Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Jacques Trouvé/objets perdus
Publicité
15 février 2015

Ma bohème

mjc

Ma bohème 

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud

Publicité
24 novembre 2014

Il n'y a pas de sots métiers

colleur de têtes

Colleur de têtes

Réducteur de prisons

Visiteur de troubles

Fauteur de grèves

Briseur de carreaux

Laveur de torts

Redresseur de sabres

Avaleur de chemins de fer

Indicateur de faux

Aiguiseur de dents

Arracheur de réverbères

Allumeur de bibliothèques

Conservateur de charme

Chanteur de journaux

Crieur d’enfants

Jardinière de tigres

Dompteur de chaises

Rempailleur de nuits

Veilleur de chiens

Dresseur de pierres

Tailleur de sorts

Jeteur de tramways

Conducteur de mégots

Ramasseur de cathédrales

Bâtisseur d’ours

Montreur d’or

Chercheur de feu

Cracheur d’images

Chasseur de claquettes

Danseur de couteaux

Lanceur de verres

Souffleur de mensonges

Détecteur de foires

Lutteur de faïence

Raccommodeur de consciences

Objecteur de cloches

Sonneur d’affiches

Il n'y a pas de sots métiers !

5 octobre 2014

Ma préhistoire

dessin

Ma préhistoire

Toujours à propos de dessin

Je ne me souviens pas de ma préhistoire. J'ai oublié les deux grands étonnements de ma petite enfance :

Le premier : la trace que laisse sur le papier le crayon que l'on y déplace.

Le second : que ce gribouillage circulaire ponctué de deux frappes de crayon peut figurer (c'est le bon mot) un visage, un premier bonhomme !

J'ai oublié, comme l'humanité a oublié ces deux grands étonnements fondateurs de l'art, la trace du tison refroidit sur les parois de la grotte et la représentation du premier bison !

J'aime à penser que ce sont des enfants qui ont inventé le dessin et que le premier bison était un bonhomme !

Je ne me souviens pas de ces instants mais la fascination pour le dessin demeure comme celle que l'on peut éprouver devant le fleuve qui passe, le feu qui dévore, la nature, le paysage, le coucher du soleil, l'orage, les animaux, la nudité … toutes fascinations pour moi héritées de notre préhistoire.

Je ne me souviens pas non plus avoir appris à dessiner.

On me dit quelques fois que je suis doué ! Choisi parmi tous par les dieux ? Mais pour moi, les dieux n'existent pas, c'est juste une invention des hommes pour avoir moins peur, je sais bien que je n'ai pas de don, juste une différence de perception, un regard particulier sur l'espace et les couleurs, les matières, les pleins et les vides, l'horizontale, la verticale, le mouvement, le soleil et les ombres.

Je me souviens que mon colocataire de banc d'école, lui, annonçait ne pas savoir dessiner ! La grande majorité de mes camarades me nommait “toi qui sait dessiner”, je sus alors que je savais ! Je me gardais bien de leur dire qu'ils pouvaient en faire autant. Je devins donc un roi dans ce domaine, je me coiffais d'une couronne de papier, pris un fusain en guise de sceptre.  Je devins artiste !

Les parents affichèrent dès lors une incompréhension bienveillante et m'invitèrent à ne pas oublier l'importance de l'orthographe, de la grammaire et de l'arithmétique. L'Instruction Publique de la République confirmât et le Maître reléguât le dessin (libre disait-il !) au dernier créneau de la semaine, le vendredi de 16h à 17h. L'Histoire (de France) qu'il professait était celle des militaires et des batailles ou des grandes inventions. Celles de l'Impressionnisme ou du Cubisme n'en faisaient nullement partie.

 Mais je persistais et recouvre depuis ma culpabilité de mes dessins quotidiens.

12 septembre 2014

Sivens S'engager

Sivens

S'engager

 On déboise la forêt pour construire un barrage et on assassine tous les habitants de l'herbe, de l'eau et des arbres à Sivens dans le Tarn pour satisfaire les besoins en eau d'une poignée de maïsiculteurs et les ambitions du Président du Conseil Général du département.

La ZAD de Sivens (Zone d'Aménagement Différé) a été rebaptisée ici (comme à Notre-Dame-des-Landes) ZAD (Zone À Défendre) par les militants qui tentent par divers moyens d'empêcher le massacre.

Ce sont des jeunes filles, des jeunes gars, de l'âge de mes gamins, ils ont tous les courages, ils vont au contact des gardes mobiles pour protéger leurs copains, ils sont gazés, ils prennent des coups violents, ils ne reculent pas, ils opposent leurs corps à l'avancée des machines de déboisement, ils s'enterrent sur leur passage, ils s'installent des jours et des nuits entières dans les arbres au risque de s'abattre avec eux.

D'autres, qui ont mon âge, ont cessé de s'alimenter depuis plus de 15 jours maintenant.

C'est un vrai combat, une belle et bonne cause à mes yeux.

Ils m'appellent, ils nous appellent, ils me demandent de faire du nombre, de résister, d'empêcher.

Ils ne me culpabilisent pas en même temps, ils disent que chacun peut faire ce qu'il peut, selon ses moyens.

J'avais l'alibi des kilomètres pour Notre-Dame-des-Landes et d'autres combats. Mon petit coin de Tarn était jusque là calme et protégé, ou bien mes oreilles en panne, les revendications de Sivens datent de plusieurs années.

Sivens, c'est à deux pas. Les franchir pour un pique-nique citoyen un dimanche de soleil, gardes mobiles et machines-dinosaures absents, retrouver des amis, une famille de convictions, se compter, signer les pétitions et rentrer chez soi, c'est facile. Le lundi matin les engins reviennent et leurs escortes de GIGN et de polices spéciales et avec eux la violence. Je n'y suis pas. Les excuses que je me fournis avancent une arthrose au genou, un ou plusieurs "trucs" à faire, un rendez-vous important, etc.

Bon, quand même, j'écris sur ce blog, je diffuse les infos. Pas si mal. Je sauve un ou deux brin d'herbe…

Le massacre de la forêt de Sivens et la répression si violente et si incroyable qui s'y installe est donc pour moi l'occasion de me poser pas mal de questions :

Je me demande un peu ce qu'il reste de mes vingt ans fêtés en 1968, de mes rêves libertaires ? Quels furent mon engagement et ma résistance cette année là ? Et depuis ? Je me dis fier de n'avoir pas mis les doigts dans les engrenages du système en choisissant de "faire l'artiste". Ce fut peut être une manière de résistance. Ce fut peut-être une fuite, etc…

C'est surtout l'occasion de me demander ce dont je vais être capable/incapable de faire pour résister (prochainement?) à un futur pouvoir démocratiquement élu par une majorité de mes voisins !

 

Pour en savoir plus :

https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

http://www.collectif-testet.org/index.php

https://www.youtube.com/watch?v=92_TeKgVQEE

 

 

 

18 mai 2014

DesCollages

DesCollages

Exposition au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Cordes

Du 17 mai au 25 juin 2014

C'est, au départ, une bonne idée de Françoise Berthelot : réunir autour du mot “collage” (et d'une table !) moins d'une dizaine de ses amis peintres. Certains se connaissent, d'autres pas.

Enfermer des artistes dans une cage, aussi dorée soit-elle, comporte des risques ! Vont-ils adhérer ? Des questions se posent rapidement : collage ? Coller ? Qu'est-ce que ça veut dire ? De la colle et du papier ? À plat ? Peut-on sortir du plan ? Envisager, au-delà du collage, des assemblages ? D'autres manières de lier ?

Pas question de contraindre les huit par une règle du jeu trop serrée ! La liberté étant octroyée chacun dans son coin fait chauffer sa glu et expérimente de secrètes recettes ! C'est facile pour quelques uns pour qui la technique du collage est habituelle, moins pour d'autres. Mais pour tous les plasticiens coller est une attitude connue, leur démarche se réfère la plupart du temps à cette pensée.

Le résultat est, hormis une belle expo en septembre 2013 dans l'atelier galerie de Françoise Berthelot à Cahuzac sur Vère, la naissance d'un possible collectif. Des rapports, des amitiés naissent. On s'invite, on se visite et quand les solitaires que sont les plasticiens se regroupent de beaux projets s'avancent ! À suivre !

Françoise Berthelot

Françoise Berthelot colle !

Elle regroupe, confronte les papiers, les bois, les os, le noir, le blanc et les couleurs. Et, c'est sa nature profonde, elle rassemble, elle assemble à l'aide d'une colle dont nous ignorons la formule aussi bien les matériaux que ses amis !

Elle montre ici des collages de papiers déchirés, des transparences de soie sur des bases noires que la presse à gravure transforme en cuirs patinés. J'ai remarqué aussi deux triptyques très “peints” !

Les compositions de Françoise Herman sont faites de divers matériaux, riches en matières. Elles appellent au toucher et semblent avoir subi les oxydations, en précieuses couleurs rouille et vert-de-gris, de lointains naufrages.

Élisabeth Poiret installe sur des formats carrés immaculés de noires empreintes, comme traces de dérapage dans la neige, estampes compliquées de collages de papiers translucides. Elle intervient aussi sur de vieux zincs, restes de gouttières oxydées qui racontent l'histoire de la pluie.

Annie Baratz avait donné chez Françoise Berthelot des compositions de papiers déchirés. Ici ses grands formats se confrontent à ceux d'Alain Ballereau. Leurs techniques, simples en apparence, sont assez proches et consistent à installer des bandes de kraft peintes ou vierges pour créer le paysage.

Annie, encadre, “finit” alors que Alain Ballereau laisse la liberté au papier. Il montre deux grands formats qui me touchent beaucoup ! (voir article du 10 mars 2014 /Alain Ballereau et lien vers son site)

Franck Poulain installera ses peintures récentes chez nous à Villeneuve du 6 au 22 juin. Ce sera pour moi l'occasion de dire tout le bien que je pense de son travail. Ici il propose une série ou l'adjonction de tissus collés me semble pure honneteté à accepter la règle du jeu proposée. Sa peinture n'est cependant pas desservie mais elle n'en a pas besoin.

Pour ma part, j'ai joint à mes photos de Brassaï montrant Matisse et son modèle, déchirées en miettes et recollées avec un évident manque d'application, deux simples dessins sur carton copiés sur le même modèle.

J'ai gardé pour le dessert les papiers de Florence Prêleur et  les textiles de Pascale Drivière installées ensemble dans l'intimité de la petite salle du Musée. Ces deux là ont en commun, à mes yeux, d'avoir installé aux murs divers éléments sauvés, petites choses privées mises de côté en attendant, retirées d'un projet, mises en quarantaine, sans pour autant être exclues et conduites à la poubelle et qui donc s'avèrent très “chargées”.

Un faon cherche désespérément son chemin parmi les dessins d'enfants et les papiers peints fleuris des collages de Florence Prêleur. Pascale Drivière, toujours dans une poésie intérieure, installe des objets de mémoire sur fonds délavés de chiffons de peintre. Son livre textile, recueil de broderies qui n'avaient pas trouvé leur place, ne fait aucun bruit quand on le feuillette.

Publicité
18 avril 2014

Art brut Montauban

brutpetite

Regards Éblouis

À propos de l'exposition d'Art brut de Montauban

Il est le premier.

Il a remarqué que le bout de bois brulé, le tison refroidit laisse du noir sur ses mains et une trace sur les parois de la grotte.

Au début, il n'en fait rien, il expérimente : il fait des traits, des longs, des courts, un trait vertical, debout, un trait horizontal, couché, mort.

S'il heurte le mur de la pointe du pieu, cela fait des points. Le mouvement du bras partant de l'épaule, celui de la main autour du poignet laissent de cercles.

Un peu plus tard, il remarque, le premier, ou alors un voisin passant par là, que deux points dans un cercle font un regard, une tête comme la sienne !

Dés lors il n'aura de cesse d'utiliser cette magie !

Il apprend tout seul. Avant lui, il n'y a rien, il doit tout inventer, il n'y a pas de modèles, il n'y a personne à copier.

Il n'a pas de projets, la magie ne lui confère aucun pouvoir, il fait ça, laisser du noir sur les murs ou des sillons sur le sable mouillé que la mer effacera, parce que c'est fascinant, comme contempler le feu, le fleuve qui passe, le soleil qui se couche derrière le paysage, l'orage, les animaux, la nudité…

Ça ne sert à rien mais il le fait. Les autres regardent. Il s'invente des histoires et il met des couleurs dessus. C'est plus fort que lui, ça fait le monde plus beau et moins peur, pour lui et pour tous les autres qui regardent.

Il est le premier, il est vierge de toutes influences, d'ailleurs il n'est pas influençable, il est nu, brut. Il appartient à l'enfance de l'humanité mais il n'est pas un enfant. Il n'est pas naïf, il sait sur les choses autant que vous et moi.

 

Il dessine, il peint toujours, comme ça pour rien, ou quand le monde est trop grand et trop peur.

 

Ils sont nombreux maintenant. Du groupe des regardeurs quelques uns ont essayé à leur tour. Et malgré les milliers d'années écoulées, ils sont toujours nus, vierges, premiers, bruts. Rien ni personne ne les influence, ne les détourne de leurs histoires avec des couleurs dessus.

Ils sont de plus en plus connus aujourd'hui, re-connus. On les expose, on écrit sur leurs tableaux, leurs tableaux se vendent ! Et même ils influencent alors on les imite !

On les traite de tous les noms* : bruts, singuliers, outsiders, en marge, hors les normes, crus !

Les plus purs s'en moquent comme de leurs premiers tisons !

*Alain Pauzié les nomme “artbrutistes”

“Regards Éblouis” Rencontres d'Art 2014 au Musée Ingres-Bourdelle à Montauban

du 17 avril au 16 juin 2014

27 mars 2014

La petite Galerie d'Art piéton

La petite Galerie d'Art piéton

était un cadre vitrine de  largeur 48cm x hauteur 56cm x profondeur 4,5cm.

“C’est pas grand, non, mais y’a d’la place” Jacques Brel (le Gaz)

accroché (vous accroche) au mur, dehors.

Membre du Comité de Défense des Sentiers Battus, se refusant toutefois à poursuivre les idées courantes, la petite GALERIE d'Art piéton était un vrai lieu d’exposition : des installations s'y succédaient avec une évidente irrégularité : au jour le jour, à la petite semaine, quinzaine du bleu, etc. On pouvait donc la voir en passant, elle méritait le détour, qu'on s'y arrête.  (Il y avait aussi une boîte aux lettres pour les messages, les remarques, les questions.)

Pour exposer dans la petite GALERIE d'Art piéton : c'était gratuit mais il n'y avait pas d'assurance ! On pouvait poser, accrocher, coller, punaiser, changer la couleur du fond, travailler sur la vitre, etc. Des dessins, des peintures, des objets, des textes, des poèmes, etc.

La petite GALERIE d'Art piéton a été installée pour la première fois en 1998 au mur du 21 rue de la Croix Blanche à ALBI et inaugurée le 19 septembre.

Entre cette date et juin 2000 elle a accueilli 36 installations.

Citons pour mémoire :

Allez à pied, le beau temps menace, Éloge de la boîte aux lettres, Inventaire du Musée des Oxydes, La boîte aux moi(s) de  Gérard Sabatier, 1999 quoi de neuf ? Saint Valentin le jour m'aime, César compression, Les mouches de Guy Roques et celles de Thérèse Brandeau, Jean Pierre Touillez, Tagore, Coline Trouvé, Marc Pessin, Mariette, André Beaudou, Jean Baptiste Gaudin, etc.

On a célébré en 1999 comme il se doit le premier anniversaire avec une expo de tous les messages recueillis dans la boîte aux lettres. Une exposition rétrospective était visible dans le hall du théâtre voisin de la Croix Blanche.

Le 21 septembre Emmanuel Wat et une équipe de FR3 sont venus filmer la petite GALERIE d'Art piéton pour "Vent Sud" et "Un jour en France"

La petite GALERIE d'Art piéton a été décrochée pour cause de déménagement pendant l'été 2000.

 

petite galerie

 

La petite GALERIE d'Art piéton est réapparue en octobre 2011 sur le mur du FRIGO, 9 rue BonneCambe à Albi jusqu'en juillet 2013. On a pu y admirer pendant cette période les installations de Jean Estaque, Pascale Drivière, Florence Richard, Marc Pessin, Marie Morel, Sophie Vigneau.

Puis de septembre 2013 à mars 2014 on a pu voir la petite GALERIE d'Art piéton au n°0 de la rue Sans Nom à Cordes-sur-Ciel.

Le lundi  24 mars, vers 10h, la petite galerie s'est auto-dissoute dans le brouillard d'un lendemain d'élections.

Le blog  galerieartpieton.canalblog.com qui témoignait de ses dernières installations disparaitra lui aussi prochainement.

 

31 décembre 2020

voeux 2021

voeux 21 blog

contre vents et marées
le grand paquebot 2021 partira à minuit pour une traversée de 365 jours
ce millésime dessert tous nos désirs tous nos rêves toutes nos utopies
correspondances pour havres au soleil et ailleurs chimériques
assurez-vous que vous avez oublié lourdes valises et bagages encombrants
la compagnie bon an mal an vous souhaite un excellent voyage

rapprochez-vous

 

7 mars 2019

mon actualité ( équilibres antiques )

équilibres antiques

« Dans le tissu du poème doit se trouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d'harmonie, ainsi que d'éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d'existants s'entr’appelant. Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre. Et un ordre insurgé. » 

René Char ̎  Sur la poésie ̎ 

je viens, sur les conseils de René Char, de poser sur des cartons une série nouvelle d'assemblages, fortuits, bleus et roses, équilibres antiques, naufrages partiels, où une corneille, oiseau barbare, ailes dérisoires décrochées, traverse la mer sous un plafond bas et assemble des roulettes ridicules aux zincs des héros de l'Aéropostale.

au-delà de cette ligne de flottaison, le jour se lève, captif, rescapé.

tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud2

lien vers mon site

15 octobre 2018

Aline Zanini

AlineNoces de papier

Le Gilles est au garde à vous, debout sur la table, à bonne hauteur : on prend ses mesures pour confectionner son habit de lune en papier translucide.

Le Gilles, sa collerette, ses chaussons, ses rubans, le béret qui auréole son visage, son prénom pluriel, son absence.

Le Gilles se tait, ni ne bouge, ne doit pas bouger, le papier ne doit pas bruire.

Toutes les femmes, longues femmes, murmurent, chuchotent. Toutes tournent autour du Gilles, prestement, sans aucun bruit, juste la mastication des grands ciseaux de couture qui découpent les patrons dans de grands lais de silence.

Le Gilles est lointain, envolé, il songe à la mariée toute nue à qui l'on ajuste sa robe dans la pièce à coté, en secret bien gardé, fenêtres obturées de papier huilé. Des milliers d'épingles à têtes nacrées frôlent sa peau de lait.

Les petites demoiselles d'honneur, petites filles bras levés, s’envolent.

̎Te salis pas ! ̎ crient les mères.

Aline, deux demi-lunes accrochées à ses oreilles, raconte les tulles, les empilements de mousselines que la brume cachera chaque jour un peu plus jusqu’à rejoindre le blanc des cimaises .

Aline dit l'absence, les habits délaissés, leurs étoffes où subsistent des parfums discrets, éphémères.

Le Gilles de Watteau qu'elle reprend avec tendresse, le dessin de son visage dans un tondo de broderie.

Aline Zanini, expose au Frigo, rue Bonnecambe à Albi, jusqu'au 27 octobre ( du mercredi au samedi de 15h à 18h30 )

̎  on n'écrit pas sur un tableau, ou alors un poème ̎  ( Modigliani )

 

17 août 2018

Giorgio Morandi

 

 

morandi_1951

Morandi n'est pas un pont.

Giorgio Morandi était peintre

A t'on donné sans lui en parler son nom a un bruyant viaduc autoroutier qui vient de s'écrouler à Gènes ?

( non, en vérité c'est celui de son constructeur, Riccardo Morandi )

Morandi peignait, de petites toiles modestes et silencieuses, sans artifices, libres, sans aucune mise en scène, sans effets, nues.

Mais puissantes, hautes et pures comme des temples grecs. Georgio Morandi jouait avec le vide et le silence.

On peut voir des Morandi au musée de Bologne (et partout dans le monde) ou l'accrochage semble construit comme une phrase, avec des mots/tableaux et une ponctuation, avec à la fin un point de suspension. Ses peintures, toutefois symphoniques, infinies, profondes comme des puits, s'y taisent pour tout exprimer.

Le peintre ne se lève pas encore, il reste immobile, aussi immobile que ce qui l’entoure, il appartient au même monde silencieux, celui des arbres, des pierres, il vit au même rythme ; il laisse les premières lueurs l’envelopper, les envelopper, il ferme de temps à autre les yeux pour mieux voir l’équilibre géométrique entre volumes et ombres. Et pour cela commencer par tout réduire à une boîte carrée, un cube sans élément décoratif.
Il attend avec patience, discrètement, que les bruits de la maisonnée et les odeurs familières, café, pain grillé, eau savonneuse, bois de chauffage, des préparatifs journaliers de ses sœurs toutes dévouées se fassent plus précis, plus insistants, pour se lever, mais sa journée à venir est déjà tout entière dans sa tête…
Les objets de l’atelier s’éveillent-ils eux aussi ? non, pas encore, semble-t-il ; seuls les objets du quotidien, cafetière, couteaux, cuillères, fourchettes, sucrier, tasses, ceux que représentent, souvent entourés, agrémentés de fruits, de pain, de serviettes, les natures mortes conventionnelles ; sont en mouvement, d’une main l’autre.

Bruno Smolarz Giorgio Morandi, Les jours et les heures.
Éditions Arléa, coll. La rencontre, 28 avril 2016.

Prière de cliqueter sur le net pour faire plus ample connaissance avec Giorgio Morandi, peintre,1890-1964

1 juin 2018

mon actualité/Billy the Kid and Coe

Billy the Kid and Coe

farwest

 

En dessins appliqués, d'après des photos de l'époque, j'ai fait les portraits de Billy the Kid, de Calamity Jane, de Wild Bill Hickok, de Butch Cassidy, de Georges Amstrong Custer, de Buffalo Bill, de Red Cloud, de Sitting Bull, de Géronimo, de Chef Joseph, de Garfield ( il n'y a pas de photos de Crazy Horse qui a toujours refusé de poser pour le photographe au visage pale de peur qu'il ne lui vole son ombre. )

Des bandits, des hors-la-loi, des renégats, des shérifs aux gâchettes sensibles, des justiciers, de fins tireurs, des Sioux, des Cheyennes, des Apaches, des squaws apeurées, des tuniques bleues, des éclaireurs, des Sudistes et des Nordistes, des traités de paix, des déclarations de guerre, des batailles de Little Big Horn, un Grand Sachem, des chasseurs de bisons, des mustangs indomptables, des chariots de conquête de l'ouest, des chercheurs d'or, des attaques de banques, des diligences, des trains poursuivis, il y a tout ça dans la cour de l'école de la République des années cinquante dans ce pays de France fraîchement sauvés de la Germanie par les Ricains ( dit le chanteur ) Les légendes de l'Ouest américain accompagnent nos chevauchées fantastiques autour des platanes de Monument Valley jusqu'à ce que le coup de sifflet du Maître stoppe le western et rallume les lumières. Fin de la récrée !

Billy the Kid aurait été vu dernièrement à Santa Fe, à Parkland, à Sutherland Springs, à Las Végas, à Orlando, à Paris.

voir sur mon site

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9 janvier 2016

Serge Coujati

Serge Coujati, peintre, etc

 

copie 2,50

 

Bon ça y est on commémore / on rend hommage / on évoque / on se souvient / on installe des expos / on prépare des lectures et des concerts / je me mélange un peu les pinceaux je sais plus si Serge était à Charlie le 7 janvier et si il aura Hollande à la MJC et au Frigo / bon enfin on aurait pu lui rendre hommage en mains propres / du vivant de son vivant / une tournée d'adieu / un Olympia / un jubilé / 60 ans de carrière / un départ à la retraite autour d'une galette des rois / ils vont mettre une plaque au Castelviel ou au dessus du café du Globe / pourvu qu'ils donnent pas son nom à une impasse / bon tant pis / en même temps jusque là on l'oublie pas / et puis il va peut être monter sur scène / bien capable / et quelques autres vont le connaître / c'est pas si mal  / ici cliquer v'la le programme !

 

 

5 septembre 2015

Pierre Bonnard

090606160659bonnard1(Photo Henri Cartier Bresson/Pierre Bonnard assis/30x40cm.1944)

8 juillet Paris Musée d'Orsay

notes en vrac

vérification faite, Victorine, nue, déjeune éternellement sur l'herbe ou joue Olympia les yeux dans les yeux avec Manet

la petite danseuse de Degas me regarde de haut

mais j'ai rendez-vous avec Pierre Bonnard

Bonnard est ma première rencontre avec LA peinture

dans les années 60 je découpe les rares revues d'art et punaise les repros des tableaux de Bonnard aux murs de ma chambre-atelier ou je les colle sur mes classeurs de lycéen

aujourd'hui, 8 juillet, je suis devant les tableaux originaux, à sa place, quand il les a peints

un peu de poussière magique va surement se déposer sur ma tête et mes épaules

je retrouve  "la grande salle à manger", "l'atelier aux mimosas" si jaune (peint entre 1939 et 1946, les dates de la guerre) le "coin de table" avec son ridicule dossier de chaise en haut à gauche

Ses chats lui ressemblent / c'est lui le chat incliné et endormi qui ne surveille pas "la sieste au jardin" ou le compagnon exigeant de "la femme au chat"

Marthe est cachée dans "le nu dans un intérieur" venu de la Nationale Gallery de Washington / Marthe est souvent cachée dans les tableaux de son mari (chercher Marthe) elle est de la couleur du mur, intégrée au papier peint, quasi invisible dans le reflet du miroir de la salle de bain, dissoute dans l'eau de sa baignoire

Bonnard le photographe décadre, coupe les corps et les décors de façon inattendue, privilégie les hors champs / la radio murmure dans la pièce à côté ici est le silence

Il signe "maigre" quand il signe, en petites lettres en promenade

Les plans basculent / Bonnard s'assied, se lève, s'envole au dessus de son sujet

Devant un Bonnard on est chez Bonnard / il est sorti mais il va revenir long et silencieux et ne rien dire

L'autoportrait en vieux chinois est à Toulouse chez Bemberg

Quel adversaire affronte Bonnard dans l'autoportrait en boxeur / match perdu d'avance

Dans le grand panneau commandé par Reichenbach un coup de sabre  de jaunes et d'orangés transperce les gris-bleus

Plus bas un groupe de fourmis cannetoises et endimanchées

je les connais par cœur

je reste toujours également ému par la "petite peinture" de Bonnard, discrète et silencieuse qui s'excuse d'être là, pas terminée

 

 

28 mars 2015

Élysée Reclus

artoff2847

Élysée Reclus pensait ceci en 1885

Qu'en pensons-nous ?

 

Clarens, Vaud, 26 septembre 1885.

Compagnons,

Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n'est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l'exercice du droit de suffrage.
Le délai que vous m'accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j'ai à vous dire peut se formuler en quelques mots.
Voter, c'est abdiquer : nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c'est renoncer à sa propre souveraineté. Qu'il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d'une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu'ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.
Voter, c'est être dupe : c'est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d'une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l'échenillage des arbres à l'extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l'immensité de la tâche. L'histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.
Voter c'est évoquer la trahison : Sans doute, les votants croient à l'honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages — et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l'homme change avec lui. Aujourd'hui, le candidat s'incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L'ouvrier, devenu contre-maître, peut-il rester ce qu'il était avant d'avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n'apprend-il pas à courber l'échine quand le banquier daigne l'inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l'honneur de l'entretenir dans les antichambres ? L'atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s'ils en sortent corrompus.

N'abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d'autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d'action futur, agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c'est manquer de vaillance.

Je vous salue de tout cœur, compagnons.  Élisée Reclus.

 

7 mars 2015

Photocopieur

photographier

Photocopieur !

C'est une belle expo. L'émotion est au rendez-vous. Et j'apprends plein de choses. Je ferais bien quelques photos. Pour fixer l'instant. Pour mémoire. Le travail des autres, ainés célèbres ou collègues inspirés, m'enrichit toujours.

Mais !... Un petit macaron autocollant représentant un appareil photo barré d'une croix rouge et impérative m'indique clairement que les prises de vues ne sont hélas pas autorisées !

Je ne vais pas jouer les paparazzis, je demande poliment, je justifie mon projet, j'explique, j'argumente, je ne vais bien sûr pas “utiliser” les images prises à des fins mercantiles, commerciales, je ne vais pas copier non plus, je sais que ce n'est pas beau de copier !

En même temps je cite quelques grands copieurs de l'histoire de l'Art : Vincent Van Gogh qui “refait” une bonne vingtaine de Millet, Picasso qui “se paye” le déjeuner sur l'herbe de Manet, etc.

Bon, c'est non, ils ne veulent pas !

Ils disent que je peux leur piquer l'“idée” ! Entre nous, je l'ai vue, l'“idée” ! Je n'ai pas besoin de mon Canon pour la retenir ! Je dis bien que c'est pour “consommation personnelle”, pour mon petit musée intérieur, ça ressortira forcément dans mon travail d'une façon ou d'une autre, mais malaxé, digéré, passé au moulin à légumes de mon cerveau ! Ou bien ça ne laissera aucune trace, ce sera oublié.

Et puis, bon, c'est exposé, non ? C'est donné à voir ! Quand j'expose une peinture quelque part je sais bien qu'elle ne m'appartient plus vraiment, elle devient libre, elle quitte l'atelier pour vivre sa vie dans le regard de ceux qui me font le plaisir de la contempler ! Quand je suis de l'autre côté, quand j'expose, j'autorise les photos. Je demande quelques fois à quel usage sont destinés les clichés mais j'autorise. Quitte à faire valoir mon droit réservé de reproduction en cas d'abus.

Bon, c'est non, ils ne veulent pas.

Je passe la vitesse supérieure, je déballe mes boîtes de cirage, je dis que finalement c'est plutôt flatteur d'être pris en photo par un admirateur, d'être publié sur un blog perso visité par des milliers d'internautes, je dis que ne manquerais pas de citer le nom de “l'artisse”, que ça va lui faire une belle pub ! Je vais même jusqu'à expliquer que le pillage, voire même le vol, sont de véritables actes d'amour et d'admiration !

Bon, c'est non, ils ne veulent pas !

Et les textes ! Que disent les textes ?

Ils disent, en gros, que le responsable de l’entrée des personnes dans un lieu ouvert au public et/ou le propriétaire (privé ou organisme public) de ce lieu peut restreindre ou interdire le droit d’y photographier. Ces restrictions ou interdictions sont tout à fait légales et peuvent se justifier pour des raisons diverses : tranquillité d’un spectacle, respect des personnes, protection d’œuvres d’art (exemple : interdiction d’utiliser le flash dans un musée), etc.

D'autre part, le ministère de la Culture et de la Communication publie une charte des bonnes pratiques photographiques dans les musées et les monuments nationaux, qui décline en 5 articles les engagements réciproques entre les établissements et les visiteurs-photographes.

Bon là, c'est non, ils ne veulent pas !

Et si j'achète le tableau, j'aurais le droit de le photographier ?

Je pourrais en faire ce que je veux ? Je pourrais le découper, le brûler ?

Bon, là je vais trop loin ! Ma question pose question !

Je renonce. Apparemment ! Et, faux-cul, je révise mon “il est interdit d'interdire” et je déclenche discrètement, à la volée. Je vole une image !

10 novembre 2014

Sivens est une île

Sivens est une île !

Panorama sans titre1

A Sivens, dans le désert laissé par les déboiseurs et les défricheurs, “ils” construisent un village. Préhistorique, médiéval, avec les moyens du bord, bois de récup, torchis du ruisseau, palettes de la société de conso. “Ils” construisent des cabanes, et des ponts levis au dessus des fossés d'eau. “Ils”, des gars, des filles, avec un seul prénom égalité, mixte, Camille, un “foutez-nous la paix” réponse définitive au sempiternel “vos papiers !”.

Mais bon, “c'est pas des gens comme nous” disent les braves gens ! “Vous avez mesuré leurs cheveux ? Vous avez vu l'état de leurs vêtements ? Vous avez senti leurs cigarettes ?” Les mêmes distinguos font les peurs éternelles, les braves gens n'aiment pas que ! Et puis ils jettent des pierres dans les vitrines et sur la tête des policiers !

Bon, c'est vrai, lors des manifestations quelques uns ont choisi une résistance nettement plus musclée ! Ils opposent au matériel militaire et sophistiqué des forces de l'ordre, cailloux, pétards et fumigènes de 14 juillet, à leurs carapaces de homards bleus, foulards et cagoules.

Quelques uns. Quelques uns cèdent à la colère. Quelques uns continuent à penser que l'on ne pourra pas changer ce vieux monde autrement que par la violence. On peut comprendre, la police tue leurs copains. Je voudrais nous y voir.

Mais cette violence fait la une, le pouvoir la provoque et l'utilise pour manipuler la très indiscernable opinion publique, les braves gens qui n'aiment pas que, certains médias complices contribuent.

Mais la très grande majorité est pacifique et pacifiste et se présente torse nu, nez de clown et bras levés devant les boucliers et les matraques des gardes mobiles,.

À Sivens, sur les rives scalpées du Tescou, “ils” construisent une île ! Notre vieux monde fissuré, ses supers et ses hypers ils n'en veulent plus !

Notre pauvre république (gagnée il ya 222 ans par de semblables gamins) avec ses présidents bavards et ses inutiles hémicycles, ils n'en veulent plus !

On aura beau édifier tous les barrages du monde pour faire monter le niveau du ruisseau, ils s'en foutent pas mal, ils construisent un monde à eux, l'île qu'ils façonnent est flottante et insubmersible ! Je veux dire que les idées libertaires qu'ils redécouvrent et actualisent germeront comme les glands semés l'autre jour.

Ils font des cabanes et de hautes tours avec les troncs rescapés du massacre, des miradors pour voir arriver les copains mais aussi pour guetter l'ennemi, l'état de droit propriétaire de l'endroit, garant de l'ordre et du rangement républicain.

Car on risque de ne pas les laisser faire plus longtemps, non mais, manquerait plus que ça, il va bien s'en trouver un pour donner un coup de pied dans leur château de sable. C'est annoncé.

Ce jour là, l'indifférence des braves gens fera le reste.

 

29 juillet 2014

Vest Pocket Kodak

 

 

La der des ders

Nous y sommes ! C'est dimanche ! Dimanche 3 août, c'est la guerre ! La Grande ! La 1ere Mondiale ! La der des ders ! (En 1914, c'était un lundi)

Le 31 juillet Villain assassine Jaurès. (Il passe la guerre en prison et il sera acquitté en 1919 ! Il vivra jusqu'en 1936 où il sera exécuté par les anarchistes Barcelonais à Ibiza ! On ignore s'ils connaissaient son histoire.)

Le 1er août c'est la mobilisation générale et le 3 l'Allemagne déclare la guerre à la France.

Ça va durer quatre ans !

Les photos sont interdites sur le front mais le si petit Vest Pocket Kodak Autographic (que cachent dans leurs poches quelques gradés fortunés dès janvier 1915) passe inaperçu !

photo kodak

le kodak ok

illustrez

il est léger

valeur des photos

vues

14 mai 2014

Brève de comptoir Serge Coujati

Brève de comptoir

 

le peintre il est mort mais bon il reste ses tableaux pas plus tard qu'hier il va y avoir des rétrospectives des commémorations ils vont faire des expos des lectures des soirées pour parler de lui et boire un coup à sa santé il l'a plus la santé il est mort c'était un vrai peintre il fumait il buvait il était toujours amoureux ses peintures vont se vendre et cher c'est sûr il va y avoir des spéculations personne le connaissait il était pas connu inconnu méconnu mais une figure albigeoise on va le découvrir il aurait pu devenir un grand peintre un peu comme Van Gogh ou Toulouse-Lautrec il aurait du rester à Paris il connaissait du monde à Paris il était pote avec André Breton c'était pas seulement un peintre il pouvait faire plein de trucs il écrivait des chansons écrire ou chanter il aurait pu devenir chanteur un peu comme Gainsbourg au lieu de ça c'est dommage il est mort pas plus tard qu'hier il reste ses tableaux il les donnait quasiment sa côte va grimper c'est sûr il va grimper la côte ça va lui faire une belle jambe il était super sympa et de l'humour ça et toujours amoureux mais bon tout seul il avait pas mal d'amis mais bon seul il me semble et la tendresse en tous cas super sympa très gentil et intelligent mais bon très simple il aurait pu faire le malin mais non des idées sur pleins de sujets et toujours très originales c'était pas un allumé non plus bon ses peintures spéciales un peu étrange des femmes du sexe c'est sûr et des trucs à lui mais qui laissent pas indifférent spécial quoi on aimait bien ses peintures reconnu par tous les autres il payait son verre on lui payait un verre il est mort pas plus tard qu'hier il y en a qui deviennent connus après la mort je le connaissais depuis longtemps c'était un vrai pote  ou alors on va l'oublier

 

Serge Coujati

22 février 2019

petit hommage à ma mère

ma mère

Ma mère était toujours d'humeur égale, mauvaise.

Et conséquemment, de mauvaise foi. Elle se disait critique. Quand elle donnait son avis, il était contraire. Quand on avait assimilé sa philosophie du contre-pied, il devenait facile d'obtenir d'elle ce que l'on voulait. La plupart du temps, nous préférions, mon père et moi, le silence, la résistance passive et la pensée clandestine.

Nous ne sommes jamais partis en vacances au bord de ma mère.

Dès le premier jour de juillet, elle m’envoyait en colonie de vacances au bord des larmes.

Nous partions coloniser le Tonkin, la Cochinchine, St Pierre, Miquelon, le sud algérien ou les comptoirs français de l’Inde : Pondichéry, Chandernagor…

Le car Giron roulait toute la nuit. Mon ventre avait mal au colon.

Les parents se séparaient de leurs enfants rachitiques de l’après guerre pour préserver leur santé : les colos de cette époque étaient sanitaires, donc salutaires. Les derniers tickets de rationnement qui flottaient dans le porridge étaient vitaminés.

On nous pesait à l'arrivée et à la fin du séjour.

Un été où j'avais pris 440 grammes, cheftaine Rose dit : ta maman ne va pas te reconnaître ! C'est ce qui arriva.

Tous les colons repartis, je restais seul à la colo avec cheftaine Rose. Elle était belle et blonde comme la Flora du Titien. J'étais fou amoureux ! Elle avait vingt ans à peine, moi sept, la différence d’age ne me posait aucun problème.

Nous vécûmes de pêche, de chasse et de cueillette jusqu'en septembre.

Les jours de pluie, nous écrivions une carte postale à mes parents :

"Chers vous deux, j'espère qu'il en est de même pour vous. Il fait beau. Je m'amuse bien à la colonie. J'ai une petite camarade. Je mange bien. On se baigne. Bons baisers. Jacky."

Mais Rose s’enfuit comme s’enfuient les Roses, l’espace d’un instant, sur un bateau en papier, avec un Robinson Crusoë, un vendredi.

 

 

 Tu es ma mère incomplètement faite

à gauche du poêle contre le mur blanc

il manque quelques paillettes à ton œil

nu et clair, quelques dents en bouche

le serre-tête, le cheval, le chien

Accordéon de l’orphéon des tiques

et des rogatons, il manque un ciel à ta garde-robe

un ciel éclatant et serein, du papier à baiser

lettres et ratures, de la crème aigre

et un ami loup

 

Eugène Savitzkaya

 

 

 

 

 

7 juillet 2014

La poésie du bitume

photo listes

La poésie du bitume

J'ai longtemps traversé la ville en fixant le macadam ou le ciment du trottoir. Et ramassé les papiers, nombreux. Pas n'importe lesquels, ceux où je décelais une écriture manuelle. C'était souvent une liste de courses, jetée. Ou perdue. Ou d'autres mots, doux ou fins mots, petits mots, papiers ouverts ou pliés, lettres déchirées, etc.

voir l'album

13 novembre 2019

nager être un poisson au dos pommelé de l'eau

nager

être un poisson au dos pommelé

de l'eau troubler les reflets de lac vert

accoster jeter l'encre dans un hôtel de canicule blanche

habiter une île une presqu'île une presqu'elle

un grain de beauté/de sable

verbe la rouille de mon voyage

danse sous les étoiles

des constellations de la louve et de la renarde

du bout de mon aile nageoire

comme un oiseau sauvage

rassembler abolir le temps divisé

(voir la série)

 

les étoiles (1)

 

24 mars 2018

Georges Peignard

j'ai fait un beau voyage

Georges Peignard

j'ai fait un beau voyage dans le temps et dans l'espace dans l'univers si particulier de Georges Peignard, sculpteur de bois et d'os, rouilleur de métal et peintre au brou de noix pour donner le maximum de sépia à son imaginaire

mon petit conseil de visite : regarder la vidéo sur le net en mode silence pour voir son atelier, découvrir son feuilleton East End, avant d'aller voir son installation à l'Espace Écureuil, doucement, lentement, sans lire au préalable le texte de présentation, se raconter des histoires, ajouter des images du chocolat Pupier

et puis enfin s'instruire des intentions de l'artiste si besoin en écoutant son propos dans la vidéo proposée

jamais déçu toujours agréablement surpris par les choix de Sylvie Corroler à l'Espace Écureuil de Toulouse

Georges Peignard, l'entaille de Humbolt

Fondation d'entreprise espace écureuil pour l'art contemporain 3 place du Capitole à Toulouse

du 6 mars au 28 avril 2018

4 décembre 2014

petites phrases

Idées bien encrées

autobus

Le beurre, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale.

Les lapins dorment-ils en chien-de-fusil ?

Quand leur chaise mourut, ils la firent empailler.

Il passa sans difficultés de la peinture à l'accordéon chromatique.

Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort,

nous nous vîmes cinq milles en arrivant  (Topor)

sauts de rue 1

Féminin est le masculin de féminine.

Dimanche : journée portes ouvertes à la Maison d'Arrêt.

Un train peut en cacher un autre, et réciproquement.

Nous avons vécu la fin des coups de fil.

Je porte plainte Contrex

Il ne fait rien, même pas son âge.

On peut affranchir une lettre, ou un esclave.

Prière de tenir les siens en liesse.

Il fait trop beau pour être au Net.

écran

 

 

16 février 2019

invitation à abonnement

pour me prouver que vous existez bien, là bas, de l'autre côté de mon écran

et que vous avez ramassé une de mes bouteilles à la mer échouée sur la plage

merci de me laisser vos commentaires, vos suggestions, vos critiques !

directement au pied de mes articles

surtout merci de vous abonner à mon blog 

même de manière anonyme, sous un joli pseudonyme par exemple

afin que j'envahisse régulièrement vos boîtes mails de mes coups de cœur ou de blues !

vous êtes ici 2

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 > >>
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 34 745
Newsletter
Publicité
Pages
Archives
Publicité