15 févr. 2015

Ma bohème

mjc

 

Ma bohème 

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud

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06 févr. 2015

Agir ou déplorer

agir ou déplorer

Agir ou déplorer ?

Il y a des milliers de gens qui par principe s’opposent à l’esclavage et à la guerre mais qui en pratique ne font rien pour y mettre un terme; qui se proclamant héritiers de Washington ou de Franklin, restent plantés les mains dans les poches à dire qu’ils ne savent que faire et ne font rien ; qui même subordonnent la question de la liberté à celle du libre échange et lisent, après dîner, les nouvelles de la guerre du Mexique avec la même placidité que les cours de la Bourse et peut-être, s’endorment sur les deux. Quel est le cours d’un honnête homme et d’un patriote aujourd’hui ? On tergiverse, on déplore et quelquefois on pétitionne, mais on n’entreprend rien de sérieux ni d’effectif. On attend, avec bienveillance, que d’autres remédient au mal, afin de n’avoir plus à le déplorer. Tout au plus, offre-t-on un vote bon marché, un maigre encouragement, un “Dieu vous assiste” à la justice quand elle passe. Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux.

La Désobéissance civile (1849) - Henry David Thoreau

Actuel, non ? L'intégrale du texte ici !

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31 janv. 2015

art contemporain Cynnhorodon-Faldac

Et si on reparlait d'art contemporain !

art contemporain

 

Allons faire un tour sur Cynnhorodon-Faldac, blog de réflexion et de défense de l'Art dit contemporain, dans lequel Louis Doucet sème ses baies rouges et irritantes et met régulièrement de l'ordre et du discernement dans nos pensées, en tous cas dans les miennes ! Quel bonheur de les voir ainsi formulées aussi clairement et justement !

Extrait de “Démagogie et populisme” février 2015  :

 Le comique de cette triste situation est que ces mêmes personnes s’approprient, sans vergogne, des postures revendiquées notamment par Duchamp et Beuys, artistes dont ils vouent les œuvres aux gémonies et sur lesquels ils vomissent leur haine, leurs invectives et leurs insultes, sans d’ailleurs connaître leur travail ni surtout proposer d’alternative viable. Le brûlot périodique de Nicole Estérolle est un exemple patent de ce type d’attitude. Le discours qui y est développé est, en bien des points, comparable à celui qui stigmatisait, en des temps de triste mémoire, l’entarte Kunst. On y lit, en filigrane, des fragments des (non-)programmes culturels fétides des municipalités récemment conquises par le FN. Sa démarche a toutes les caractéristiques de celles des partis populistes, de droite ou de gauche, désignant les intellectuels – les « élites », dans leur terminologie – à la vindicte populaire, entretenant les frustrations d’artistes en mal de reconnaissance, s’appuyant sur une inculture plastique et esthétique volontairement entretenue par l’État, maniant les approximations et les raccourcis hâtifs, déformant l’information, focalisant sur des détails de peu d’importance, généralisant et caricaturant sur la base de données erronées… Toutes méthodes éprouvées par les régimes dictatoriaux. On peut y déceler les frustrations et la jalousie d’artistes blessés de ne pas être reconnus et qui, au lieu d’en rechercher les racines dans leur propre travail, tentent d’en attribuer les causes aux autres. C’est tellement plus facile que se remettre en cause…”

La suite sur Cynnhorodon-Faldac !

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25 janv. 2015

Chroniques jardinières

chroniques jardinières

Chroniques jardinières

Allées et venues

 

- Dites-moi, ce sont...

- Ce sont ?

- Ce sont de mauvaises herbes !...

- Quelques graminacées, tout au plus, rien de bien méchant…

- Tout de même… Ce sont de mauvaises herbes…Et cultivées, en plus ! Vous cultivez des mauvaises herbes !

- Oui…

- C'est interdit ! Si vous vous faites pincer, vous allez vous retrouver en cabane !

- Vous savez, avant, je les arrachais, je faisais comme tout le monde, je sarclais, je binais…

Et puis un jour, je suis tombé sur une mauvaise graine…

- Dans un sachet de contrebande !

- Que j'avais acheté au marché noir ! Oui, c'est ça ! Un passager clandestin !

- Qui vous a demandé une terre d'asile !

- Je ne pouvais quand même pas le dénoncer ! Et voilà le résultat !

- Je vais vous faire une confidence… Un jour, moi aussi, j'ai recueilli un chiendent perdu…

- Non !

- Si ! Et j'ai aussi un carré… d'herbes…

- Des mauvaises ?

- Oui ! De la sarclure !

- De l'ivraie !

- Oui, c'est ça ! Des exclues, des sans-papiers, que tout le monde repousse !

- Et qui repoussent !

- Menacées du désherbant !

- C'est vrai que ce sont des herbes folles !

- Mais ce n'est pas une raison !

- Non ! Ce n'est pas une raison pour nous les couper sous le pied !

- Sous prétexte que leurs binettes ne nous reviennent pas !

- Bon, c'est vrai qu'elles sont quelque peu envahissantes !

- Oui, mais c'est tellement bien un carré d'herbes…

- Oui, c'est bien, pour marcher dans l'herbe !

- Et pour les déjeuners sur l'herbe ! Mais dites-moi, vos légumes… ils ne sont pas au courant ?

- Certainement pas ! Ils le prendraient très mal !

- Sûrement ! Les légumes sont racistes pour la plupart !

- Ils supportent mal que l'on piétine leurs plates bandes !

- Ils sont un peu terre à terre, c'est vrai !

- Moi-même, j'ai eu beaucoup de mal à leur faire admettre la cohabitation avec certaines variétés exotiques. Les pois surtout ! Ceux là, ils n'en foutent pas une rame et ils sont toujours à critiquer !

- Le chou est raciste !

- Parce qu'il est bête, en fait ! Le topinambour, aussi !

- Oh ! Oui ! Le topinambour est resté très pétainiste !

- Et le brocoli !

- Alors là, c'est un comble, le brocoli, il ne parle même pas français, le brocoli !

- Et les radis ! Mes radis roses ne supportent pas les noirs !

- Vous faites comme moi, je suppose ?

- Que voulez-vous dire ?

- Vos mauvaises herbes, pour ne pas être repéré, vous les cultivez…

- Dans mon jardin secret, bien sûr !

 

 

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12 janv. 2015

Charlie Va falloir

Charlie

Va falloir…

Du verbe falloir, impersonnel, exemples : va falloir, ce qu'il faut, faudrait pas que…

Et maintenant ? Va falloir…

Proposition n°1 : va falloir… apprendre à dessiner !

On peut apprendre à dessiner.

On peut apprendre à dessiner comme on peut apprendre à lire et à écrire.

On n'a même pas besoin d'apprendre en fait !

Tout le monde sait dessiner.

Plus ou moins bien, mais tout le monde sait.

Bien ou mal ça n'a pas d'importance : regardez Reiser ou Wolinski, ils dessinaient comme des cochons, et pourtant…

Tout le monde sait dessiner.

Quelques uns savent depuis toujours qu'ils savent, les autres croient toujours qu'ils ne savent pas et que les premiers sont doués, ils se trompent !

L'important est de dessiner.

Tout...

Tout ce qui te passe par la fenêtre (Lise Deharme)

Pour faire un dessin, il faut :

Du papier : on peut dessiner sur n'importe quoi, sur les murs, dans la neige ou le sable mouillé à marée basse, dans le creux de sa main, sur les vitres embuées, dans sa tête… Mais le papier est tout de même le support le plus utilisé.

Ne pas oublier qu'une page blanche c'est un silence, un qui-ne-dit-mot, mais c'est un possible, une proposition, une invitation, un espace à crayonner d'urgence, une liberté !

Un crayon : un stylo, un porte-plume, un feutre ou un simple crayon (ils sont tous “à papier”) bien aiguisé, pointu, cabu.

Attention ! Un crayon n'est pas un simple outil d'écriture pour rédiger une liste de commissions, c'est un puissant levier qui peut soulever bien des interrogations, un crayon chargé peut faire (une) mouche !

La gomme n'est pas utile, c'est un outil de correction, d'autocensure, aujourd'hui il faudrait s'en méfier, ne pas s'effacer…

Mais peut-on s'accorder le droit de dessiner n'importe quoi,  n'importe qui ? Et si, au non de la liberté d'expression, on doit l'accorder à tous, serons-nous ensuite assez libres pour dire à certains que l'on n'aime pas leurs dessins mais qu'ils ont le droit de salir ainsi des pages blanches et de les publier ?

Un dessin c'est un poème, un livre, une bibliothèque, un voyage, une arme, un abîme, une perspective, un pays, un dessein.

Un dessin peut faire rire, sourire, souffrir, mourir. Un dessin peut faire peur, inverser le sens de rotation des aiguilles des montres ou celui de la planète, changer la vie.

Prévert dit que si le dessin est réussi, l'oiseau doit chanter.

Il dit aussi qu'il faut signer.

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08 janv. 2015

Charlie

charlie1178

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02 janv. 2015

voeux 2015

voeux15

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27 déc. 2014

Jeu des 7 ressemblances

Jeu des 7 ressemblances : les réponses !

 

réponses

1 Sur la photo de gauche, les pantoufles charentaises du père Noël sont identiques !

2 Les cannes des 2 Pères Noël proviennent de la même manufacture : ce sont des cannes coudées en acacia flambé de chez Fayet à Orléat, non loin de Lezoux, dans le Puy de Dôme.

3 Les cordelettes nouant les robes des pères Noël sont exactement de la même longueur: 1,17m.

4 Les 2 photos ont été prises avec le même appareil, celui de Maurice Rouquette, (présent sur le cliché de droite par son ombre !) un Foca Sport 24x36 à objectif Foca-Néoplar 1:3,5F4,5cm

5 Les 2 photos sont datées au dos, du 3 décembre 1955 pour celle de gauche et du 17 novembre 1956 pour celle de droite : ce sont 2 samedis !

6 Les photos ont été prises l'une devant le magasin Printania dont on aperçoit partiellement le nom, sur l'autre Marie Monique est très heureuse que ses parents aient enfin décidé de remplacer son vieux manteau par une jolie veste à capuche achetée ce jour là dans ce même Printania !

7 Les 2 garçons (à gauche) et la jeune fille qui se mouche (à droite) s'apprêtent à livrer brutalement la vérité sur le mythe du Père Noël à Marie Monique. Fort heureusement l'enfant refusera cette révélation et poursuivra son rêve jusqu'en 1961.

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20 déc. 2014

Jeu des 7 ressemblances

Jeu des 7 ressemblances

7 similitudes sont décelables dans ces 2 photos de Marie-Monique Rouquette enfant posant avec le (vrai) Père Noël en 1955 et 1956 ! Saurez-vous les découvrir ?

Vous pouvez nous communiquer vos réponses sur la messagerie de ce blog. Les plus pertinentes seront publiées mais sachez qu'il n'y a rien de plus à gagner qu'une notoriété fragile et provisoire auprès du petit nombre de nos lecteurs !

Joyeux Noël !

 

pères noël

 

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07 déc. 2014

Jacques Tison

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Bruit Blanc

Jacques Tison peint le silence. Comme Morandi. Enfin, c'est ce que je vois, ce que j'entends. Et il y parvient : il réussit tellement bien que le mot BRUIT écrit en lettres noires, installées dans le ciel immaculé d'un paysage infini, même ce mot se tait.

Le silence de Jacques Tison est un grand silence blanc. Il laisse un blanc, des blancs. Les murs du Frigo participent. La moindre prise de courant au bout de sa baguette et leurs ombres portées, le plan incliné du dessous de l'escalier sont autant de pièces que Jacques Tison aurait pu signer.

Les blancs sont des pages blanches, des toiles vierges, des potentiels donc, des promesses.

Mais le silence ne demande qu'à être rompu, le silence permet le son, la musique, le bruit. Le blanc, comme le silence, découpe : Jacques Tison représente. Avec les moyens ordinaires de la représentation, la perspective, le clair obscur, il dessine et peint des objets d'architecture, de grandes plateformes industrielles vues d'oiseau, des supermarchés, des silhouettes d'usines, des châteaux d'eau.

Impeccablement : les surfaces à peindre sont limitées au scotch, le protocole de travail est donc précis, mais il n'y a pas de projet de tromper-notre-œil, c'est de la peinture, c'est juste de la peinture.

D'ailleurs il oppose aux aplats parfaits les traces du pinceau, il conserve les accidents de travail, ici la couleur a franchit le ruban de scotch, ailleurs une erreur de réserve n'a pas été corrigée.

Dans un grand paysage de sommets, la neige recouvre mal le rocher, on le devine en transparence. On est, du coup, frustré de  l'imperfection du manteau blanc que l'on voudrait total. De plus il n'y a personne dans les paysages de Jacques Tison : pas un chat noir dans le blanc, on peut attendre, l'heure de la sortie de l'usine ne vient pas, rien ne bouge aux alentours du supermarché…

On est seul mais fort heureusement, on peut aussi rencontrer le peintre dans ces dérapages, dans ces "manques", reconnus, acceptés.  

 

“A ce qui s'était tout d'abord imposé à moi, l'image première des baraquements d'Auschwitz, le point de vue d'un oiseau sur les camps d'extermination, une deuxième image plus familière mais non moins prégnante s'est progressivement superposée : le séchoir à tabac aperçu tous les jours devant l'atelier. Tout ceci avec le souhait d'abandonner petit à petit le lyrisme tragique, d'alléger le propos pour ne plus garder que le geste de peindre qui, dans le même mouvement, recouvre et révèle.

L'exposition de novembre au Frigo s'intitule "Bruit Blanc" elle parle d'une forme de silence, un cri. "Bruit Blanc", c'est le son obtenu par la saturation des différentes fréquences comme le chuintement des skis dans la poudreuse. Le blanc matérialise l'espace de la toile, il est non peint, abstrait et bidimensionnel. Le sujet, avec ses conventions propres à la représentation, vient se superposer à la surface monochrome, recouvrir quelque chose ; un jeu s'instaure entre les vides et les pleins, le peint et le non-peint, entretenant l'inaccompli. L'iconographie elle-même joue sur le vide, la vacuité : centres commerciaux déserts, abandonnés, friches, silence des cimes…”   Jacques Tison

 

Jusqu'au 20 décembre. Au Frigo / Actal, 9 rue Bonnecambe, ALBI Tél. 05 63 43 25 37

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