26 sept. 2016

Mythologies

Mythologies

le mur 1

j'ai peint une série de cartons

que l'on peut installer bout à bout

ça fait un long mur de peinture

le bleu et l'orangé dominent

c'est mon Lascaux, ma petite mythologie personnelle

avec mes dieux, mes déesses

des monstres et des héros

il fait le récit de mon antiquité

il raconte que quand j'étais enfant, j'étais sioux

j'étais le petit-fils d' Alexandre Sitting Bull

qui avait vaincu le Général Custer à la bataille de Verdun

le jeudi, quand il n'y avait pas d'école

j'allais voir Picasso dans son atelier

qui me donnait du papier et des couleurs

j'avais le droit de regarder le modèle et de la dessiner

je devais retourner en Amérique

et puis, sans y prendre garde, je suis devenu peintre ...

( l'ensemble est actuellement installé au Centre Culturel G. Alauzet à Rieupeyroux 12240 jusqu' au 24 novembre 2016 )

voir fiche expo Rieupeyroux

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05 sept. 2016

fiches expos

cahors10 copie 2mes fiches expos

dans cet album, à destination des collègues plasticiens

(qui pourraient faire de même) et des autres

avec pour chacune un commentaire qui n'engage que l'artiste exigeant que je devrais être !

lien vers les fiches

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03 sept. 2016

chanson/comptine

fenêtre ok

chanson/comptine pour fêter la rentrée, politique et autre :

Dans sa maison un grand cerf
regardait par la fenêtre
un lapin venir à lui
et frapper ainsi :
cerf, cerf, ouvre moi!
ou le chasseur me tuera !
lapin lapin entre et viens
me serrer la main ! *

*qui suis-je, qui sommes-nous, aujourd'hui, demain ? Cerf, lapin, chasseur ?

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30 août 2016

les regardeurs

 

2,5

 

Ce sont les regardeurs qui font les tableaux !

 "Je crois que l'artiste qui fait une œuvre ne sait pas ce qu'il fait. Je veux dire par là : il sait ce qu'il fait physiquement, et même sa matière grise pense normalement, mais il n'est pas capable d'estimer le résultat esthétique. Ce résultat esthétique est un phénomène à deux pôles : le premier, c'est l'artiste qui produit, le second, c'est le spectateur, et par spectateur je n'entends pas seulement le contemporain, mais j'entends toute la postérité et tous les regardeurs d’œuvres d'art qui, par leur vote, décident qu'une chose doit rester ou survivre parce qu'elle a une profondeur que l'artiste a produite, sans le savoir. Et j'insiste là-dessus parce que les artistes n'aiment pas qu'on leur dise ça. L'artiste aime bien croire qu'il est complètement conscient de ce qu'il a fait, de pourquoi il le fait, de comment il le fait, et de la valeur intrinsèque de son œuvre. A ça, je ne crois pas du tout. Je crois sincèrement que le tableau est autant fait par le regardeur que par l'artiste."         

Marcel Duchamp 

Voir l'album "les regardeurs" (photos prises à l'occasion de PINAR'T 2016)

 

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09 juil. 2016

Un pinceau bleu

pinceau bleu

Un pinceau bleu

Nous sommes retournés à Sivens / lundi / forte lumière soleil blanc

personne

silence

silence humain les oiseaux sont revenus

passe un grand camion un tracteur curieux

ils ont bloqué l'accès à la dalle funeste par un coup de bulldozer

et un panneau dérisoire route barrée

la route s'est barrée

faudrait plus de route du tout,  accès interdit aux humains

pas touche au ruisseau / plus de bruit / pas de pas

pour rassurer définitivement les bestioles et la vieille dame terrorisée

pour qu'elles reviennent et soient nommées conservatrices perpétuelles du Tescou

elles reviennent les bestioles, on creuse un trou au milieu du désert

rempli d'eau / deux grenouilles ( averties comment ?) rappliquent !

inutilité du projet reconnue : la belle affaire ! victoire goût queue d'artichaut

gâchis / quel gâchis !

gâchis de branches, de feuilles, de troncs, de salamandres et de tritons

guerres inoubliables plaies bosses injures

meurtre

le gamin n'est pas mort pour rien : la grenade fatale aura fait barrage au barrage

la nature ( pour cette fois encore ) plus forte que la démesure humaine recouvre intègre dissous digère les derniers vestiges du champ de bataille

je ramasse une relique un pinceau ordinaire sur lequel a séché une peinture bleue un beau cobalt ayant servi à repeindre plus vif le ciel du Testet

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02 juil. 2016

carte d’identité

Étude documentaire

carteOK2,50

C'est une carte d’identité.

C'est une carte d’identité de Français.

Délivrée par l' ̎État Français ̎. Nous sommes en 1944. C'est la guerre.

Le Chef d'État, de l' ̎ État Français ̎, c'est le Maréchal Philippe Pétain.

Le porteur de la carte, avant, était italien : il était venu, comme pas mal d'autres, travailler en France au début du siècle.

Il est français maintenant, naturalisé français, depuis 1930.

Au début, semble t'il, il a signé sa carte d'une croix. Par la suite peut être a-t'il appris un peu à écrire, alors il a inscrit son nom et son prénom, d'une autre encre.

Le préfet des Bouches du Rhone, lui,  il a une super signature, je trouve.

L'italien est en photo sur sa carte, il est photographié de profil, on regarde les gens de profil à cette époque, pas trop de face.

On a tout de même noté son profil busqué, légèrement, mais bon, c'est noté.

On a mentionné le manque de rectitude de son nez.

Il s'en tire bien lui, sa carte ne présente pas la mention juif écrit à la perforatrice spéciale.

La petite notice épinglée a l'intérieur précise bien les choses.

notice2,50

C'était la France

C'était il y a longtemps, c'était une vilaine période

C'est du passé, c'est de l'Histoire.

Et des histoires.

Mais bon ...

 

 

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08 févr. 2016

Pierre Soulages

noir

J'ai (enfin) visité la nouvelle cathédrale de Rodez vouée au culte de l'enfant du pays, Pierre Soulages.

Quand on a la chance de voir naître dans ses murs un demi-dieu, on se doit de lui élever un temple ! Et le demi-dieu ayant largement dépassé les chiffres de l'espérance de vie, on peut se dire qu'il est sans doute immortel, que c'est probablement un dieu entier !

Le grand temple du noir est impressionnant comme une cathédrale gothique ! (noire forêt de troncs rectilignes destinée à faire peur, destinée à faire taire)  Les croyants et les incrédules s'y rejoignent et communient ! Nul n'ose dire sa petite sensation contraire, nul n'ose contester le dogme ! L’œuvre du Maître n'est pas contestable en soi, Pierre Soulages a consacré sa vie au noir, c'était son droit, c'était une recherche vraie, une recherche légitime ! Mais l’œuvre ne fait pas l'unanimité, le bon peuple semble dire qu'il n'y comprend rien et qu'en tous cas, il en fait autant ! Et il a bien le droit de penser comme ça, le bon peuple ! Donc, pour qu'il comprenne bien, pour qu'il se range à l'avis officiel, on lui a bâti une cathédrale moderne, contemporaine, ou l'angle droit impose sa dictature ! Une cathédrale noire, le noir c'est l'obscur, le mystère, mais le fini (la page est noircie)

Tout de même il y a une partie blanche dans la cathédrale, une page blanche où les invités peuvent écrire noir sur blanc, un champ de possibles ! Le demi-dieu n'en voulait pas de cette construction ou alors s' il pouvait y recevoir des invités ! Actuellement Sotto y trompe nos yeux de mille couleurs !

 

J'ai visité la toute nouvelle cathédrale de Rodez avec en mémoire un article de Télérama dans lequel Bernard Lahire parle de son livre-essai : Ceci n'est pas qu'un tableau : voici quelques extraits :

... Les émotions que l'on ressent devant une œuvre d'art sont réelles ...

Mais d'où proviennent-elles ? De l'interaction immédiate avec l'objet exposé à notre regard, ou de beaucoup plus loin – de réalités extérieures à cette relation ? Je pense qu'elles sont déterminées par des croyances qui nous échappent parce qu'elles s'inscrivent dans une très longue histoire ...

... En parlant de « magie », je veux rappeler, d'abord, que les objets d'art ont été sacralisés et retirés de la circulation des objets ordinaires. Une place à part leur a été attribuée dans et par le monde social, et cette place est le résultat d'un travail collectif, réalisé par tous les acteurs du monde de l'art : artistes, historiens, critiques, collectionneurs, commissaires-priseurs, État, etc ...

... Que fait un guide touristique lorsqu'il écrit : « Venez admirer Picasso… », sinon nous signaler qu'il existe un lieu spécifiquement consacré à l'admiration ? Et que vient-on y admirer ? Des objets sacralisés. Tout renforce l'aura qui les entoure : le soin avec lequel on les manipule, les gants blancs que l'on enfile pour les déplacer, le prix que l'on est prêt à débourser pour les acquérir, les adjectifs que l'on utilise pour les décrire, la mise en scène des enchères …

... Nous sommes soumis à une forme d'envoûtement qui reste largement inconscient. On ne se souvient plus des raisons pour lesquelles ces objets sont devenus si extraordinaires, des conditions historiques de possibilité de l'émotion artistique ...

Quand un prêtre dit « je te baptise », l'enfant devient chrétien, n'est-ce pas ? Cette puissance de transformation d'un être ou d'une chose en autre chose par la grâce de quelques mots existe aussi en art. Mais avec un degré plus élevé d'incertitude. Car il se trouve toujours d'autres « prêtres » – en l'occurrence d'autres historiens d'art – pour dire : « non ! Ceci n'est pas un Poussin ». Dans le domaine de l'art, la baguette magique est entre les mains de plusieurs personnes… qui ne sont pas toujours d'accord entre elles ...

... mais prendre conscience que l'émotion devant un tableau est rendue possible par une histoire qui s'étend sur plusieurs siècles est vraiment émancipateur : on est moins écrasés par l'obligation d'admirer ; on découvre qu'il est possible d'éprouver de merveilleuses émotions devant des œuvres ou des objets qui, eux, n'ont pas été « autorisés ».

 

ici lien vers l'article complet

 

 

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21 janv. 2016

Meilleure année 2016

"le vélo c'est comme la bicyclette, ça ne s'oublie pas !"  (Raymond Poulidor)

Nous n'oublierons pas cette foutue année 2015

Meilleure année 2016

 

voeux16

 

 

 

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09 janv. 2016

Serge Coujati

Serge Coujati, peintre, etc

 

copie 2,50

 

Bon ça y est on commémore / on rend hommage / on évoque / on se souvient / on installe des expos / on prépare des lectures et des concerts / je me mélange un peu les pinceaux je sais plus si Serge était à Charlie le 7 janvier et si il aura Hollande à la MJC et au Frigo / bon enfin on aurait pu lui rendre hommage en mains propres / du vivant de son vivant / une tournée d'adieu / un Olympia / un jubilé / 60 ans de carrière / un départ à la retraite autour d'une galette des rois / ils vont mettre une plaque au Castelviel ou au dessus du café du Globe / pourvu qu'ils donnent pas son nom à une impasse / bon tant pis / en même temps jusque là on l'oublie pas / et puis il va peut être monter sur scène / bien capable / et quelques autres vont le connaître / c'est pas si mal  / ici cliquer v'la le programme !

 

 

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05 sept. 2015

Pierre Bonnard

090606160659bonnard1(Photo Henri Cartier Bresson/Pierre Bonnard assis/30x40cm.1944)

8 juillet Paris Musée d'Orsay

notes en vrac

vérification faite, Victorine, nue, déjeune éternellement sur l'herbe ou joue Olympia les yeux dans les yeux avec Manet

la petite danseuse de Degas me regarde de haut

mais j'ai rendez-vous avec Pierre Bonnard

Bonnard est ma première rencontre avec LA peinture

dans les années 60 je découpe les rares revues d'art et punaise les repros des tableaux de Bonnard aux murs de ma chambre-atelier ou je les colle sur mes classeurs de lycéen

aujourd'hui, 8 juillet, je suis devant les tableaux originaux, à sa place, quand il les a peints

un peu de poussière magique va surement se déposer sur ma tête et mes épaules

je retrouve  "la grande salle à manger", "l'atelier aux mimosas" si jaune (peint entre 1939 et 1946, les dates de la guerre) le "coin de table" avec son ridicule dossier de chaise en haut à gauche

Ses chats lui ressemblent / c'est lui le chat incliné et endormi qui ne surveille pas "la sieste au jardin" ou le compagnon exigeant de "la femme au chat"

Marthe est cachée dans "le nu dans un intérieur" venu de la Nationale Gallery de Washington / Marthe est souvent cachée dans les tableaux de son mari (chercher Marthe) elle est de la couleur du mur, intégrée au papier peint, quasi invisible dans le reflet du miroir de la salle de bain, dissoute dans l'eau de sa baignoire

Bonnard le photographe décadre, coupe les corps et les décors de façon inattendue, privilégie les hors champs / la radio murmure dans la pièce à côté ici est le silence

Il signe "maigre" quand il signe, en petites lettres en promenade

Les plans basculent / Bonnard s'assied, se lève, s'envole au dessus de son sujet

Devant un Bonnard on est chez Bonnard / il est sorti mais il va revenir long et silencieux et ne rien dire

L'autoportrait en vieux chinois est à Toulouse chez Bemberg

Quel adversaire affronte Bonnard dans l'autoportrait en boxeur / match perdu d'avance

Dans le grand panneau commandé par Reichenbach un coup de sabre  de jaunes et d'orangés transperce les gris-bleus

Plus bas un groupe de fourmis cannetoises et endimanchées

je les connais par cœur

je reste toujours également ému par la "petite peinture" de Bonnard, discrète et silencieuse qui s'excuse d'être là, pas terminée

 

 

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