08 août 2014

Bissière, le passeur+Louttre

Bissière

 

Bissière, le passeur

J'ai vraiment connu le travail de Roger Bissière à l'expo de la Maison des Arts de Cajarc en 1990. Mes modestes recherches abstraites de cette époque étaient mystérieusement en concordance avec ses peintures, alors que je ne le connaissais pas, ou bien mal en tous cas, que je ne pensais pas à lui à ce moment là. Je me reconnaissais pourtant sous son influence !

Enrichi de la vue des Bissière de Cajarc, j'ai continué mon voyage non figuratif  d'îles en îles en faisant d'infinies découvertes. Bissière a été pour moi, pendant ces traversées, un passeur attentif.

Plus tard, mon amie lotoise Clémentine m'organisa d'abord une ballade autour de la maison de Bissière à Boissiérette, à Marminiac (énormes blocs de pierre taillés dans les bois environnants, pierres levées comme à Carnac, temple de l'amour aux fresques roses, reste de champs de girouettes…) et une exposition non loin de là, à Montcuq.

Un Bissière était toujours propriétaire de la maison, son nom était inscrit sur la boîte aux lettres : M.A.Bissière. Je l'ai invité par l'envoi d'une enveloppe peinte au vernissage de mon expo à Montcuq. Il n'est pas venu. Mais il m'a répondu par retour du courrier, il n'était pas disponible mais il m'invitait à son tour à Boissièrette !

C'était Louttre B. doux géant au physique d'acteur américain, qui me fit visiter pièces par pièce la maison de son père et tous les recoins de son jardin. Trop intimidé pour lui poser les bonnes questions, je respirais néanmoins ce jour là le plus lentement possible avec une application toute particulière pour ne jamais oublier ce moment !

Louttre me parraina en 94 et 95 pour accrocher à Réalités Nouvelles.

 

Un grand choix de tableaux de Roger Bissière sont installés au Musée de Lodève jusqu'au 2 novembre 2014.

L'expo se nomme "figure à part".

 

Bissière2

 Bissière à écrit :

Je ne vais pas dans un musée ou une exposition pour voir des tableaux mais pour y rencontrer des hommes. Mais qu'ils sont rares les hommes.

On rencontre plutôt des prestidigitateurs, si élégants, si aisés… Ils n'ont rien dans les mains, rien dans les poches et ils le réussissent à chaque fois, leur tour.

Chacun son goût.

Moi j'aime mieux ceux qui le ratent parfois. Ceux qui ne font pas toujours le même.

Qui en essayent chaque jour un autre, inconnu, dangereux, au risque de se casser les reins. Ceux qui ne peuvent apercevoir une porte sans avoir envie de regarder derrière, même si derrière il y a des pièges à loup.

Il y aura toujours une place dans mon cœur pour ces œuvres pas tout à fait abouties, oscillantes, mais où je sens passer un instant quelque chose qui me fait penser à un ami.

La perfection, oui, c'est très bien. Mais ça me fait peur.

C'est comme le paradis, rien de plus effrayant.

 Bissière/T'en fais pas la Marie/écrits sur la peinture 1945-1964/Le temps qu'il fait/éditeur

Posté par artpieton à 20:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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