30 avr. 2018

hommage à la truffe

Art contemporain au village

Georg Baselitz est un artiste contemporain allemand très connu qui pratique la peinture ( il est célèbre pour présenter ses toiles... à l'envers ! lors de ses expositions ) la gravure et aussi la sculpture, le plus souvent sur bois : voici ce qu'en dit Vincent Zonca en novembre 2011 :

 

 

Faire violence à la matière et à la sculpture : ainsi pourrait se définir la démarche menée par l’artiste allemand au cours de ces trente dernières années. Car c’est à la tronçonneuse, à coups de hache et de ciseau, que Georg Baselitz attaque le bois, le violente et le mutile, afin de représenter corps et visages. Une prise de risque maximale, où la moindre erreur, le moindre dévoiement du trait ou de l’entaille, peut briser l’œuvre à tout instant : « Une fois que vous avez attaqué le bois, vous ne pouvez plus reculer, ce qui est coupé est coupé » dit-il. Fatalité et violence du geste artistique, donc. Né en Saxe, en 1938, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, Georg Baselitz fut tout d’abord peintre et graveur. Ce n’est qu’à l’âge de quarante ans qu’il se lance dans la sculpture. Il va alors renouveler progressivement et profondément l’art sculptural d’après-guerre par une dénudation radicale de son langage. C’est que Georg Baselitz provoque et refuse toute élégance dans le traitement de la matière : travaillant uniquement le bois – et le bois brut, il sculpte et taille grâce à des instruments habituellement destinés à détruire ou à découper/rationaliser le bois, qu’il rehausse ensuite vaguement par quelques rapides aplats de peinture brute et aux couleurs minimales (couleurs primaires, plus le noir et le blanc).

 

Georg Baselitz a un disciple en Occitanie en la personne de Yves Caumard, dont l'une des œuvres, la plus inspirée, est installée au centre de notre village, sur la grande place de Villeneuve-sur-Vère !

 

Passionné par la taille et la formation des arbres, Yves Caumard manie aussi bien la tronçonneuse que le couteau à greffer ou le sécateur. Il avoue partager son temps entre ses trois passions, les arbres, truffiers ou non, le karaté et le camping-car. Aujourd'hui, fort de son expérience, il est membre du syndicat de la truffe de Lalbenque et de celui du Tarn. Yves aime établir la comparaison entre la taille des arbres et le karaté, ancré sur le tatami, les pieds étant les racines ; les jambes, le tronc ; le corps, la charpentière et les bras, les branches latérales.Toujours autant passionné par la nature, en particulier par les arbres, truffiers ou fruitiers, mais aussi le jardinage, Yves Caumard vient de récolter, dans son jardin extraordinaire, une tomate cœur-de-bœuf aux caractéristiques impressionnantes : 1,620 kg sur la balance pour 65 centimètres de circonférence. Cette tomate, comme les autres ayant mûri parmi les 80 pieds plantés par Yves, a bénéficié d'un traitement de faveur, sans aucun produit chimique, nourrie de terreau, de fumier, de paille et de 250 litres de purin d'orties fermentés pendant quatre semaines, puis enfouis dans la terre.Toujours en quête de performances, Yves Caumard avait déjà établi un record personnel il y a trois ans, avec une pomme de 1 336 grammes, fruit de sa science de la taille des fruitiers. Son secret résiderait donc dans sa façon de tailler ou d'élaguer les arbres… et les pieds de tomates. ( La Dépêche du Midi )

 

Baselitz Caumard

 

Même matériau de départ donc pour Yves Caumard et Georg Baselitz : une belle pièce de bois brut, même outil fumant : la tronçonneuse pétaradante qui ne pardonne pas la maladresse : la truffe énorme réalisée par Yves pour sacrer Villeneuve-sur-Vère capitale du très recherché champignon ascomycète estomycorhizien est d'une belle taille et vu le prix du gramme à la dernière foire, doit valoir son pesant d'or noir ! Encore un record pour le Lalbenquois !

Au delà de ces choix, la démarche des deux sculpteurs est la même, infiniment contemporaine par sa simplicité : la pièce de bois, du chêne, j'espère, pour Yves Caumard, choisi pour sa longévité, sa résistance aux intempéries et pour le remercier d'abriter entre ses racines la précieuses truffe, est dégrossie à la tronçonneuse pour en faire non pas une boule parfaite mais une sorte de loupe à laquelle seule la nature peut donner une forme aussi pleinement organique, puis la chaîne de l'engin vient en rayer la surface donnant une équivalence de texture avec la croute du célèbre champignon sous-terrain. Enfin le goudron viendra installer le noir si profond qui le caractérise et le nomme ! Le socle de bois et de pierre sur lequel l'objet est installé et qui le sacralise et en fait une œuvre d'Art expressionniste autant que primitive, pourrait être plus haut à mon avis pour lui ajouter encore plus de majesté .

 

Je pense que nombreux sont les passants qui ne voient en cette gentille évocation de bois qu'un pense bête pour ne pas oublier la date annuelle de notre foire à la truffe ( premier dimanche de février ) et j'espère que désormais, lecture faite de ma modeste prose, ils seront légions à reconnaître le talent de l'artiste.

 

 

 

 

 

 

 


19 juin 2017

Rolino Gaspari

Rolino Gaspari

Rolino Gaspari, artiste contemporain ?

Rolino Gaspari recouvre les chaussures et autres objets de pâte à modeler aux couleurs primaires ( on ne le devine pas mais je le sais parce qu'une fois, chez Jean Vidal, j'ai touché ! Et laissé dans la pâte rouge vif l'empreinte de mon index )

Il leur colle des pattes pour en faire des insectes obstinés qui s'appuient de l'une contre le mur impeccable du Frigo à Albi, ils ont quelque fois un œil unique de poupée qui nous fixe, étonné, nous contemple, insistant et bienveillant. Au fond de la salle deux Mickey approximatifs nous saluent de leur grande main à cinq doigts. Des dessins noirauds sont installés dans leurs cadres infiniment primitifs et bricolés.

Bon, moi je vois des trucs d'enfant, non ? Des jouets ? Des pieds de nez et des tendresses aux couleurs vives, des sourires !

J'ai croisé le bonhomme deux ou trois fois ces derniers temps, il fait des objets qui lui ressemble, même œil malicieux, même regard ouvert, tendance à s'excuser d'avoir posé là ses dernier dessins. On a le même age, on est plus des gamins non plus, il a l'apparence d'un adulte accompli et ne présente aucun signe d'un quelconque retard . À l'instar ( j'aime bien ce mot qui contient une étoile ! ) d'Albert, il est tireur de langue ! Comme lui, il a gardé dans ses poches une belle part de la cour de récréation, il joue aux billes dans sa tête et les copains qui sont là à regarder ses facéties ont les yeux qui pétillent et affichent rapidement une belle humeur ! 

Mais attention ! le Frigo est devenu un lieu d'art d'aujourd'hui, des artistes réputés contemporains s'y succèdent ces derniers temps et le style résolument actuel du texte de présentation le confirme :

Artiste inclassable qui développe avec vitalité une œuvre protéiforme primitive, malicieuse en jouant avec l’espace de la peinture et de la sculpture, et peut être même avec notre  propre espace tout court…Voici sans doute une exposition dont les œuvres contrairement à notre habitude nous regardent, nous les spectateurs…)

Les gens que je croise, verre à la main, également. Ce sont les garants de la bonne santé de cette chapelle et de la solidité de ses cimaises et de ses portiques.

Alors Rolino Gaspari, artiste contemporain ?

Le titre qu'il donne à son expo : "Tut-tut" Poussez-vous un peu s’il vous plaîtpour moi, raconte bien autre chose. Rolino Gaspari klaxonnerait pour se frayer un passage au milieu de cette assemblée et y garer ses chaussures à pattes ? Je me dis que non, que le Vénitien n'a que faire de cette étiquette et qu'il a bien repéré que le sol de Frigo a été ragréé et recouvert d'un beau lino bien plan en remplacement de l'historique sisal bosselé, c'est super pour, couchés par terre, jouer aux petites voitures !

Au Frigo, 9 rue Bonnecambe, à Albi, du 17 juin au 8 juillet, du mercredi au samedi, de 15h00 à 18h30.

 

 

 

 

 

 

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31 janv. 2015

art contemporain Cynnhorodon-Faldac

Et si on reparlait d'art contemporain !

art contemporain

 

Allons faire un tour sur Cynnhorodon-Faldac, blog de réflexion et de défense de l'Art dit contemporain, dans lequel Louis Doucet sème ses baies rouges et irritantes et met régulièrement de l'ordre et du discernement dans nos pensées, en tous cas dans les miennes ! Quel bonheur de les voir ainsi formulées aussi clairement et justement !

Extrait de “Démagogie et populisme” février 2015  :

 Le comique de cette triste situation est que ces mêmes personnes s’approprient, sans vergogne, des postures revendiquées notamment par Duchamp et Beuys, artistes dont ils vouent les œuvres aux gémonies et sur lesquels ils vomissent leur haine, leurs invectives et leurs insultes, sans d’ailleurs connaître leur travail ni surtout proposer d’alternative viable. Le brûlot périodique de Nicole Estérolle est un exemple patent de ce type d’attitude. Le discours qui y est développé est, en bien des points, comparable à celui qui stigmatisait, en des temps de triste mémoire, l’entarte Kunst. On y lit, en filigrane, des fragments des (non-)programmes culturels fétides des municipalités récemment conquises par le FN. Sa démarche a toutes les caractéristiques de celles des partis populistes, de droite ou de gauche, désignant les intellectuels – les « élites », dans leur terminologie – à la vindicte populaire, entretenant les frustrations d’artistes en mal de reconnaissance, s’appuyant sur une inculture plastique et esthétique volontairement entretenue par l’État, maniant les approximations et les raccourcis hâtifs, déformant l’information, focalisant sur des détails de peu d’importance, généralisant et caricaturant sur la base de données erronées… Toutes méthodes éprouvées par les régimes dictatoriaux. On peut y déceler les frustrations et la jalousie d’artistes blessés de ne pas être reconnus et qui, au lieu d’en rechercher les racines dans leur propre travail, tentent d’en attribuer les causes aux autres. C’est tellement plus facile que se remettre en cause…”

La suite sur Cynnhorodon-Faldac !

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11 mai 2014

Marcel Duchamp et l'Art contemporain

Buren

Marcel Duchamp et l'Art contemporain

Contemporain : définition : qui est du même temps que quelqu'un ou quelque chose.

Art : définition : l'art est une activité humaine, le produit de cette activité ou l'idée que l'on s'en fait, s'adressant délibérément aux sens, aux émotions et à l'intellect. On peut dire que l'art est le propre de l'homme et que cette activité n'a pas de fonction clairement définie.

Donc l'art contemporain c'est bien l'art qui se fait aujourd'hui, pas celui d'hier, ni de demain. Donc j'en suis, nous en sommes ! Il suffit d'être vivant aujourd'hui, de barbouiller n'importe quel sous bois avec biches ou d'installer un urinoir à l'envers sur un socle pour être un artiste contemporain ! Je suis contemporain, forcément !

Autre définition : art contemporain : ensemble des courants artistiques depuis 1945 jusqu'à nos jours (variante : depuis 1960 jusqu'à nos jours)

Dans l'Histoire de l'Art, l'Art Contemporain succède à l'Art Moderne.

Les attaques que subit l'Art contemporain ne datent pas d'hier ! (arnaque, délire d'artistes, assassin de l'Art d'avant et du métier, élitiste, etc.) Ceux qui n'en sont pas me semblent les plus virulents pour en condamner les artistes.

Les attaques que subit l'art qui se fait ponctuent l'Histoire de l'Art ! (Manet, son Déjeuner sur l'herbe, son Olympia, les Fauves au Salon d'Automne, etc.)

Pour certains ce serait Marcel Duchamp qui aurait commencé, qui aurait mis une belle pagaille (dans les années de guerre, de 1913 à 1917 !) en posant avec pas mal d'humour la question que personne ne se posait : l'Art ? C'est quoi ?

Depuis quelques uns affirment aujourd'hui que l'Art contemporain ne serait pas de l'art !

Bon, moi j'ai envie de défendre Marcel Duchamp ! Et l'Art contemporain !

DuchampMarcel Duchamp (qui est en 1917 un artiste, reconnu comme tel, avec son nu descendant un escalier) choisit un objet (un urinoir) l'installe à l'envers sur un socle, lui appose une signature et une date (R.Mutt, 1917), lui donne un titre (Fontaine) et le propose pour exposition dans un lieu destiné à l'Art.

Les réactions ne vont pas tarder ! Sa Fontaine est refusée ! Ce n'est pas de l'Art ! Marcel est ravi, c'est la question qu'il voulait poser, la galerie lui donne une réponse.

Il y a aussi ceux qui disent alors le contraire : c'est une œuvre d'Art véritable, son refus est une censure !

Pour savoir qui a raison, il va donc falloir  tenter de définir ce qu'est  l'Art !

Les “pour” disent : il est reconnu comme artiste, il n'a pas rien fait, il a choisi l'objet et il l'a transformé en le retournant, il l'a détourné de sa fonction première, il l'a signé, daté, reconnu, il le destine à l'exposition dans un lieu consacré : ce sont les gestes que font tous les artistes : choisir, transformer, assumer une pensée, une idée en l'exposant.

Les arguments contraires tiennent aussi, la question n'a pas de réponse, elle se pose encore aujourd'hui cent ans plus tard.

Elle dit en même temps que désormais tout est possible ! Marcel invente la liberté !

 

Plaidoyer pour L'Art contemporain :

L'Art contemporain se fabrique ainsi aujourd'hui parce qu'il ya eu un art hier et avant-hier, il se fait en continuité ou en ruptures, il n'ignore rien de l'Histoire de l'Art !

L'Art contemporain utilise les moyens d'aujourd'hui, comme chacun dans sa vie quotidienne (aujourd'hui on peut utiliser un téléphone portable ou écrire une lettre)  il a inventé de nouvelles techniques, de nouveaux matériaux, conservé certaines, abandonné d'autres !

L'Art contemporain est imprégné de son époque, il témoigne de son temps, de son absurdité, de sa violence, de sa poésie. Il parle de la vie, de la mort et des grands thèmes humains !

L'Art contemporain est vert, adolescent ! Il n'est pas mûr ! C'est un art en recherche, donc il présente des excès, des expérimentations, des provocations ! Le temps, seul juge, fera le tri !

L'Art contemporain abolit les frontières entre les arts ! L'artiste d'aujourd'hui fait appel tour à tour aux arts plastiques, aux arts vivants, au théâtre, à la danse, à la vidéo, au cinéma, à la littérature, etc.

L'Art contemporain est parfois difficile d'accès, il faut du temps et des efforts pour le comprendre, comme pour comprendre et découvrir une personne (ou soi même) et s'en faire un ami ou un amour !

L'Art contemporain est quelques fois éphémère, se transforme, disparaît et ne laisse que des traces dans la mémoire. Comme tout ce qui vit, il est mortel ! Même la Joconde est mortelle !

L'Art contemporain a de l'humour ! Il exacerbe aussi nos émotions, crée des perturbations, des indignations, il ne laisse pas indifférent !

L'Art contemporain sort de musées, des galeries, de tous les “temples”, de toutes les “chapelles” pour s'installer dans la rue et la campagne où chacun peut le rencontrer !

On a sacrément avancé depuis Marcel Duchamp ! L'Art d'aujourd'hui n'est plus seulement défini par les trois termes : Beau, vrai et bien fait ! L'esthétisme n'est pas suffisant, la représentation, la ressemblance peuvent être remises en cause, la technique n'est plus primordiale.

L'art d'aujourd'hui est libre ! On peut faire ce qu'on veut, comme on veut, comme on peut ! Quel liberté de pouvoir faire ce métier et de pouvoir montrer tant bien que mal ! Quel bonheur d'en avoir le droit ! Daniel Buren peut continuer à rayer notre quotidien, Balthus et Lucian Freud ont pu peindre devant un chevalet !

Mais il faut rester vigilant, car bien sûr la liberté est infiniment subversive !

C'est peut être vrai que la DRAC finance certains et pas les autres, les politiques ont choisi les avant-gardes pour ne pas se tromper comme Napoléon III et rater le prochain Manet ! Mais ça ne marchera pas ! Le temps fera le tri ! Quand nous ne serons plus contemporains !

 

 

 

 

 

 

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