Jacques Trouvé/objets perdus

17 août 2018

Giorgio Morandi

 

 

morandi_1951

Morandi n'est pas un pont.

Giorgio Morandi était peintre

A t'on donné sans lui en parler son nom a un bruyant viaduc autoroutier qui vient de s'écrouler à Gènes ?

( non, en vérité c'est celui de son constructeur, Riccardo Morandi )

Morandi peignait, de petites toiles modestes et silencieuses, sans artifices, libres, sans aucune mise en scène, sans effets, nues.

Mais puissantes, hautes et pures comme des temples grecs. Georgio Morandi jouait avec le vide et le silence.

On peut voir des Morandi au musée de Bologne (et partout dans le monde) ou l'accrochage semble construit comme une phrase, avec des mots/tableaux et une ponctuation, avec à la fin un point de suspension. Ses peintures, toutefois symphoniques, infinies, profondes comme des puits, s'y taisent pour tout exprimer.

Le peintre ne se lève pas encore, il reste immobile, aussi immobile que ce qui l’entoure, il appartient au même monde silencieux, celui des arbres, des pierres, il vit au même rythme ; il laisse les premières lueurs l’envelopper, les envelopper, il ferme de temps à autre les yeux pour mieux voir l’équilibre géométrique entre volumes et ombres. Et pour cela commencer par tout réduire à une boîte carrée, un cube sans élément décoratif.
Il attend avec patience, discrètement, que les bruits de la maisonnée et les odeurs familières, café, pain grillé, eau savonneuse, bois de chauffage, des préparatifs journaliers de ses sœurs toutes dévouées se fassent plus précis, plus insistants, pour se lever, mais sa journée à venir est déjà tout entière dans sa tête…
Les objets de l’atelier s’éveillent-ils eux aussi ? non, pas encore, semble-t-il ; seuls les objets du quotidien, cafetière, couteaux, cuillères, fourchettes, sucrier, tasses, ceux que représentent, souvent entourés, agrémentés de fruits, de pain, de serviettes, les natures mortes conventionnelles ; sont en mouvement, d’une main l’autre.

Bruno Smolarz Giorgio Morandi, Les jours et les heures.
Éditions Arléa, coll. La rencontre, 28 avril 2016.

Prière de cliqueter sur le net pour faire plus ample connaissance avec Giorgio Morandi, peintre,1890-1964

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27 juil. 2018

fiche expo wam créateurs Cahors

wam

Mon expo chez Élodie Chosson à Cahors se termine ce soir

ci après ma petite fiche d'expo

Wam Créateurs, Cahors

nom du lieu ou de la manifestation :

Wam Créateurs, 165 rue de la Barre à Cahors 46000

genre ? (association, privé, etc) galerie privée + shop + atelier

spécialité ? art textile, tout ce qui touche au fil, aux fibres, aux trames, et même peinture et photo si les œuvres ont un rapport avec le thème

site internet : http://www.wam-createurs.com/

description du lieu : beau local blanc 45 avec vitrine sur la rue + grand espace extérieur

quand ? dates d'expo, dates de la manifestation :

des expos régulièrement tout au long de l'année, surtout d'avril à octobre

ouvertures du lieu : quels jours, horaires, respect ?

mercredi, jeudi, vendredi, de 14h30 à 19h et sur rendez-vous

qui s'en occupe ? (nom, contact, compétences)

Élodie Chosson, la galeriste passionnée répond au 06 76 06 67 49

qui garde l'expo ?

elle garde les expos et accueille avec compétences les visiteurs

sélections ? c'est elle qui choisit et invite les artistes

contrat ? verbal appuyé par mails

exigence d'un statut Maison Des Artistes ou autre ? non

autres exigences : aucune

dépôt et retrait des œuvres : à la charge de l'artiste

transport : à la charge de l'artiste

installation : qui installe ? Comment ? l'artiste et la galeriste

assurances : oui

communication : affiches ? cartons ? internet ? qui conçoit la com ?

Élodie conçoit affiches et flyer et communique efficacement par le site de la galerie et son adresse mail / pas de cartons par courrier sauf accord particulier

Vernissage : convivial, frais partagés avec l'exposant

ventes ? pourcentage sur les ventes ? La galerie retient 30 % sur les ventes

et Élodie précise très justement : chère, cher artiste, je compte sur vous pour jouer le jeu le temps de votre exposition chez Wam dans un intérêt commun : il n'y a pas de galerie sans le travail des artistes, mais il y aura de moins en moins de galeries si vous vendez en direct pendant l'exposition.

autres perceptions demandées : aucune

défraiements : non

droit d'exposition : non

droit de reproduction : non

accueil : hébergement ? restauration ? à la maison qui est au dessus de la galerie, si l'artiste est sympa !

Déplacements : à la charge de l'artiste

commentaires (n'engagent que l'artiste exigeant que je devrais être, prière de se faire une idée personnelle)

Wam Créateurs est une jeune galerie (3 ans ) Élodie Chosson suit une ligne (un fil !) cohérente, ses conditions font rêver, non ? et sa galerie est de plus en plus connue, l'accueil est des plus agréables et les soirées de vernissage sur sa terrasse quand le temps est clément sont inoubliables, on y croise des artistes de qualité et on y refait chaque fois le monde !

 

wam2

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 juil. 2018

vive la France !

Le salut du drapeau

bleus

(à recopier et apprendre par coeur pour aujourd'hui et demain)

 C'était un géant, un beau capitaine;
Il avait servi sous Palikao;
En Crimée, âgé de seize ans à peine,
Il avait gagné ses galons de laine.
Un torse d'acier, deux mètres de haut,

Nous en avons eu de ces fils de France,
Comme lui vaillants, braves comme lui;
Sur son front brillait la mâle espérance;
Méprisant la mort, narguant la souffrance,
Toujours en avant, jamais il n'a fui.

Sous les murs de Metz, il était, l'hercule,
Le porte-drapeau de son régiment.
Quand il marche au feu, pas un ne recule.
Vous avez connu, voleurs de pendule,
De son œil altier, l'éclair aveuglant !

Durant quatre mois on soutint le siège;
On mangea les chiens, les chevaux, les rats,
Narguant la famine et tout son cortège,
La poitrine au feu, les pieds dans la neige;
Et seuls, les pruneaux ne manquèrent pas.

Un bruit se fait jour : « La France est trahie ! »
Et Bazaine écrit : « Livrez les drapeaux ! »
De quel deuil alors son âme est meurtrie !
Faut-il donc remettre, ô chère patrie,
Ta pure gloire aux mains des Pruscos ?

Dans ses doigts il tient l'étoffe sacrée;
Sur sa face mâle ont coulé des pleurs.
« Jamais, a-t-il dit, ô race abhorrée,
Jamais, moi vivant, les rives de Sprée
Ne verront l'éclat de nos trois couleurs ! »

Il étend sa lèvre à moustache blonde
Comme pour baiser le noble étendard,
Lorsque, tout à coup, un éclair l'inonde :
« Si je le mangeais ?... Il n'est pas au monde
Contre les uhlans de plus sûr rempart ! »

Il mangea le bleu, le blanc, puis le rouge;
Son cœur est trop haut pour un haut-le-cœur.
Sur son front d'airain pas un pli ne bouge;
Masque qu'on dirait sculpté par la gouge,
Du festin sublime il reste vainqueur.

Puis, après la soie, il mangea la hampe;
Ce fut le plus dur, le plus valeureux :
On l'avait taillée en chêne d'Étampe;
Mais lui, de l'aubier, surpassait la trempe,
Étant de ce bois dont on fait les preux.

Il murmurait : France !... Et mangeait, quand même !
Lorsque tout à coup son cœur s'arrêta :
L'aigle de Sedan !... Il devint tout blême,
Et le coq gaulois, de ce cœur l'emblème,
N'admit point l'oiseau qui capitula.
Il murmurait : France !... Et mangeait, quand même !
Lorsque tout à coup son cœur éclata !

 

Paul Reboux et Charles Müller 1913 ( à la manière de Paul Déroulède)

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26 juin 2018

mon actualité

mes expos de l'été

en juillet : je suspends les fringues de mon vestiaire au porte-manteau d'Élodie Chosson

à la Galerie Wam Créateurs de Cahors

le vernissage est le vendredi 6 juillet à partir de 18h30

wam com

le 10 juillet je me met sur mon 31 pour entrer dans l'Histoire de l'Art

le temps de la conférence de Geneviève Besse-Houdent !

en août : j'installe indiens et autres figures de l'Ouest américain, Billy the Kid et Cie

chez Victor et Marylise Brureau au domaine de Peyres Combe à Andillac !

carton Victor copie

bien sûr vous êtes invités !

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01 juin 2018

mon actualité/Billy the Kid and Coe

Billy the Kid and Coe

farwest

 

En dessins appliqués, d'après des photos de l'époque, j'ai fait les portraits de Billy the Kid, de Calamity Jane, de Wild Bill Hickok, de Butch Cassidy, de Georges Amstrong Custer, de Buffalo Bill, de Red Cloud, de Sitting Bull, de Géronimo, de Chef Joseph, de Garfield ( il n'y a pas de photos de Crazy Horse qui a toujours refusé de poser pour le photographe au visage pale de peur qu'il ne lui vole son ombre. )

Des bandits, des hors-la-loi, des renégats, des shérifs aux gâchettes sensibles, des justiciers, de fins tireurs, des Sioux, des Cheyennes, des Apaches, des squaws apeurées, des tuniques bleues, des éclaireurs, des Sudistes et des Nordistes, des traités de paix, des déclarations de guerre, des batailles de Little Big Horn, un Grand Sachem, des chasseurs de bisons, des mustangs indomptables, des chariots de conquête de l'ouest, des chercheurs d'or, des attaques de banques, des diligences, des trains poursuivis, il y a tout ça dans la cour de l'école de la République des années cinquante dans ce pays de France fraîchement sauvés de la Germanie par les Ricains ( dit le chanteur ) Les légendes de l'Ouest américain accompagnent nos chevauchées fantastiques autour des platanes de Monument Valley jusqu'à ce que le coup de sifflet du Maître stoppe le western et rallume les lumières. Fin de la récrée !

Billy the Kid aurait été vu dernièrement à Santa Fe, à Parkland, à Sutherland Springs, à Las Végas, à Orlando, à Paris.

voir sur mon site

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2018

Le petit peuple de Sally

Le petit peuple de Sally

Sally

Pendant que nous dormons, le petit peuple de Sally Pignet avance. Hommes, femmes et enfants marchent. Ils migrent, transhument, se déplacent, fuient, décampent, déménagent silencieusement. Les dieux qui les ont pétris leurs ont promis une terre qu'ils pourront/devront cultiver pour gagner le ciel.

Sally les accueille au sortir des camps ou fraîchement débarqués sur une plage ou franchissant un col, une frontière virtuelle. Ceux là sont miraculeusement sauvés, libérés, vivants, ce sont les plus costauds, ils vont tenter de reconstruire une vie possible, pour cela ils nous demandent asile provisoire. Sally reprend le pétrissage défectueux des dieux, refait des humains en prenant pour modèles ses propres histoires d'exode. Sally, crânement, utilise le même matériau que les dieux : la terre, l'argile molle à laquelle on peut, en ajoutant et retranchant inlassablement, donner presque toutes les formes et qui sera à la fin durcie à haute température. Presque toutes les formes, car en attendant, Sally doit toutefois renoncer aux trop fines envolées de la matière, qu'une armature cachée soutiendrait mais qui menacerait la solidité de l’œuvre pendant la cuisson. Le poids de l'argile, l'attraction terrestre demande du socle à l'artiste, la terre attire la terre, la contrainte de la gravité l'oblige à faire les jambes courtes et les chaussures énormes.

Et de ce fait le petit peuple de Sally ne peut plus bouger, les jambes sont trop lourdes, les semelles immenses collent à la boue du chemin. Comme l'homme qui marche d'Alberto Giacometti qui a aussi des pieds démesurés, ses migrants sont immobilisés, pétrifiés, statufiés. Pour reprendre la route et au bout redevenir libres ils devront échapper à la gravité et seul l'artiste peut organiser leur évasion, leur accorder de nouveau le mouvement. Ou au contraire, comme Michel Ange, il peut déposer son burin et sa massette et ne pas terminer la taille, ne pas libérer ses esclaves de leur bloc de marbre.

Selon Francis Ponge : " la fonction de l'artiste est fort claire : il doit ouvrir un atelier et y prendre le monde en réparation, par fragments, comme il lui vient "

Le petit peuple de Sally ne demande qu'à repartir et à grandir. Déjà, dans ses dernières créations, des oiseaux se sont posés sur les épaules de quelques-uns de ses protégés, une végétation d'argile enlace quelques-autres, autant de signes d'élévation, une tour de Babel qui plairait beaucoup à Ferdinand Cheval se hausse vers le ciel et là haut, sur la passerelle du paquebot-hôtel de Cerbère qui va gagner le grand large , ils sont une multitude agitant leurs mains.

L'expo au Frigo à Albi est terminée. Ce qui reste du petit peuple fragile de Sally repose dans le papier bulle et les cartons. Le voyage immobile se poursuivra lors d'une prochaine installation.

 

 

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16 mai 2018

D1

 

Je fais mon cinéma ...

 

 

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30 avr. 2018

hommage à la truffe

Art contemporain au village

Georg Baselitz est un artiste contemporain allemand très connu qui pratique la peinture ( il est célèbre pour présenter ses toiles... à l'envers ! lors de ses expositions ) la gravure et aussi la sculpture, le plus souvent sur bois : voici ce qu'en dit Vincent Zonca en novembre 2011 :

 

 

Faire violence à la matière et à la sculpture : ainsi pourrait se définir la démarche menée par l’artiste allemand au cours de ces trente dernières années. Car c’est à la tronçonneuse, à coups de hache et de ciseau, que Georg Baselitz attaque le bois, le violente et le mutile, afin de représenter corps et visages. Une prise de risque maximale, où la moindre erreur, le moindre dévoiement du trait ou de l’entaille, peut briser l’œuvre à tout instant : « Une fois que vous avez attaqué le bois, vous ne pouvez plus reculer, ce qui est coupé est coupé » dit-il. Fatalité et violence du geste artistique, donc. Né en Saxe, en 1938, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, Georg Baselitz fut tout d’abord peintre et graveur. Ce n’est qu’à l’âge de quarante ans qu’il se lance dans la sculpture. Il va alors renouveler progressivement et profondément l’art sculptural d’après-guerre par une dénudation radicale de son langage. C’est que Georg Baselitz provoque et refuse toute élégance dans le traitement de la matière : travaillant uniquement le bois – et le bois brut, il sculpte et taille grâce à des instruments habituellement destinés à détruire ou à découper/rationaliser le bois, qu’il rehausse ensuite vaguement par quelques rapides aplats de peinture brute et aux couleurs minimales (couleurs primaires, plus le noir et le blanc).

 

Georg Baselitz a un disciple en Occitanie en la personne de Yves Caumard, dont l'une des œuvres, la plus inspirée, est installée au centre de notre village, sur la grande place de Villeneuve-sur-Vère !

 

Passionné par la taille et la formation des arbres, Yves Caumard manie aussi bien la tronçonneuse que le couteau à greffer ou le sécateur. Il avoue partager son temps entre ses trois passions, les arbres, truffiers ou non, le karaté et le camping-car. Aujourd'hui, fort de son expérience, il est membre du syndicat de la truffe de Lalbenque et de celui du Tarn. Yves aime établir la comparaison entre la taille des arbres et le karaté, ancré sur le tatami, les pieds étant les racines ; les jambes, le tronc ; le corps, la charpentière et les bras, les branches latérales.Toujours autant passionné par la nature, en particulier par les arbres, truffiers ou fruitiers, mais aussi le jardinage, Yves Caumard vient de récolter, dans son jardin extraordinaire, une tomate cœur-de-bœuf aux caractéristiques impressionnantes : 1,620 kg sur la balance pour 65 centimètres de circonférence. Cette tomate, comme les autres ayant mûri parmi les 80 pieds plantés par Yves, a bénéficié d'un traitement de faveur, sans aucun produit chimique, nourrie de terreau, de fumier, de paille et de 250 litres de purin d'orties fermentés pendant quatre semaines, puis enfouis dans la terre.Toujours en quête de performances, Yves Caumard avait déjà établi un record personnel il y a trois ans, avec une pomme de 1 336 grammes, fruit de sa science de la taille des fruitiers. Son secret résiderait donc dans sa façon de tailler ou d'élaguer les arbres… et les pieds de tomates. ( La Dépêche du Midi )

 

Baselitz Caumard

 

Même matériau de départ donc pour Yves Caumard et Georg Baselitz : une belle pièce de bois brut, même outil fumant : la tronçonneuse pétaradante qui ne pardonne pas la maladresse : la truffe énorme réalisée par Yves pour sacrer Villeneuve-sur-Vère capitale du très recherché champignon ascomycète estomycorhizien est d'une belle taille et vu le prix du gramme à la dernière foire, doit valoir son pesant d'or noir ! Encore un record pour le Lalbenquois !

Au delà de ces choix, la démarche des deux sculpteurs est la même, infiniment contemporaine par sa simplicité : la pièce de bois, du chêne, j'espère, pour Yves Caumard, choisi pour sa longévité, sa résistance aux intempéries et pour le remercier d'abriter entre ses racines la précieuses truffe, est dégrossie à la tronçonneuse pour en faire non pas une boule parfaite mais une sorte de loupe à laquelle seule la nature peut donner une forme aussi pleinement organique, puis la chaîne de l'engin vient en rayer la surface donnant une équivalence de texture avec la croute du célèbre champignon sous-terrain. Enfin le goudron viendra installer le noir si profond qui le caractérise et le nomme ! Le socle de bois et de pierre sur lequel l'objet est installé et qui le sacralise et en fait une œuvre d'Art expressionniste autant que primitive, pourrait être plus haut à mon avis pour lui ajouter encore plus de majesté .

 

Je pense que nombreux sont les passants qui ne voient en cette gentille évocation de bois qu'un pense bête pour ne pas oublier la date annuelle de notre foire à la truffe ( premier dimanche de février ) et j'espère que désormais, lecture faite de ma modeste prose, ils seront légions à reconnaître le talent de l'artiste.

 

 

 

 

 

 

 

20 avr. 2018

escargot senestre

Avis de recherche

De la famille des gastropodes ou gastéropodes

( de gastero = estomac et de podos = pied )

l'escargot commun de nos jardins est littéralement un estomac sur pied

protégé par une coquille calcaire enroulée en hélice

Cette coquille quand on la regarde depuis l'apex ( sommet )

s'enroule vers l'embouchure dans le sens des aiguilles d'une montre

on dit que cette coquille est dextre ( droite )

c'est le cas pour tous les escargots terrestres !

 

Dans la famille des gastropodes ou gastéropodes l'hélicilogue amateur que je suis recherche :

un escargot senestre :

le très très rare spécimen :

( 1 sur des milliers ! 1 sur des millions ! peut être un seul ! Peut être une légende ! … )

( car qui a vu le Gaucher ? Le Roi des escargots ! l'Hélix Senestre ! ( de sinister = gauche )

l'Unique ! L'Introuvable ! Dont la coquille, quand on la considère depuis le sommet, l'apex,

s'enroule vers l'embouchure, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre !

 

escargot-senestre( à gauche escargot dextre, à droite magnifique spécimen senestre ! )

 

( quand les montres avaient des aiguilles ! Et que ces aiguilles tournaient dans le sens des aiguilles d'une montre )

Cet escargot est l'exception sur toute la planète !

On pourrait effectivement penser que les escargots de l'hémisphère sud sont tous senestres ! Ce n'est nullement le cas !

(on pourrait alors se demander comment s'enroulent les coquilles de ceux vivant proche de l'équateur en Équateur ?)

Il n'y a pas non plus de liens établis entre cette anomalie et le sens de rotation de l'écoulement des eaux dans les éviers et les lavabos dans les deux hémisphères, ni avec les enroulements hautement stratégiques des escaliers en colimaçon médiévaux ou plus contemporains.

On a le Graal que l'on peut ! J'ai peut être le vôtre dans mes collections insolites que troquerais volontiers contre :

ce très très rare spécimen :

( 1 sur des milliers ! 1 sur des millions ! peut être un seul ! Peut être une légende ! … )

( car qui a vu le Gaucher ? Le Roi des escargots ! l'Hélix Senestre ! ( de sinister = gauche )

l'Unique ! L'Introuvable escargot senestre

dont la coquille, quand on la considère depuis le sommet, l'apex,

s'enroule vers l'embouchure, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre !

Merci de considérer avec attention à la moindre averse les allées et les bas-côtés et de soulever cet été les tuiles oubliées au jardin !

 

 

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13 avr. 2018

Ernest Daider

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Collioure, square Caloni, été 1980

Le petit homme regarde mes tableaux avec attention. Il a pourtant l'air d'un pêcheur d’anchois avec son béret vissé sur sa tête, son pantalon retroussé et sa clope au coin de la bouche. Les catalans d'ici, d'habitude ne s'intéressent guère à nos aquarelles, ils n' aiment pas beaucoup les peintres, les artistes, ils marcheraient même sur nos sous-verres posées au sol en attente d'installation sur nos chevalets de campagne instables.

Comment leurs grands-parents ont-ils accueilli Matisse et Derain venus ici en 1905 inventer le Fauvisme sur la plage du Boramar et tant d'autres depuis appliqués à peindre leurs catalanes colorées aujourd'hui en cales sèches définitives ?

Le petit homme dit qu'il fait des peintures lui aussi et qu'il regarde bien parce que ça lui apprend ! Il dit n'avoir jamais essayé l'aquarelle parce que c'est très difficile, le meilleur c'est Julien Py pour l'aquarelle.

Julien Py, le vieux râleur à la tête d'aigle, je le connais bien, nous nous sommes battus en duel, au pinceau ! Il disait vouloir me donner une leçon, je lui ai tenu tête ! La leçon d'aquarelle, je l'ai prise et de belle manière ! J'ai gardé la pochade qu'il m'a dédicacée en échange de la mienne !

aquarelle ok

Le petit homme m'invite chez lui pour voir ses peintures, rue Saint Sébastien, dans les ruelles hautes de Collioure. La maison est pleine de ses œuvres : dans chaque pièce, du sol au plafond ! Il a résolu les problème de perspective, de premiers ou derniers plans de manière originale : il creuse ses personnages dans un bloc de plâtre ( le plâtre, le ciment il connaît, il vient de prendre sa retraite de maçon, il montre le tampon de meilleur ouvrier de France, il est né en 1906 et depuis le début du siècle, il en a vu passer des artistes et la couleur c'est bigrement contagieux ! ) et il les peint avec des couleurs follement gaies et une émouvante fraîcheur d'enfant ! C'est la fête à Collioure, le bal sous les platanes place de la République, on entend la sardane ! Il y a 186 danseurs ! Il raconte qu'il y a toujours un couillon qui vérifie et qui découvre qu'il en manque 2 : Ernest indique malicieusement qu'ils sont derrière le platane, bien sûr !

Sur les étagères il y a des albums avec toutes les photos de tous ses bas-reliefs, il est connu et vendu dans le monde entier, Il y a aussi les livres sur la peinture naïve, il est dans les livres, il cite de mémoire le numéro de sa page dans chacun d'eux !

Je monte souvent chez Ernest, en haut du village. Chaque fois, il fait un flan, il affirme modestement : les flans, je les fait bons ! Il descend sur le port regarder les peintres, nous discutons, il raconte sa première expo à Paris ( galerie Mazarine, place des Vosges ? ) et combien il s'est senti insulté la première fois qu'il s'est entendu qualifié de naïf ! Je fais des photos. Il ne veut pas poser pour un portrait à l'aquarelle, je travaillerais d'après mes diapos. Il tient à me donner un tableau, je trouve l'échange bien disproportionné !

Quand je reviens, au printemps suivant, mon portrait dans un carton, sous le bras, je trouve sa porte définitivement close.

Julien Py est représenté au Musée de Collioure, c'est justice. Mais sa ville à oublié Ernest Daider ! Ernest est également pratiquement introuvable sur internet qui connaît tout, qui sait tout ! Ernest est mentionné dans la collection Max Fourny au Musée d'Art Naïf de Vicq-en-Île-de-France, dans la collection Anatole Jakovsky du Musée d'Art Naïf de Nice et dans celle du Château de Gourdon au nord de Grasse, mais pas une seule bonne photo ne figure sur les pages consultées !

Aurais-je rêvé ?

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