10 mars 2015

anniversaire objetsperdus

anniversaire

c'est l'anniversaire (le premier) de

objetsperdus

blog d'humeurs et cabinet de curiosités

(Pascale Drivière a réalisé la religieuse d'anniversaire ci dessus)

 

 

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07 mars 2015

Photocopieur

photographier

Photocopieur !

C'est une belle expo. L'émotion est au rendez-vous. Et j'apprends plein de choses. Je ferais bien quelques photos. Pour fixer l'instant. Pour mémoire. Le travail des autres, ainés célèbres ou collègues inspirés, m'enrichit toujours.

Mais !... Un petit macaron autocollant représentant un appareil photo barré d'une croix rouge et impérative m'indique clairement que les prises de vues ne sont hélas pas autorisées !

Je ne vais pas jouer les paparazzis, je demande poliment, je justifie mon projet, j'explique, j'argumente, je ne vais bien sûr pas “utiliser” les images prises à des fins mercantiles, commerciales, je ne vais pas copier non plus, je sais que ce n'est pas beau de copier !

En même temps je cite quelques grands copieurs de l'histoire de l'Art : Vincent Van Gogh qui “refait” une bonne vingtaine de Millet, Picasso qui “se paye” le déjeuner sur l'herbe de Manet, etc.

Bon, c'est non, ils ne veulent pas !

Ils disent que je peux leur piquer l'“idée” ! Entre nous, je l'ai vue, l'“idée” ! Je n'ai pas besoin de mon Canon pour la retenir ! Je dis bien que c'est pour “consommation personnelle”, pour mon petit musée intérieur, ça ressortira forcément dans mon travail d'une façon ou d'une autre, mais malaxé, digéré, passé au moulin à légumes de mon cerveau ! Ou bien ça ne laissera aucune trace, ce sera oublié.

Et puis, bon, c'est exposé, non ? C'est donné à voir ! Quand j'expose une peinture quelque part je sais bien qu'elle ne m'appartient plus vraiment, elle devient libre, elle quitte l'atelier pour vivre sa vie dans le regard de ceux qui me font le plaisir de la contempler ! Quand je suis de l'autre côté, quand j'expose, j'autorise les photos. Je demande quelques fois à quel usage sont destinés les clichés mais j'autorise. Quitte à faire valoir mon droit réservé de reproduction en cas d'abus.

Bon, c'est non, ils ne veulent pas.

Je passe la vitesse supérieure, je déballe mes boîtes de cirage, je dis que finalement c'est plutôt flatteur d'être pris en photo par un admirateur, d'être publié sur un blog perso visité par des milliers d'internautes, je dis que ne manquerais pas de citer le nom de “l'artisse”, que ça va lui faire une belle pub ! Je vais même jusqu'à expliquer que le pillage, voire même le vol, sont de véritables actes d'amour et d'admiration !

Bon, c'est non, ils ne veulent pas !

Et les textes ! Que disent les textes ?

Ils disent, en gros, que le responsable de l’entrée des personnes dans un lieu ouvert au public et/ou le propriétaire (privé ou organisme public) de ce lieu peut restreindre ou interdire le droit d’y photographier. Ces restrictions ou interdictions sont tout à fait légales et peuvent se justifier pour des raisons diverses : tranquillité d’un spectacle, respect des personnes, protection d’œuvres d’art (exemple : interdiction d’utiliser le flash dans un musée), etc.

D'autre part, le ministère de la Culture et de la Communication publie une charte des bonnes pratiques photographiques dans les musées et les monuments nationaux, qui décline en 5 articles les engagements réciproques entre les établissements et les visiteurs-photographes.

Bon là, c'est non, ils ne veulent pas !

Et si j'achète le tableau, j'aurais le droit de le photographier ?

Je pourrais en faire ce que je veux ? Je pourrais le découper, le brûler ?

Bon, là je vais trop loin ! Ma question pose question !

Je renonce. Apparemment ! Et, faux-cul, je révise mon “il est interdit d'interdire” et je déclenche discrètement, à la volée. Je vole une image !

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25 févr. 2015

Floréal Roméro

Floréal

Rencontre

Il faut descendre. Cap au sud ! Descendre déjà jusqu'au bout de l'Espagne. Contourner Madrid, traverser les vastes plaines de la Mancha et au fond de l'Andalousie, freiner juste à temps pour ne pas se heurter aux remparts de Malaga. Et enfin quitter la route et descendre par une piste bossue et pentue surplombant des ravins d'oliviers rangés comme des fantassins à l'appel, qui se tordent de rire et lèvent les branches au ciel en signe de bienvenue ! Un panneau ironique propose de limiter sa vitesse à 40km/h ! On descend le chemin vers la Finca des Arenalejos, vers le vert intense des vergers d'avocatiers, d'orangers et de chérimoliers. L'eau descend avec nous, les chiens gardent les précieux canaux et les réserves.

Ceux qui vivent là ont jeté la clef !

L'homme est toujours très légèrement penché vers l'avant, vers nous, les mains mobiles et ouvertes, le sourire bien accroché. La voix claire, trainant un reste d'accent savoyard, des yeux de gamin dissipé, il nous regarde, il écoute, rare ! Ses mots à lui sont simples, spontanés, il connaît son sujet, il parle de l'anarchie et il prononce le mot avec gourmandise ! Ses parents l'ont trempé dans le bouillon libertaire dès sa venue au pire des mondes, son prénom choisi dans le calendrier républicain de 1792 en témoigne. Il parle d'un anarchisme écologiste en découpant une orange douce avec son canif. Il décrit sans romantisme un monde nouveau, il évoque les moyens patients d'y parvenir, en “doublure” du système capitalisme actuel, pour au bout du compte le remplacer.

Floréal Roméro présente Murray Bookchin*, militant et essayiste écologiste libertaire (1921-2006) et pense comme lui que l'homme peut apprendre à correctement gérer la planète dès lors qu'il cessera d'exploiter son prochain. Bookchin imagine pour cela la création de communautés vivables parce que réduites, capables d'une gestion des affaires publiques à échelle humaine, il parle de municipalisme libertaire, de communes. Il dit aussi : “il faut choisir, se reposer ou être libre !”

Et Floréal Roméro ne se repose pas ! Entre déplorer ou agir, il choisit : il taille ses orangers, cueille ses avocats, sert des galettes bretonnes, écrit des livres et prépare un lendemain : pour répondre à la question (que je ne manque pas de poser chaque fois que se termine une soirée refaire-le-monde) : “quand est-ce qu'on commence ?” il lance un appel, il propose une réunion internationale, rien de moins ! On peut lire son appel sur “populaction.com” ou “puissance-plume” (entre autres) 

*Avec Vincent Gerber, Floral M.Roméro publie : “Murray Bookchin, pour une écologie sociale et radicale”

Collection “les précurseurs de la décroissance” chez “ le passager clandestin” éditeur

 Il devrait venir présenter le livre prochainement par ici.

 

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15 févr. 2015

Ma bohème

mjc

 

Ma bohème 

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud

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06 févr. 2015

Agir ou déplorer

agir ou déplorer

Agir ou déplorer ?

Il y a des milliers de gens qui par principe s’opposent à l’esclavage et à la guerre mais qui en pratique ne font rien pour y mettre un terme; qui se proclamant héritiers de Washington ou de Franklin, restent plantés les mains dans les poches à dire qu’ils ne savent que faire et ne font rien ; qui même subordonnent la question de la liberté à celle du libre échange et lisent, après dîner, les nouvelles de la guerre du Mexique avec la même placidité que les cours de la Bourse et peut-être, s’endorment sur les deux. Quel est le cours d’un honnête homme et d’un patriote aujourd’hui ? On tergiverse, on déplore et quelquefois on pétitionne, mais on n’entreprend rien de sérieux ni d’effectif. On attend, avec bienveillance, que d’autres remédient au mal, afin de n’avoir plus à le déplorer. Tout au plus, offre-t-on un vote bon marché, un maigre encouragement, un “Dieu vous assiste” à la justice quand elle passe. Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux.

La Désobéissance civile (1849) - Henry David Thoreau

Actuel, non ? L'intégrale du texte ici !

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31 janv. 2015

art contemporain Cynnhorodon-Faldac

Et si on reparlait d'art contemporain !

art contemporain

 

Allons faire un tour sur Cynnhorodon-Faldac, blog de réflexion et de défense de l'Art dit contemporain, dans lequel Louis Doucet sème ses baies rouges et irritantes et met régulièrement de l'ordre et du discernement dans nos pensées, en tous cas dans les miennes ! Quel bonheur de les voir ainsi formulées aussi clairement et justement !

Extrait de “Démagogie et populisme” février 2015  :

 Le comique de cette triste situation est que ces mêmes personnes s’approprient, sans vergogne, des postures revendiquées notamment par Duchamp et Beuys, artistes dont ils vouent les œuvres aux gémonies et sur lesquels ils vomissent leur haine, leurs invectives et leurs insultes, sans d’ailleurs connaître leur travail ni surtout proposer d’alternative viable. Le brûlot périodique de Nicole Estérolle est un exemple patent de ce type d’attitude. Le discours qui y est développé est, en bien des points, comparable à celui qui stigmatisait, en des temps de triste mémoire, l’entarte Kunst. On y lit, en filigrane, des fragments des (non-)programmes culturels fétides des municipalités récemment conquises par le FN. Sa démarche a toutes les caractéristiques de celles des partis populistes, de droite ou de gauche, désignant les intellectuels – les « élites », dans leur terminologie – à la vindicte populaire, entretenant les frustrations d’artistes en mal de reconnaissance, s’appuyant sur une inculture plastique et esthétique volontairement entretenue par l’État, maniant les approximations et les raccourcis hâtifs, déformant l’information, focalisant sur des détails de peu d’importance, généralisant et caricaturant sur la base de données erronées… Toutes méthodes éprouvées par les régimes dictatoriaux. On peut y déceler les frustrations et la jalousie d’artistes blessés de ne pas être reconnus et qui, au lieu d’en rechercher les racines dans leur propre travail, tentent d’en attribuer les causes aux autres. C’est tellement plus facile que se remettre en cause…”

La suite sur Cynnhorodon-Faldac !

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25 janv. 2015

Chroniques jardinières

chroniques jardinières

Chroniques jardinières

Allées et venues

 

- Dites-moi, ce sont...

- Ce sont ?

- Ce sont de mauvaises herbes !...

- Quelques graminacées, tout au plus, rien de bien méchant…

- Tout de même… Ce sont de mauvaises herbes…Et cultivées, en plus ! Vous cultivez des mauvaises herbes !

- Oui…

- C'est interdit ! Si vous vous faites pincer, vous allez vous retrouver en cabane !

- Vous savez, avant, je les arrachais, je faisais comme tout le monde, je sarclais, je binais…

Et puis un jour, je suis tombé sur une mauvaise graine…

- Dans un sachet de contrebande !

- Que j'avais acheté au marché noir ! Oui, c'est ça ! Un passager clandestin !

- Qui vous a demandé une terre d'asile !

- Je ne pouvais quand même pas le dénoncer ! Et voilà le résultat !

- Je vais vous faire une confidence… Un jour, moi aussi, j'ai recueilli un chiendent perdu…

- Non !

- Si ! Et j'ai aussi un carré… d'herbes…

- Des mauvaises ?

- Oui ! De la sarclure !

- De l'ivraie !

- Oui, c'est ça ! Des exclues, des sans-papiers, que tout le monde repousse !

- Et qui repoussent !

- Menacées du désherbant !

- C'est vrai que ce sont des herbes folles !

- Mais ce n'est pas une raison !

- Non ! Ce n'est pas une raison pour nous les couper sous le pied !

- Sous prétexte que leurs binettes ne nous reviennent pas !

- Bon, c'est vrai qu'elles sont quelque peu envahissantes !

- Oui, mais c'est tellement bien un carré d'herbes…

- Oui, c'est bien, pour marcher dans l'herbe !

- Et pour les déjeuners sur l'herbe ! Mais dites-moi, vos légumes… ils ne sont pas au courant ?

- Certainement pas ! Ils le prendraient très mal !

- Sûrement ! Les légumes sont racistes pour la plupart !

- Ils supportent mal que l'on piétine leurs plates bandes !

- Ils sont un peu terre à terre, c'est vrai !

- Moi-même, j'ai eu beaucoup de mal à leur faire admettre la cohabitation avec certaines variétés exotiques. Les pois surtout ! Ceux là, ils n'en foutent pas une rame et ils sont toujours à critiquer !

- Le chou est raciste !

- Parce qu'il est bête, en fait ! Le topinambour, aussi !

- Oh ! Oui ! Le topinambour est resté très pétainiste !

- Et le brocoli !

- Alors là, c'est un comble, le brocoli, il ne parle même pas français, le brocoli !

- Et les radis ! Mes radis roses ne supportent pas les noirs !

- Vous faites comme moi, je suppose ?

- Que voulez-vous dire ?

- Vos mauvaises herbes, pour ne pas être repéré, vous les cultivez…

- Dans mon jardin secret, bien sûr !

 

 

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12 janv. 2015

Charlie Va falloir

Charlie

Va falloir…

Du verbe falloir, impersonnel, exemples : va falloir, ce qu'il faut, faudrait pas que…

Et maintenant ? Va falloir…

Proposition n°1 : va falloir… apprendre à dessiner !

On peut apprendre à dessiner.

On peut apprendre à dessiner comme on peut apprendre à lire et à écrire.

On n'a même pas besoin d'apprendre en fait !

Tout le monde sait dessiner.

Plus ou moins bien, mais tout le monde sait.

Bien ou mal ça n'a pas d'importance : regardez Reiser ou Wolinski, ils dessinaient comme des cochons, et pourtant…

Tout le monde sait dessiner.

Quelques uns savent depuis toujours qu'ils savent, les autres croient toujours qu'ils ne savent pas et que les premiers sont doués, ils se trompent !

L'important est de dessiner.

Tout...

Tout ce qui te passe par la fenêtre (Lise Deharme)

Pour faire un dessin, il faut :

Du papier : on peut dessiner sur n'importe quoi, sur les murs, dans la neige ou le sable mouillé à marée basse, dans le creux de sa main, sur les vitres embuées, dans sa tête… Mais le papier est tout de même le support le plus utilisé.

Ne pas oublier qu'une page blanche c'est un silence, un qui-ne-dit-mot, mais c'est un possible, une proposition, une invitation, un espace à crayonner d'urgence, une liberté !

Un crayon : un stylo, un porte-plume, un feutre ou un simple crayon (ils sont tous “à papier”) bien aiguisé, pointu, cabu.

Attention ! Un crayon n'est pas un simple outil d'écriture pour rédiger une liste de commissions, c'est un puissant levier qui peut soulever bien des interrogations, un crayon chargé peut faire (une) mouche !

La gomme n'est pas utile, c'est un outil de correction, d'autocensure, aujourd'hui il faudrait s'en méfier, ne pas s'effacer…

Mais peut-on s'accorder le droit de dessiner n'importe quoi,  n'importe qui ? Et si, au non de la liberté d'expression, on doit l'accorder à tous, serons-nous ensuite assez libres pour dire à certains que l'on n'aime pas leurs dessins mais qu'ils ont le droit de salir ainsi des pages blanches et de les publier ?

Un dessin c'est un poème, un livre, une bibliothèque, un voyage, une arme, un abîme, une perspective, un pays, un dessein.

Un dessin peut faire rire, sourire, souffrir, mourir. Un dessin peut faire peur, inverser le sens de rotation des aiguilles des montres ou celui de la planète, changer la vie.

Prévert dit que si le dessin est réussi, l'oiseau doit chanter.

Il dit aussi qu'il faut signer.

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08 janv. 2015

Charlie

charlie1178

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02 janv. 2015

voeux 2015

voeux15

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