07 janv. 2020

 

Musique nouvelle !

 

Le droit d’exposition des artistes plasticiens prend enfin forme !

 

Le ministère de la Culture a établi un barème minimum de rémunération à verser aux artistes dont les œuvres sont présentées publiquement !

Réclamée depuis longtemps par les artistes, la rémunération au titre du « droit d’exposition » est maintenant encadrée par un texte de la direction générale de la Création artistique du ministère de la Culture. Ce texte est issu d’un groupe de travail dont la réflexion a abouti à des recommandations inédites de rémunération par type d’exposition qui « peuvent être mises en œuvre aussi bien par l’État, ses opérateurs et ses labels que par les collectivités territoriales », selon le ministère de la Culture.

Ce sont des recommandations ; il s’agit en effet moins d’imposer que de responsabiliser les organisateurs d’exposition !

1 000 euros minimum pour une exposition monographique quelle que soit sa durée et quel que soit le nombre d’œuvres !

« C’est un seuil de rémunération volontairement très bas qui a été adopté car il ne faudrait pas que ces recommandations aient pour effet une baisse du nombre d’expositions, surtout dans une période d’économie contrainte », prévient la Rue de Valois..

Dans le cadre d’une exposition collective, le minimum de rémunération a été fixé à 100 euros pour tout artiste dont une œuvre au moins est présentée, et ce quelle que soit sa durée. Si l’exposition collective présente moins de dix artistes, un montant global de 1 000 euros par exposition devra être divisé par le nombre d’artistes. Si l’exposition présente plus de dix artistes, un minimum de rémunération de 100 euros par artiste sera appliqué.Un guide et des modèles de contrat devraient par ailleurs être établis pour faciliter l’application de ce barème par les collectivités territoriales ou les opérateurs privés.

 

L'intégralité de l'article de Christine Coste est ici.

 

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Après avoir confié à l’URSSAF Limousin ( ! ) ( sans aucune forme de procès ) la gestion de nos contributions et qui nous demande d'entrée une cotisation unique de 975 € quelques soient nos revenus de 2019, substantiels pour certains, négatifs pour la plupart, le Ministre de la Culture nous livre t'il une bonne nouvelle ? Les artistes plasticiens n'auront-ils désormais plus rien à envier à leurs collègues musiciens ? Vont-ils peindre en concert sous les applaudissements, vendre à la sortie du spectacle leurs CD bourrés de reproductions, toucher un royal cachet et bénéficier du merveilleux statut de l'intermittence ? J'en doute encore mais n’empêche, je me dis qu'avec cette annonce de notre ministère une musique nouvelle devrait être entendue les soirs de vernissage, un doux vibrato des cimaises ! On va peut-être pouvoir exiger, à défaut du cachet annoncé, qu'il ne nous coûte rien d'accrocher nos œuvres aux murs des quelques petites structures qui elles aussi gagnent par là à être connues !

 

 

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25 mai 2014

Plasticien : gagner à “être connu”

palettes

Plasticien : gagner à “être connu”…

 Et vous faites quoi, dans la vie ?

Des dessins, de la peinture.

Ah ! C'est bien ! Mais je veux dire, vous faites quoi comme métier ?

Des dessins, de la peinture. Je suis plasticien. C'est un métier.

Ah, d'accord…

 

Je suis plasticien.

Nous sommes plasticiens ! (nous étions officiellement en France 48536 en 2009)

Nous nous occupons d'arts plastiques : le mot plasticien le dit. Nous ne sommes pas seulement peintres ou sculpteurs, nous sommes de moins en moins spécialisés, alors on nous a inventé un nom plus générique, nous utilisons divers techniques et aujourd'hui d'autres disciplines nous sont familières (photo, vidéo, mise en scène, écriture, etc.)

Nous exposons nos travaux dans des galeries, des musées, des centres d'art et autres structures dans lesquelles tout le monde n'entre pas. Ce mode de “consommation” de l'œuvre d'art ne nous satisfait pas toujours et nous cherchons à en inventer d'autres.

Nous avons quelquefois un peu de mal avec le mot artiste qui nous installe encore trop souvent aux yeux du public à plusieurs centimètres au dessus du sol ! Nous sentons bien qu'une partie de la société dans laquelle nous vivons n'est pas toujours convaincu de notre utilité !

Aux yeux de certaines personnes nous avons choisi notre activité et nous en retirons principalement du plaisir. Il nous est difficile de faire admettre à ceux là, qui associent à la notion de travail celle d'effort, intellectuel ou physique, de sueur, voire de souffrance, que nous sommes des “ouvriers” ordinaires !

Nous sommes dits amateurs ou professionnels. Les deux termes sont ambigus ! Nous parlons de métier quand notre activité occupe l'essentiel de notre temps et de nos pensées, quand elle est pour nous une attitude, une façon de se définir. Nous parlons alors de désir, d'investissement et de nécessité.

Il faut ajouter que, pour la plupart, nous travaillons en solitaire, que nous nous rencontrons peu, mal, et toujours à l'intérieur de nombreuses “chapelles” de pensées différentes !

Dans tous les cas, que nous soyons amateurs ou professionnels,

nous avons de nombreux devoirs et quelques droits !

Nous avons tout d'abord le devoir de nous mettre en conformité avec les lois sociales et fiscales de notre société et donc de déclarer notre activité et les revenus que nous en retirons et cela dès le premier euro perçu !

(si nous sommes par exemple retraités ou peintres du dimanche, si nous taisons nos plus petites ventes, bien qu'utilisant une large palette de couleurs, nous sommes des travailleurs au noir !)

(la Maison des Artistes, créée en 1952, qui est tout d'abord une association de solidarité et d'entraide des plasticiens, est agréée par l'État pour gérer nos assurances sociales depuis la loi Malraux de 1964)

Comme n'importe quel auteur nous avons aussi des droits… d'auteur !

Nul ne peut s'emparer de nos productions pour les reproduire ou les copier par tous moyens existants (photo, impression, moulage, film, etc.) sans avoir obtenu notre autorisation. Et nous sommes alors en droit d'exiger une rémunération en contre partie.

Lorsque nous exposons notre travail, dans un lieu privé ou une institution publique, nous pouvons obtenir le paiement d'un droit de présentation !

(ou droit d'exposition, ex-droit de “monstration”) 

En effet le lieu qui nous accueille ne peut pas prétendre le faire par philanthropie pure ! Il en tire forcément une “publicité”, un bénéfice plus ou moins “immatériel” ! Nous sommes en droit de demander  à partager ce bénéfice !

Mais la plupart du temps nous payons pour exposer, nous louons les cimaises, nous participons aux frais, nous réglons ceux de dossier et au final nous gagnons à “être connus” ! Et si nous osons réclamer ce que la loi nous permet, il est probable que nous ne serons pas accrochés !

Pourtant si nous en exigeons systématiquement le règlement* on peut bien imaginer que dans un avenir proche toutes les structures d'exposition intègreront dans leurs budgets le paiement de ce droit de représentation. Le principe d'un cachet est depuis longtemps admis  pour les artistes du spectacle vivant.

* En priorité dans les lieux où la vente de nos œuvres n'est pas autorisée et qui quelque fois font payer au public un billet d'entrée !

Et,  cerise sur le tableau ! Nous pouvons aussi bénéficier du droit de suite !

Chaque fois qu'une œuvre que nous avons vendue est revendue, puis revendue et encore revendue, à condition que le vendeur soit chaque fois un professionnel du marché de l'art (galeriste, antiquaire, encadreur, etc.) nous devrions percevoir un pourcentage du montant de la vente !

(il existe cependant pas mal de possibilités pour ce vendeur pour s'exonérer de cette taxe !)

 Pour conclure, une définition de l'artiste parmi tant d'autres:

"Que croyez-vous que soit un artiste? Un imbécile qui n'a que des yeux s'il est peintre, des oreilles s'il est musicien, ou une lyre à tous les étages du cœur s'il est poète, ou même, s'il est boxeur, seulement des muscles ? Bien au contraire, il est en même temps un être politique, constamment en éveil devant les déchirants, ardents ou doux évènements du monde, se façonnant de toute pièce à leur image. Comment serait-il possible de se désintéresser des autres hommes et, en vertu de quelle nonchalance ivoirine, de se détacher d'une vie qu'ils vous apportent si copieusement ? Non, la peinture n'est pas faite pour décorer les appartements. C'est un instrument de guerre offensif et défensif contre l'ennemi."     

Pablo Picasso.

Posté par artpieton à 17:10 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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