Jacques Trouvé/objets perdus

12 mai 2020

mes épaves mars avril mai 20

mon actualité

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nous allons revoir ensemble
les Singers d'Oradour
les jardins refleuris
et le naufrage du vieux monde
épaves de noirs paquebots
lignes de flottaison outrepassées
( et si d'aucun monde nous ne vivions la fin
si le vieil ordre ressortait de ses bunkers
si aucune couleur nouvelle n'avait été créée )
la grande lézarde
qui ouvre la carcasse du Titanic doré
l'envoie par le fond
sa boussole est rouillée d'incertitudes
la peste est à bord
nous caressons les rats

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15 avr. 2020

lièvres de mars

lièvres de mars

journal du confinement mars avril mai 2020

blog1

dimanche 15 mars nous allons voir ensemble les jardins refleuris et le naufrage du vieux monde lundi 16 mars sept lundis se faufilent dans la ville interdite / la semaine est annulée mardi 17 mars Robinson dans la rue / le dernier piéton de midi traverse le silence mercredi 18 mars déjeuner clandestin sur l'herbe / l'ennemi invisible de nos cordes vocales nous cherchera en vain jeudi 19 mars la bataille est lointaine / le front en est ailleurs / les nuages qui nous parviennent sont immaculés vendredi 20 mars la fin du monde provisoire va inventer les fenêtres et les balcons qui s'ouvrent sur l'insolente clarté samedi 21 mars après la guerre / juste armistice signée avec l'ennemi minuscule / les temps perdus seront rattrapés dimanche 22 mars contre les décomptes déprimés nous avons des matins florissants / nous élevons des barrières de musique

blog2

lundi 23 mars et si d'aucun monde nous ne vivions la fin / si le vieil ordre ressortait de ses bunkers / si aucune couleur nouvelle n'avait été créée ? mardi 23 mars viendra le temps des trafiquants de panacées dressant leurs chapiteaux de pharmaciens et le retour aux fenêtres des clameurs de poésie mercredi 25 mars aux confins de nos antiques bastilles nous ouvrons de nouvelles fenêtres et accrochons nos peintures aux murailles virtuelles jeudi 26 mars un guerrier repenti veille sur la vitrine du 84 / Rimbaud y oublie en douce une saison en enfer que nul ne verra vendredi 27 mars les bêtes des fossés les oiseaux des berges les louves les renardes débarrassés des hommes se rapprochent du cœur des villes samedi 28 mars le geai nous tolère sur son territoire et accepte nos bectances / en rase motte au dessus de nos têtes souligne ses frontières dimanche 29 mars nous ferons de leurs dérogations des bateaux de papier / déposés sur le miroir du fleuve ils feront le tour du monde de nos peurs

blog3

lundi 30 mars seules réponses de nos capitaines à nos cauchemars / nos rendez-vous avec les arbres sont réglementés / qu'auront-nous plus jamais ? mardi 31 mars le monde est donc un labyrinthe minuscule et fermé / l'issue sera de se réveiller sur un fragile matin de regain mercredi 1er avril les jours affichent une obscurité éclatante / blottis sous nos nuits blanches nous dormons au centre du temps détraqué jeudi 2 avril que sont devenus les guerres et les éruptions / les mariages princiers les luttes rouges et noires / à quoi rêvent nos voisins ? vendredi 3 avril monter plus haut sur un sentier de moutons / s'allonger sur le dos / rejoindre tellurique la civilisation fiévreuse samedi 4 avril aucun rivage salubre en vue / notre radeau médusé ne peut accoster / l'océan de nos lits insubmersibles est infini dimanche 5 avril notre besoin de sauvage remonte la rivière comme un Gauguin clandestin à la recherche des fontaines primitives

 

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lundi 6 avril nous déplions nos permissions dérisoires / les gardiens bleus avancent masqués / nous avalons en silence nos soupes de révoltes mardi 7 avril je souhaite que la grande lézarde qui ouvre la carcasse de leur Titanic doré l'envoie par le fond et que surnage une belle liberté mercredi 8 avril nos prisons admises nous encerclent / s'évader est déjà notre obsession unique / désarmés nous trafiquons nos maigres possibles jeudi 9 avril un mètre étalon sépare les animaux du carnaval / masqués de leurs craintes / un faux nez de clown arbore son fragile détachement vendredi 10 avril l'ennemi c'est l'autre / il sourit le traître il dit bonjour monde nouveau solidarité poésie et il change de trottoir samedi 11 avril nous sommes à quelques lunes de l'age d'or / nous aurons du pain doré comme les filles sous les soleils d'or / Léo va rater tout ça dimanche 12 avril piétons étonnés nous écoutons le silence gris / il n'est pas intégral / on ne perçoit qu'une absence de bruits

 

épaveblog2

 

lundi 13 avril le provident de la république est une grande personne qui nous indique le cap à maintenir / sa boussole est rouillée d'incertitudes mardi 14 avril nous devrons repousser nos frontières / nous devrons reprendre le pouvoir des mots / quels vont être nos colères nos courages et nos liens ? mercredi 15 avril le port et la date probable de l'accostage sont en vue / mais la peste est à bord et nous caressons les rats jeudi 16 avril nous rêvons de terrasses caniculaires et de gargotes au clair de lune / forums pour y asseoir nos moindres utopies vendredi 17 avril il construisait des marionnettes nouées entre elles par des mots bleus / leurs vies et la sienne ne tenaient qu'à leurs fils samedi 18 avril ceux là colmattent la grande lézarde / ils planifient un monde nouveau conforme à l'ancien / résister sera créer

 

printemps20

dimanche 19 avril à débarquer trop tôt la prochaine peur sera t'elle de renouer avec les solitudes de la foule et avec ses folies ? lundi 20 avril cloîtrés sous notre quête de la couleur absolue nous ne percevons plus le gris de la pluie et oublions la fièvre du reste du monde mardi 21 avril taureau d'avril c'est mon jour on me célèbre / le four cuit envers et contre tout des verbes à l'infinitif / revenir couvrir ajouter laisser mélanger / et au chocolat mercredi 22 avril nous respirons les rumeurs nous touchons les parfums nous écoutons l'obscurité des bourdonnements / l'éloignement nous rapproche nos prisons nous libèrent jeudi 23 avril pourrait-on s'habituer ? se barricader d'écrans et d'enceintes virtuelles ? produire des chlorophylles approximatives ? secréter le confort de coquilles calcaires ? Vendredi 24 avril ils vont ressortir de leurs bunkers / masqués de leurs évidences pour ne pas être reconnus / relancer la précieuse machine et se laver les mains samedi 25 avril nous allons reprendre nos autoroutes payantes vers les soleils dérisoires / pour voir la mer depuis la dune en respectant les distances réglementaires

 

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dimanche 26 avril mais un sauveur magnanime pourra venir / son chariot chargé de solutions prodigieuses / il est à craindre qu'il n'arbore une chemise brune lundi 27 avril la liberté de chacun reste circoncise dans un cercle d'un mètre de rayon / au-delà de cette limite nos tickets de tendresse ne sont plus valables / nous gardons au bord des lèvres le souvenir des baisers mardi 28 avril pas de rendez-vous sonores sous les canicules / aucun théâtre sous les ombrages / nous donnerons tout de même nos parodies irrévérencieuses au plus chaud de l'été captif mercredi 29 avril les partitions de la grogne sont dores et déjà imprimées : fanfares de lendemains qui chantent et dissonances de klaxons péremptoires jeudi 30 avril la solitude de l'océan va rester verrouillée / le silence de la montagne cadenassé / nous rédigeons nos laisser-dépasser leurs interdits vendredi 1er mai un grand plombier zingueur chante pour lui tout seul chante que c'est jeudi qu'il n'ira pas en classe que la guerre est finie et le travail aussi (Jacques Prévert ) samedi 2 mai le désir d'un monde nouveau est dans toutes les chansons / le poète maussade marmonne qu'il sera le même, en pire dimanche 3 mai les rivières s'engageront dans les rues délaissées / le lierre partira à l'assaut de la Tour Eiffel / les rescapés du désastre en seront les témoins ébahis

 

blockhaus x 5

 

lundi 4 mai le lourd paquebot de carton vit ses derniers jours en cale sèche / relance est inscrit en lettres de gouache sur ses flancs / sa coque calfatée de bandages solubles mardi 5 mai le monde nouveau tournera comme tout le monde / va t-on au moins colorer nos apéros tolérés de saveurs clandestines dans des maquis feutrés ? Mercredi 6 mai les commerces commerceront / on léchera leurs vitrines aseptisées / nous paieront sans contact nos caddies remplis de vanités superflues jeudi 7 mai j'ai peint le naufrage du vieux monde / dessiné ses lézardes funestes / nous en visiterons les épaves échouées sur les plages interdites vendredi 8 mai il faut désormais attendre / reculer pour mieux voir / plisser les paupières pour révoquer les détails / quelque chose devrait advenir samedi 9 mai la violence peut remonter des terriers / les vieilles colères voudront en découdre / miner les chevilles de farine du colosse titubant dimanche 10 mai nous allons voir ensemble les jardins refleuris l'insolente clarté des canicules blanches les clameurs de poésie de musique de danse le pain doré comme les filles les soleils d'or la couleur absolue le lierre à l'assaut des Tours Eiffel et le naufrage du vieux monde

 



 

 

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07 janv. 2020

droit d’exposition

 

Musique nouvelle !

 

Le droit d’exposition des artistes plasticiens prend enfin forme !

 

Le ministère de la Culture a établi un barème minimum de rémunération à verser aux artistes dont les œuvres sont présentées publiquement !

Réclamée depuis longtemps par les artistes, la rémunération au titre du « droit d’exposition » est maintenant encadrée par un texte de la direction générale de la Création artistique du ministère de la Culture. Ce texte est issu d’un groupe de travail dont la réflexion a abouti à des recommandations inédites de rémunération par type d’exposition qui « peuvent être mises en œuvre aussi bien par l’État, ses opérateurs et ses labels que par les collectivités territoriales », selon le ministère de la Culture.

Ce sont des recommandations ; il s’agit en effet moins d’imposer que de responsabiliser les organisateurs d’exposition !

1 000 euros minimum pour une exposition monographique quelle que soit sa durée et quel que soit le nombre d’œuvres !

« C’est un seuil de rémunération volontairement très bas qui a été adopté car il ne faudrait pas que ces recommandations aient pour effet une baisse du nombre d’expositions, surtout dans une période d’économie contrainte », prévient la Rue de Valois..

Dans le cadre d’une exposition collective, le minimum de rémunération a été fixé à 100 euros pour tout artiste dont une œuvre au moins est présentée, et ce quelle que soit sa durée. Si l’exposition collective présente moins de dix artistes, un montant global de 1 000 euros par exposition devra être divisé par le nombre d’artistes. Si l’exposition présente plus de dix artistes, un minimum de rémunération de 100 euros par artiste sera appliqué.Un guide et des modèles de contrat devraient par ailleurs être établis pour faciliter l’application de ce barème par les collectivités territoriales ou les opérateurs privés.

 

L'intégralité de l'article de Christine Coste est ici.

 

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Après avoir confié à l’URSSAF Limousin ( ! ) ( sans aucune forme de procès ) la gestion de nos contributions et qui nous demande d'entrée une cotisation unique de 975 € quelques soient nos revenus de 2019, substantiels pour certains, négatifs pour la plupart, le Ministre de la Culture nous livre t'il une bonne nouvelle ? Les artistes plasticiens n'auront-ils désormais plus rien à envier à leurs collègues musiciens ? Vont-ils peindre en concert sous les applaudissements, vendre à la sortie du spectacle leurs CD bourrés de reproductions, toucher un royal cachet et bénéficier du merveilleux statut de l'intermittence ? J'en doute encore mais n’empêche, je me dis qu'avec cette annonce de notre ministère une musique nouvelle devrait être entendue les soirs de vernissage, un doux vibrato des cimaises ! On va peut-être pouvoir exiger, à défaut du cachet annoncé, qu'il ne nous coûte rien d'accrocher nos œuvres aux murs des quelques petites structures qui elles aussi gagnent par là à être connues !

 

 

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02 janv. 2020

bon an 2020

voeux-20-copie

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13 nov. 2019

nager

être un poisson au dos pommelé

de l'eau troubler les reflets de lac vert

accoster jeter l'encre dans un hôtel de canicule blanche

habiter une île une presqu'île une presqu'elle

un grain de beauté/de sable

verbe la rouille de mon voyage

danse sous les étoiles

des constellations de la louve et de la renarde

du bout de mon aile nageoire

comme un oiseau sauvage

rassembler abolir le temps divisé

(voir la série)

 

les étoiles (1)

 

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21 avr. 2019

Giacometti

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Expo Giacometti au Musée Toulouse Lautrec à Albi

Alberto Giacometti, d'après modèle

mes notes

un très petit buste sur un énorme socle comme une tête réduite jivaro

ses figures au garde à vous bras ballants figés nues debout humaines

toutefois comme des déesses dit Jean Genet

un axe vertical toujours les traverse

il construit ses portraits à partir d'une croix

symétriques

il crayonne longtemps au centre du dessin jusqu’à user le feuille la percer

de petits dessins face profil dans le coin ou le bas d'une grande feuille

son dessin tourne autour des yeux il en fait des cibles

il semble ne pas lever le crayon et ne pas souvent regarder son papier

un portrait de René Char au stylo à bille penché comme une tour de Pise

qui écrit un poème dans sa tête

Annette, aimée, modèle, elle pose pendant des jours

au bout de trois elle ne se ressemble plus

il dit qu'à la fin il ne la reconnaît pas

si belle leur photo face à face

dans la vidéo il taille sa terre avec un canif ridicule ( j'ai le même ! )

il coupe retire remet creuse les orbites dégage les paupières

tout en parlant il parle des yeux il dit que c'est par les yeux que l'on connaît l'autre

( et moi qui ne dessine plus les yeux )

ses mains travaillent le buste symétriquement

quand il pousse la terre d'un coup de pouce à gauche il pousse tout autant à droite

le bloc d'argile et Alberto se regardent se palpent se modèlent réciproquement

et à la fin se ressemblent, un autoportrait chaque fois ?

il l' arrose à l'aide d'un banal broc en plastique

l'enveloppe d'un linceul humide et quitte l'atelier

puis c'est lui le mouillé il marche sous la pluie sa veste sur la tête rue d'Alésia

Cartier Bresson déclenche

La plus belle statue de Giacometti dit encore Jean Genet, je l'ai découverte sous la table, en me baissant pour ramasser mon mégot. Elle était dans la poussière, il la cachait, le pied d'un visiteur maladroit risquait de l'ébrécher ...

Et Giacometti dit : si elle est vraiment forte, elle se montrera, même si je la cache.

Jean Genet, l'atelier d'alberto giacometti

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18 avr. 2019

Dieu Merci

La tour Eiffel

n'est pas combustible, j'espère (!) Dieu merci ...

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10 avr. 2019

mon actualité : le Puy de Dôme

la montagne fière

( à chacun son Mont Fuji ... )

à l'horizon de mes genoux couronnés
le Puy est le sein d'une femme endormie
que j'escalade contre la montre
chaque juillet de Tour de France

lien vers mon site

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06 avr. 2019

Michel Cure

Michel Cure, Elles

Michel Cure dessine et peint d'après modèles, d'après Elles. Jeunes femmes, jolies dames, Michel les aime, c'est une évidence quand on visite son expo, tendrement, respectueusement. Et elles se sentent bien devant le pinceau de l'artiste, elles posent, confiantes, se savent aimées, acceptent de montrer leurs visages, leurs corps. Michel travaille au plus près, il cadre leurs visages au plus serré souvent et toujours se rapproche, tout contre, les embrasse. Leurs regards sont quelques fois perdus dans de silencieuses rêveries, souvent elles regardent le peintre les regarder, les peindre.

Et maintenant elles nous regardent dans la montée de l'Imagerie (qui est un ancien garage, les grands formats de Michel Cure sont accrochés dans la rampe qui conduisait les voitures à l'étage) On attaque l'ascension en regardant vers la gauche, les belles nymphes de Michel nous suivent et nous sourient discrètement. Leurs yeux sont clairs et bienveillants, démaquillés.

pour blog

Il y a de beaux dessins, de beaux desseins, sous la peinture, les visages sont agrandis, sacralisés. Michel peint en jus, ̎ maigre ̎ comme on dit dans le jargon, essuie les glacis, avec un mauvais chiffon, il me semble, ( efface ? ) il pose ses couleurs en valeurs assez proches, oppose aux chairs, aux orangés subtils, aux ocres et gris chauds de somptueux fonds bleus. Un rayon de soleil s'est introduit dans l'atelier et réchauffe la nudité du modèle. Certains portraits sont ̎ poussés ̎ travaillés plus longuement, aboutis ? D'autres inachevés pourrait-on dire, d'autres ̎ résumés ̎, couleurs bien isolées, aucun passage de l'une à l'autre, Michel Cure sait rester en chemin, ce n'est pas si facile, lui y parvient.

Et les noirs de Michel Cure ! Une nuit en fond, une robe qui dévoile une épaule, un bandeau dans les cheveux, les noirs de Michel cure sont d'un velours et d'une profondeur qui me rend fou de jalousie ! Ma main s'en rapproche, mais je n'ose caresser la peau de la peinture de peur de gâcher sa matité. Les noirs nous attendent dans les grands formats abstraits qui, en bas, débutent l'expo. Dans lesquels Michel Cure prépare les atours destinés à magnifier ses belles amies.

Au terme de la montée, nous attend une dernière, diaphane, plus mystérieuse, à peine indiquée, ses yeux, sa bouche, esquissés, un reflet rapide posé au bout de son nez. Peut être la plus aimée.

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Michel Cure, la géométrie amoureuse, à L'Imagerie, 33 bis rue Arago à Toulouse, jusqu'au 9 mai.

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17 mars 2019

couleurs

 

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Mots de couleurs

Le nez au plus près du tableau, je travaille sa peau, son épiderme, son odeur.

Voyelles de Rimbaud, apprendre par cœur : A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu.

Ma période bleue est un voyage outremer, ailleurs, vers les indigos bleus violets.

Michel Cure saupoudre mes incertitudes de cinabre de Pompéi : naît chien rouge.

Violet, vert, cherchent un orage, orange.

Bonnard jamais lassé du jaune. Plus un rose.

Petit pan de mur jaune fatal, on peut mourir de peinture ?

L'or pour sacraliser, faire Noël, couronnes des rois et des reines, Giotto chercheur d'or.

Le crayon à papier dessine sur les murs de plâtre, sous les papiers peints.

Souffler silencieusement sur le fusain primitif, caresse la paroi.

Le blanc recouvre, en-neige, le noir, sombre, en-nuit

Il y eut une nuit de plusieurs jours et la neige d'un seul hiver.

Noir tourne autour d'une couleur, la rend folle, l'épouse, elle meurt.

Valeurs égales, mon tableau peut disparaître, traduit en noir et blanc.

Souvent la couleur résiste et n'en fait qu'à sa teinte.

Serais-je toujours le seul à me souvenir du tableau cent fois recouvert ?

 

 

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