien plan en remplacement de l'historique sisal bosselé, c'est super pour, couchés par terre, jouer aux petites voitures !

Au Frigo, 9 rue Bonnecambe, à Albi, du 17 juin au 8 juillet, du mercredi au samedi, de 15h00 à 18h30.

 

 

 

 

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Posté par artpieton à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
30 mai 2017

PULS'ART Le Mans

image blog

Je rentre de Le Mans ou Du Mans / comment dit-on ? / J'ai participé au fameux PULS'ART !

Voici donc ma petite fiche/expo personnelle :

 

nom du lieu ou de la manifestation

PULS'ART Le Mans (Cité des Arts)

genre ? (association, privé, etc)

salon organisé par l' association ARATATA

spécialité ?

peinture sculpture photographie principalement

où ? (adresse, téléphone, mail)

Le Mans (72) les Quinconces place des Jacobins

site internet

http://www.pulsart-lemans.com/

description du lieu :

grandes salles en sous sol bien éclairées

box voisins de 3m+3m+3m hauteur 2m

table chaises

quand ? dates d'expo, dates de la manifestation

le week-end de l'Ascension : du mercredi (vernissage) au dimanche

ouvertures du lieu : quels jours, horaires, respect ?

11h à 19h et 10h à 18h le dimanche / entrée gratuite

qui s'en occupe ? (nom, contact, compétences)

Lucien Ruimy, artiste lui même, est depuis 25 ans le chef d'orchestre

bien secondé par Stéphane Arrondeau nouveau président

et une équipe efficace de bénévoles

qui garde l'expo ?

les artistes bien sûr

sélections ?

jury de professionnels qui change chaque année

exigence d'un statut Maison Des Artistes ou autre ? non

dépôt et retrait des œuvres :

transport :

installation : qui installe ? comment ?

Assurances ?

les artistes transportent, installent, assurent et gardent leurs œuvres

communication : affiches ? cartons ? internet ? qui conçoit la com ?

En plus du lieu d'expo l'association offre à chaque artiste

500 cartons avec une bonne reproduction et coordonnées

invite à un repas le vendredi soir

et édite catalogues et programmes

bonne communication par ailleurs

ventes ? pourcentage sur les ventes ?

pas de pourcentage sur les ventes

participation financière de 250€

autres perceptions demandées : aucune

défraiements ? non

droit d'exposition : non

droit de reproduction : non

accueil : hébergement ? restauration ? Déplacements ?

l'association s'occupe de réservation d' hôtels corrects et peu chers

commentaires (n'engagent que l'artiste exigeant que je devrais être, prière de se faire une idée personnelle)

Puls'art a une belle réputation et 25 ans d'expérience, l'organisation est parfaite, simple et efficace. L'accueil est convivial et les soirées entre artistes (un bon nombre étaient logés dans le même hôtel) sont inoubliables !

Mais bon, celui qui vend trouve bien sûr le salon parfait et postulera pour une édition prochaine, celui qui couvre juste ses frais se passera de commentaires et retiendra la qualité des rencontres qu'il y a faites, celui qui a peu ou pas vendu se dira qu'il s'est trompé de salon, ou que sa peinture est peu commerciale, pourra pour se consoler se classer dans la catégorie romantique des artistes maudits ou ne manquera pas de se dire que Pul'art existe grâce aux artistes et se trouvera donc peu remercié !

Puls'art n'échappe pas à la crise et le public de cette année a défilé plus rapidement que d'habitude et moins nombreux murmurait-on dans les allées, les galeristes et collectionneurs qui y faisaient leur marché ont été plus rares, le bilan financier que l'association est déjà occupée à calculer devrait le confirmer.

Pour ma part j'ai trouvé la sélection très éclectique, trop dispersée, de qualité inégale, comme pour faire plaisir au plus grand nombre, je me suis dit que Pulsart gagnerait à se choisir une ̎ ligne ̎ plus cohérente, quitte à voir son public se restreindre et se spécialiser … J'y ai rencontré quelques belles personnes mais je sais que les moyens contemporains de communication n’empêcheront pas la géographie de nous séparer ...

 

 

 

 

 

 

 

Enregistrer

Posté par artpieton à 21:59 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,
20 janv. 2017

Paul Smark

mugshot

 

Les mugshots de Paul Smark

Ils posent, bien obligés, de face, de profil, quelques instants après leur arrestation plus ou moins musclée. Leurs visages témoignent d'un retour au calme ou d'un choc, d'un accord ou d'un renoncement, ou d'une révolte intérieure, le sourire au bord des lèvres de leurs têtes ordinaires de petites frappes ou de gros gibiers, coffrés pour tapage nocturne sur la voie publique ou meurtres en série ; même traitement préalable : la photo, un numéro blanc sur une ardoise noire pour entrer pour la première fois, pas la dernière, dans le fichier de la police.

Les mugshots sont ces photos en noir et blanc, prises lors des arrestations par la police fédérale dans les états des États, ceux Unis d' Amérique, depuis la légende de l'ouest ou la prohibition. Depuis celui de Scarface (surnom d'Al Capone) il y en a de très connus sur le net, des vrais et des faux, innombrables intermèdes romantiques dans la vie des stars : Jane Fonda, poing levé, David Bowie, Steve Mac Queen arrêté pour conduite en état d'ivresse, Sinatra, Marilyn, Elwis, Johnny Cash, Dominique Strauss Kahn, etc !

Ceux qu'a choisi Paul Smark sont des sans-noms, des anonymes, des péquins disparus depuis lurette de la mémoire des bureaux policiers et de celles de leurs proches. Paul Smark a choisi des humains basiques, se montrant de face et de profil pour faire des dessins et des gravures, c'est ce qu'il dit. Il aurait pu faire le portrait de Dalida ou de Georges Brassens, non il a choisi des amerloques, des blues-mens, des cow-boys Arthur, des chercheurs d'or et de misère comme il les aime, il les a choisi et a fait leurs portraits gravés, technique pas si simple, puis encadrés d'une respectueuse chemise blanche et accrochés avec des chaînes aux murs du bar Jour de Fête qui n'est pas le premier rade venu ! Ça me montre qu'il les considère et les remercie d'avoir posé pour lui et laissé libre de droits l'image de leurs tristes figures !

Paul Smark, ça n'est pas son vrai nom, c'est sûr, c'est un emprunt, peut être même un vol ! C'est un graveur clandestin qui rêve de réaliser à l'ancienne des faux billets comme Robert Mideau, le cave qui se rebiffe. Les gravures sont anonymes aussi, pas de signature, c'est un discret, un taciturne, un silencieux, qui ne veut pas être repéré, pas faire de bruit ni de vagues.

Ce ne sont finalement que des autoportraits ! Paul Smark, t'a voulu passer inaperçu, c'est loupé ! Ils te ressemblent tes repris de justesse ! Le bureau d'identification est formel : même noir dans la tignasse, même tendresse, mêmes silences, même façon de s'excuser d'être là, discrétion assurée ! On t'a reconnu, Paul Smark ! Ta cavale prend fin ! Damned ! Tu es fait ! Photo de profil, de face, ardoise avec le numéro !

Bon, sans rire, c'est une belle série de dessins (c'est du dessin, du dessin qui chante le blues) sur la plaque de zinc (le métal des comptoirs) puis imprimés en gravure avec de beaux gris d'aquatintes entre les noirs velours et le blanc du papier, à voir pendant une permission de sortie au Bar le Jour de Fête, boulevard Valmy à Albi jusqu'au 26 février.

 

 

 

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Posté par artpieton à 22:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
10 nov. 2016

chanson/comptine n°2

5368771081_e8143c2bef_bEdward Hopper "Cape cod morning" 1950

le Cape Cod "le cap aux morues" est une presqu'île sur la côte est des États Unis, dans le sud-est du Massachusetts

chanson/comptine n°2

Dans sa maison un grand cerf
regardait par la fenêtre
un lapin venir à lui
et frapper ainsi :
cerf, cerf, ouvre moi!
ou le chasseur me tuera !
lapin lapin entre et viens
me serrer la main !

9 novembre 2017

 

Enregistrer

Enregistrer

Posté par artpieton à 22:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
01 nov. 2016

Jean Vidal Saramon

Saramon

La maison de Jean Vidal à Saramon

Jean Vidal est héritier du père Cézanne qui voulait traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône, le tout mis en perspective. Cézanne inspire les cubistes, il est à l'origine d'un esprit de géométrie qui conduira aux abstraits géométriques, mais lui, remet des poutrelles solides dans la peinture impressionniste ( qui en avait bien besoin, faite d'air, de touches impalpables de ciels et de brouillards ) à la manière du jardinier qui construit sa cabane à outils, de bric et de broc, d'une manière infiniment primitive.

Jean Vidal reconstruit de cette façon des obélisques, des pyramides et des colonnes de temples, ou plutôt en dessine le squelette, l'idée même, dans l'espace, d'un trait de fer rehaussé d'une couleur primaire, primitive.

Il montrait il y a peu, au Frigo à Albi, des architectures récentes, plus neuves, plus "sorties d'usine", lisses et finies à la manière des œuvres minimalistes des années 60 et 70, des vertiges, expliquait-il, des hauts de ponts, de viaduc, de tours, qui trouvaient cependant leur place dans la petite salle du Frigo malgré leur caractère monumental.

Je suis plus sensible aux verticales rouillées, tordues ou mal redressées, aux pieux de bois recouverts il y a longtemps de peinture maintenant usée, rouge, bleue, jaune écaillé, qui peuplent avec affection sa maison familiale de Saramon.

Les dessins de fer de Jean Vidal y sont installés depuis l'extérieur et soulignent, encadrent, soutiennent, indiquent, conduisent dans la maison.

Depuis le bas, par les petits escaliers de pierre ou de bois, les volées de trois ou quatre marches, on grimpe dans une sensible installation, dans une œuvre totale signée Jean Vidal. Ses flèches archaïques, ses arbalètes inoffensives montrent le parcours vers le ciel, une pièce de bois des colombages extérieurs soulignée par une drôle de règle gradué de David Lachavannes le laissait deviner, il faut aller jusqu'au grenier pour trouver derrière la porte bleue, l'atelier de l'artiste.

L’ascension est douce, on ne fait pas d'effort, on croise des amis, des inconnus, la mère de Jean qui pose en starlette dans le studio familial, son père, enfant, ses oncles, ses tantes. La maison est habitée, la table est mise, on a ouvert les fenêtres pour que le soleil réchauffe les chambres, on est en vacances d'automne, c'est l'été de la Saint Martin.

Les transparences, les effacements d'Aline la discrète et toutes les œuvres de leurs amis jouent la même partition avec les images, les photos, les objets et toute la mémoire de la maison qui n'est pas devenue pour autant un musée (un musée est une forme de cimetière) ni un album de famille nostalgique. C'est un intime Lascaux dans lequel je ne suis pas étonné de rencontrer Giorgio Morandi, (autre enfant de Cézanne) endormi au coin de la table, couronné de l'une de ses natures mortes silencieuses.

Enregistrer

Posté par artpieton à 08:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :